#ImpactJournalism : Fabriquer des toits à partir de sacs plastiques

Dans la chaleur torride du Sahel africain, les toitures de tôle transforment parfois les maisons en véritables fournaises. Au Burkina Faso, un ingénieur a décidé d’utiliser des déchets plastiques pour remédier au problème.

M. Tiam. Sparknews. Crédits : Peter Dörrie
Calvin Tiam, fondateur de Teco2, tenant un de ses éléments de toiture recyclés. Crédits : Peter Dörrie

Il peut sembler étrange de choisir de dormir dehors, lorsqu’on peut le faire dans une maison tout à fait convenable. Surtout dans des pays comme le Burkina Faso, où les gens sont exposés aux éléments, à la poussière et aux insectes, vecteurs de maladies pendant la saison sèche. Cela s’explique pourtant par le fait que les températures moyennes, élevées, ne descendent pas sous les 30 degrés Celsius, et que les matériaux de toiture inadéquats, comme les tôles métalliques, transforment les maisons en de véritables fournaises.

Le défi était de trouver un procédé qui respecte à la fois l’environnement, les normes de sécurité et les préférences locales.

Calvin Tiam, un ingénieur et entrepreneur vivant à Ouagadougou, a trouvé une solution qui permet de faire d’une pierre deux coups. Il a développé un matériau de toiture novateur à partir de plastique recyclé. Le matériau est quatre fois plus isolant que la tôle métallique. « La ville de Ouagadougou produit chaque année 16 000 tonnes de déchets plastiques », explique M. Tiam. Et seule une infime part de ces déchets est recyclée. Dans la capitale burkinabè, la collecte des ordures consiste à ramasser et brûler ce dont les habitants ne veulent pas, comme les sacs plastiques. Et ces feux, que l’on voit un peu partout dans la ville, dégagent des nuages de fumée toxique.

Avec l’aide de spécialistes basés en France, l’ingénieur a développé un procédé de fabrication qui utilise la fusion plutôt que la combustion et ne rejette aucun gaz nocif dans l’air. « Le défi était de trouver un procédé qui respecte à la fois l’environnement, les normes de sécurité et les préférences locales », souligne-t-il.

TECO2, l’entreprise de M. Tiam, a créé un prototype prêt à être testé sur le terrain. Si elle réussit à obtenir les investissements nécessaires pour lancer la production, elle pourrait produire le matériau de toiture à des prix compétitifs et améliorer ainsi la qualité de vie de très nombreuses personnes, qui rêvent simplement de pouvoir dormir dans leur lit.

Pour en savoir plus : www.gsvc-essec.org/teco%C2%B2/

1 commentaire

  1. Mes félicitations à Monsieur TIAM pour le travail qu’il fait et qui va impacter la vie de beaucoup de personnes et en l’occurrence les Africains de la zone sahélienne.
    S’agissant de la levée des fonds pour la poursuite de ces travaux, il pourrait se rapprocher des animateurs de l’émission Réussite de CANAL + qui se feront un plaisir de lui donner les adresses e-mails nécessaires pour le financement d’untel projet. A preuve, un reportage a été fait sur un Africain ne disposant pas de capital et qui a inventé un savon contre les moustiques. Ce dernier a bénéficié de levée de fonds ( capital populaire ) par le biais d’internet et il a pu réaliser son projet. Bonne chance Monsieur TIAM.

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