Sanofi : « Notre future présence en Russie ne se comptera pas en années mais en décennies »

À l’occasion du Forum économique de Saint-Pétersbourg, le groupe pharmaceutique français Sanofi Pasteur et la société russe Nanolek ont paraphé un mémorandum de coopération, portant sur le lancement en Russie de la production de vaccins Pentaxim, dans la région de Kirov. Destiné aux enfants, le Pentaxim est un vaccin combiné 5-en-1 qui protège contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et l’haemophilus influenzae de type b. Olivier Charmeil, PDG de Sanofi Pasteur, explique au quotidien Kommersant en quoi le marché russe revêt une importance primordiale pour le groupe.

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Vladimir Khristenko, président de Nanolek, et Olivier Charmeil lors de la signature du mémorandum à Saint-Pétersbourg fin juin 2015. Crédits : Tass/Nanolek

Kommersant : Quand prévoyez-vous de lancer la production du Pentaxim en Russie ?

Olivier Charmeil : Produire un vaccin est un processus long et complexe, où le contrôle de la qualité est primordial. C’est pourquoi le fait de localiser la production peut prendre jusqu’à quatre ans. L’environnement technologique et professionnel doit être très minutieusement préparé en vue du transfert des technologies de production. Nous avons pour projet de former le personnel – par exemple, une partie de nos futurs collaborateurs russes ira suivre une formation dans nos usines d’autres pays. En 2016, nous commencerons à produire l’emballage secondaire des vaccins dans l’usine de Kirov, et le transfert des technologies se poursuivra jusqu’en 2019, date à laquelle le vaccin sera entièrement produit sur place. Le volume annuel de production de l’usine devrait s’élever à environ 10 millions de doses de vaccin.

K. : Quel est le montant des investissements prévus pour ce projet ?

O.C. : Les investissements conjoints s’élèvent à près de 100 millions d’euros.

K. : Quel est votre principal objectif stratégique ?

O.C. : Rendre le Pentaxim accessible à tous les enfants de Russie. Les cinq maladies contre lesquelles il protège figurent actuellement au calendrier russe des vaccinations. Il s’agit du principal vaccin pédiatrique dans le secteur de la médecine commerciale : il représente près de 30 % du segment privé du marché. Le Pentaxim étant arrivé sur le marché russe en 2008, nous avons réussi à atteindre cette position en sept ans. À l’heure actuelle, seul un enfant sur huit reçoit ce vaccin. L’élargissement de la couverture vaccinale permettra de diminuer la mortalité infantile. Celle-ci a certes sensiblement baissé en Russie au cours des 15 dernières années, mais elle reste toutefois relativement élevée par rapport à l’Europe. Ainsi, le taux de mortalité infantile en Russie est aujourd’hui d’environ six cas pour 1 000 naissances, alors qu’il est de trois cas seulement en France, par exemple.

K. : Pourquoi avoir décidé d’investir dans la production de vaccins en Russie ?

O.C. : La Russie fait partie de nos quatre marchés stratégiques. Nous tenons compte de plusieurs critères : premièrement, le nombre d’habitants – et sur ce point, la Russie est attractive dans la mesure où elle pourrait constituer un débouché considérable pour nos vaccins ; deuxièmement, la Russie se distingue par le degré de qualification de ses spécialistes ; et enfin, le niveau technique de l’usine est extrêmement important, car le contrôle de la qualité, qui représente jusqu’à 70 % du temps et des efforts consacrés à la production de vaccins, nécessite un matériel adéquat ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée. Sur ce point, la Russie est également largement compétitive. Sanofi Pasteur est un investisseur stratégique qui exerce en Russie depuis plus de 40 ans. Notre future présence ici ne se comptera pas en années mais en décennies.

3 commentaires

  1. Et ce tandis que nos politiques imbéciles, incultes et incompétents continuent à suivre aveuglément les USA qui n’ont pour but que de nous dominer économiquement en particulier

  2. Ces politiques »imbéciles,incultes et incompétents » ont su maintenier un taux de mortalité infantile de 3% sur leurs territoires depuis plusieurs décennies.
    Ce taux est plus du double en Russie. On vante beaucoup ses armes en Russie; pendant ce temps la population souffre.

  3. Ne confondez pas les politiques et les scientifiques, grands industriels et autres…Le sang contaminé, l’amiante ça vous rappelle quelque chose? et ce n’est qu’une affaire parmi d’autres Les politiques ne font que courir derrière.. quand ils peuvent! Et ne confondez pas la Russie qui vient de loin et se trouve sur une voie ascendante, même si difficile, et la France qui est sur une voie au mieux stagnante grâce à vos chers politiques….

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