La France a remboursé les Mistral

Paris s’est acquittée de l’intégralité de sa dette vis-à-vis de Moscou suite à l’annulation de la vente des deux navires de type Mistral, a confirmé à RIA Novosti un haut fonctionnaire du service fédéral chargé de la collaboration militaro-technique, jeudi 27 août.

Mistral Vladivostok
Des ouvriers passent devant le Vladivostok, l’un des deux navires de classe Mistral qui doivent être livrés à la Russie. Crédits : AP Photo/David Vincent

« La France a remboursé environ 900 millions d’euros, sachant que la Russie avait déjà versé 800 millions d’euros au moment de la rupture du contrat », a expliqué le fonctionnaire, qui préfère garder l’anonymat.

Cette somme, poursuit-il, couvre également le coût de la conception d’hélicoptères K-52K adaptés aux navires, de la formation de spécialistes et de la construction d’infrastructures à Vladivostok, où devaient être basés les deux Mistral.

La veille, le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, avait indiqué que l’exécutif dévoilerait rapidement au Parlement le montant précis – « inférieur à un milliard d’euros » – des remboursements dus à Moscou. « Ce sera présenté de manière précise aux parlementaires. La somme comprendra le remboursement de toutes les avances faites par les Russes », avait déclaré M. Le Foll au terme d’un conseil des ministres, à l’occasion duquel avait été examiné un projet de loi entérinant l’accord commercial.

La France se réserve désormais le droit de revendre les navires à un pays tiers, précise pour sa part l’Élysée. Selon les principales informations relayées dans la presse française, l’Égypte et l’Arabie saoudite seraient notamment prêtes à racheter les porte-hélicoptères.

Évalué à près d’1,2 milliard d’euros, le contrat de construction des deux navires de type Mistral avait été signé entre le constructeur français DCNS et la société publique russe Rossoboronexport en juin 2011. Le premier de ces vaisseaux, le Vladivostok, devait initialement être remis à Moscou à la mi-novembre 2014, mais il stationne aujourd’hui encore dans le port de Saint-Nazaire, tout comme le deuxième, le Sébastopol, en raison de l’implication présumée de Moscou dans le conflit ukrainien. Le 5 août, après près d’un an de discussions, François Hollande et Vladimir Poutine sont finalement parvenus à un accord pour mettre un terme au contrat signé et se sont entendus sur le fait que « désormais, ce dossier [était] clos ».

Le Mistral est un navire de guerre polyvalent capable de transporter des hélicoptères, des chars ou des chalands de débarquement et d’accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.

5 commentaires

  1. 900 ou 1500 ou 2000 ou autre,la France n’a pas honoré son contrat et c’est ce qui restera dans l’histoire….

  2. Comme toujours, la France fait un pas en avant et deux pas en arrière. Alignée sur la politique extérieure des USA, dont la compréhension et l’analyse des problèmes géo-politiques est consternante depuis 30 ans, nos gouvernants, non contents d’avoir failli à leur contrat de vente, sont prêts à revendre ces navires au pays qui, par son argent et ses influences, est parmi le trio de tête des soutients à l’intégrisme islamique. Tout le monde préfère oublier le temps où, par leur sacrifice lors d’une offensive sur la Prusse en 1914, les Russes ont tout simplement sauvé Paris et la France, d’une chute certaine qui aurait alors changé le cours de l’histoire. Il est plus politiquement correct d’envoyer l’Hermione aux américains pour leur apporter le souvenir de Lafayette. Au moins cela nous apprend que la France fut un grand pays…la Russie l’est encore.

  3. J’ai lu quelque part que la Russie peut opposer son véto sur la vente des ces vaisseaux aux tierces personnes. Apparemment, c’est stipulé dans les termes du contrat.

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