La Commission européenne s’oppose ouvertement aux nouveaux gazoducs de Gazprom

Le 15 juillet, le vice-président de la Commission européenne pour l’énergie, Maroš Šefčovič, a critiqué les projets de construction des gazoducs Turkish Stream et Nord Stream-2 de Gazprom. « La Russie tente de minimiser l’importance des livraisons via l’Ukraine, voire d’y mettre fin totalement. Ce qui aurait des conséquences extrêmement négatives pour la sécurité énergétique européenne », a souligné le haut fonctionnaire.

La Commission européenne. Crédits : newpost.gr
La Commission européenne. Crédits : newpost.gr

Maroš Šefčovič a ainsi déclaré pour la première fois ouvertement que la Commission s’opposerait à tout projet de Gazprom visant à affaiblir le rôle de l’Ukraine dans le transit du gaz vers l’Europe. « Si le but de la Russie est effectivement de vider peu à peu l’itinéraire de transit gazier par l’Ukraine, c’est une chose que l’UE ne peut pas admettre. Parce que cela modifierait l’équilibre gazier en Europe et placerait les pays d’Europe centrale et orientale dans une situation extrêmement difficile », a insisté le représentant de la Commission.

Par ailleurs, un groupe de députés du Parlement européen dirigés par l’ancien ministre estonien des affaires étrangères Urmas Paet a soumis à la Commission une demande visant à empêcher la construction du gazoduc Nord Stream-2.

Le géant russe Gazprom a en effet annoncé à plusieurs reprises, depuis un certain temps, son intention de ne pas prolonger son contrat de livraison de gaz via l’Ukraine après 2020. Pour honorer ses engagements vis-à-vis des pays européens, Gazprom compte construire un premier gazoduc en Turquie et un deuxième sous la mer Baltique (Nord Stream-2). Jusqu’à présent, la Commission européenne avait évité de s’exprimer ouvertement sur la question de ces projets, évoquant le manque d’informations et se contentant d’émettre des doutes sur leur efficacité énergétique. Bruxelles avait d’ailleurs adopté la même attitude concernant le projet de gazoduc South Stream jusqu’en 2013, année où elle a finalement clairement pris position contre. Un an plus tard, le projet était annulé.

Parallèlement, l’UE négocie activement la construction de gazoducs au départ d’Azerbaïdjan et d’Asie centrale ex-soviétique, qui pourraient approvisionner l’Europe méridionale et constituer une alternative au gaz russe. Le succès de tels projets entraînerait également une réduction sérieuse des livraisons via l’Ukraine, mais « étonnamment, en l’occurrence, ça n’a pas l’air de trop déranger l’UE », a ironisé une source de Kommersant au sein de Gazprom. « Quand l’UE construit ses pipelines Interconnector, pour lesquels il n’y a même pas de gaz prévu, ça s’appelle développer le marché, mais quand nous, nous construisons de nouveaux itinéraires bien réels, ce serait doubler inutilement l’infrastructure », s’emporte l’interlocuteur de Kommersant, qui rappelle que l’Ukraine assure déjà moins de la moité du transit de gaz vers l’UE, le reste passant par les gazoducs Yamal-Europe et Nord Stream.

3 commentaires

  1. Bien évidemment,, l’UE, aux ordres des USA et d’Obama qui ne connait rien aux affaires européennes, ni même la géographie, l’Hiistoire, s’en remet au diktat américain afin d’humilier et d’abaisser la Russie, alors qu’elle ferait bien mieux de reconsidérer l’avantage qu’elle tirerait d’un accord entre elle et la Russie,..qui fait partie de l’Europe, n’en déplaise au triste sire Hollande et à Mme Gretchen,..l’avenir les jugera bientôt.

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