#ImpactJournalism : Visualizing impact, un engagement citoyen pour rendre l’information lisible

Visualizing impact (VI) est une organisation basée à Beyrouth qui facilite la compréhension, l’accessibilité et le partage de l’information. En créant des visuels alliant données chiffrées, design et technologie, VI vise à sortir de l’ombre les problématiques sociales au Moyen-Orient.

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Les visuels de Visualizing impact, dans le cadre du projet sur la Palestine, combinent
des données chiffrées, de la narration et un design adapté pour attirer l’attention sur les
violations des droits de l’homme engendrées par le conflit israélo‐palestinien. Crédits : Marie Tihon

Tout est parti d’un constat : l’information et le savoir sont essentiels au développement. De nombreuses organisations, surtout non gouvernementales, publient chaque année des dizaines de rapports. Mais ces documents et les données qu’ils comportent sont trop souvent ignorés. En 2014, la Banque mondiale indiquait notamment que plus de 31 % de ses rapports ne sont jamais téléchargés, et près de 87 % d’entre eux, jamais cités.

Contre ce gâchis, Visualizing impact (VI), une organisation basée à Beyrouth, s’est lancée en 2012 un défi : rendre ces données lisibles, accessibles et attrayantes. Un défi motivé par un engagement citoyen touchant essentiellement la région du Moyen-Orient.

Pour relever ce défi, VI développe, à partir de ces données, des infographies – un vecteur de narration efficace, synthétique, et esthétiquement plaisant. « On essaye de proposer quelque chose de différent, résume Matthew Stender, producteur de contenus pour VI. On combine à la fois des données et de la narration, tout en cherchant le design le plus approprié pour transmettre l’information », poursuit le jeune homme, originaire du Texas.

Le travail de VI, qui compte quatre employés installés à Beyrouth et six autres dans le reste du monde, tourne autour de l’idée que la communication visuelle est un outil essentiel pour rendre les données plus concrètes. Le visuel, souligne Jessica Anderson, manager de projet, « permet aux gens de mémoriser l’information ». « Le design permet de mettre en avant les éléments les plus forts et de donner un angle plus précis à l’histoire que l’on raconte », précise la jeune femme, qui vient de l’Ohio.

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Jessica Anderson, manager de projet pour Visualizing impact, et Matthew Stender, producteur de contenus, sont basés à Beyrouth et travaillent à la création de nouveaux visuels pour rendre des données chiffrées plus concrètes. Crédits : Marie Tihon

Pour son premier projet, en 2012, Visualizing impact s’est attaqué à un lourd dossier – celui de la Palestine. Dans ce cadre, l’organisation a élaboré des infographies illustrant les limitations en matière d’utilisation d’eau dans les territoires palestiniens, les violations de cessez-le-feu côtés israélien et palestinien ou encore les déplacements de population en Palestine. Avec ce projet, qui a pu voir le jour grâce notamment à une campagne de financement participatif, il s’agissait avant tout d’attirer l’attention sur les violations des droits de l’homme engendrées par le conflit. Et ce, dans un double objectif : combler le vide médiatique et mobiliser l’opinion publique. « Avec l’avènement d’Internet, une grande quantité d’informations est disponible, mais peu de données sont accessibles sur les questions de justice sociale qui concernent notamment le Moyen-Orient », note Jessica Anderson.

Pour récolter des données chiffrées et factuelles, l’équipe multidisciplinaire de VI collabore avec une vingtaine d’organisations, comme OXFAM, les Nations Unies et l’Organisation internationale du travail. « Cela permet aussi de soutenir ces acteurs de la société civile », fait remarquer Jessica Anderson.

L’objectif final est d’« encourager les citoyens à se servir de ces données », insiste Matthew Stender. C’est la raison pour laquelle les infographies et illustrations produites par Visualizing impact sont en accès libre.

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Jessica Anderson, manager de projet à Beyrouth pour Visualizing impact, travaille à la création de nouveaux visuels pour rendre des données chiffrées plus concrètes. Crédits : Marie Tihon

Les contenus élaborés par VI étant sous licence Creative commons, n’importe qui peut les partager après les avoir téléchargés sur la plateforme en ligne de l’organisation (www.visualizingimpact.org). Une manière de promouvoir le journalisme citoyen. « Les gens se sentent plus concernés, et surtout aptes à explorer par eux-mêmes les données que nous proposons, explique Matthew Stender. Rendre ces données accessibles à tous permet en outre de générer toute une communauté autour d’une initiative : de nombreux médias [dont le Guardian et le Huffington Post, ndlr] publient nos infographies, des conférenciers s’en servent pour illustrer leurs présentations, et des activistes partagent nos contenus sur les réseaux sociaux », poursuit-il.

Si VI, organisation divisée en une branche à but non lucratif et une autre commerciale, propose des visuels adaptés en fonction du public ciblé, son travail est utilisé bien au-delà de ce cercle. L’organisation précise que, l’année dernière, ses outils ont été utilisés lors de 35 événements dans 16 pays – touchant 2,5 millions de personnes.

Aujourd’hui, VI travaille sur une nouvelle campagne, Visualizing Egypt, financée par Mada Masr, un média égyptien indépendant. Cette campagne a pour but de mettre en images la censure abusive pratiquée par les autorités égyptiennes.

Pour en savoir plus : 

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Les visuels sont disponibles ici
Les vidéos ici

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