BRICS 2015 : La Russie va livrer 100 millions de tonnes de pétrole à l’Inde

Au cours des dix prochaines années, le groupe pétrolier russe Rosneft va livrer à l’Inde 100 000 tonnes de pétrole, qui seront traitées à la raffinerie du groupe indien Essar, à Vadinar, dans l’État de Gujarat. C’est ce qui a été décidé et paraphé dans un contrat conclu entre Rosneft et Essar le 8 juillet 2015, à l’occasion du sommet des BRICS, qui se tient du 8 au 9 juillet à Oufa, capitale de la République de Bachkirie. Rosneft a également annoncé son entrée au capital du groupe Essar.

Rosneft Inde
Igor Setchine, PDG de Rosneft, (gauche) et Shashi Ruia, président d’Essar, en décembre 2014. Crédits : Kremlin/Rosneft

L’économie indienne est actuellement en pleine croissance. Selon plusieurs estimations, son PIB devrait croître de 6 % chaque année d’ici 2020. Et sa consommation énergétique augmentera en conséquence : comme le précise Nikita Kitchevski, docteur en économie à l’Académie russe des sciences, les besoins de l’Inde en pétrole passeront de 224 millions de tonnes, qu’elle a consommées en 2014, à 310 millions de tonnes à l’horizon 2030. Parallèlement, ses besoins en gaz passeront des 51 milliards de mètres cubes actuels à 114 milliards en 2030.

Et il semble évident, souligne le chercheur, que l’Inde ne pourra pas couvrir seule ces besoins énergétiques : au cours des années à venir, elle ne sera pas capable d’extraire plus de 40 millions de tonnes de pétrole par an, soit seulement 13 % de ses besoins vers 2030. L’extraction de gaz, quant à elle, ne dépassera pas les 50 milliards de mètres cubes, soit 43 % seulement de ses besoins à l’horizon 2030.

Jusqu’à présent, la Russie satisfaisait à peine 1 % des besoins de l’Inde en pétrole. Mais grâce à l’accord entre Rosneft et Essar, les exportations russes vers l’Inde vont être multipliées par cinq. Et manifestement, ce n’est que le début. Rosneft envisage d’élargir considérablement sa présence sur le marché indien : la première étape consistera à augmenter le nombre de stations services Essar présentes dans le pays de 1600, actuellement, jusqu’à 5000 dans les deux ans à venir. Les deux groupes comptent également augmenter les capacités de la raffinerie d’Essar à Vadinar : d’ici 2020, l’usine devra être capable de traiter 45 millions de tonnes de pétrole, contre un rendement actuel de 20 millions de tonnes. Le site de Vadinar est aujourd’hui la deuxième plus grande raffinerie d’Inde et fait partie des dix raffineries les mieux équipées du monde.

Rosneft compte enfin élargir ses partenariats avec les groupes pétroliers indiens : le géant russe est actuellement en pleine négociation avec Essar et le groupe indien ONGC pour une exploitation conjointe des gisements de l’Arctique et la construction d’une raffinerie en Extrême-Orient.

En 2014, les échanges commerciaux russo-indiens avaient baissé de 6 % par rapport à l’année précédente, passant à 9,5 milliards de dollars. Ce sont les exportations russes vers l’Inde qui ont le plus diminué : de 9,2%. Ce contrat entre Rosneft et Essar permettra de ré-augmenter les échanges entre les deux pays de 4,4 milliards de dollars par an. Ainsi, Rosneft, qui est déjà un des plus gros contribuables russes, versera encore plus d’argent aux caisses de l’État, qui en ont grandement besoin.

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