Les États-Unis prolongent les sanctions contre la Biélorussie

Mercredi 10 juin, le président Barack Obama a prolongé d’une année les sanctions américaines à l’encontre de la Biélorussie, qui devaient expirer le 16 juin. Cette décision a été prise en dépit du fait que, depuis le début de la crise ukrainienne, les relations entre l’Occident et le président biélorusse Alexandre Loukachenko se soient améliorées.

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Les dirigeants biélorusse, russe, allemand, français et ukrainien lors du sommet de Minsk les 11 et 12 février 2015. Crédits : Wikimedia

Les sanctions contre la Biélorussie et son président ont été imposées en octobre 2004 par le Congrès américain dans le cadre de la « loi sur la démocratie en Biélorussie ». Le document, signé par le président George W. Bush, attachait la levée des mesures de restriction à la libération des prisonniers politiques, à la fin des répressions contre les syndicats et à la tenue d’élections conformes aux normes de l’OSCE.

Dans un décret présidentiel en date du 10 juin 2015, Barack Obama maintient les sanctions et informe les membres du Congrès que les actions et la politique de « certains membres du gouvernement et d’autres personnes en Biélorussie nuisent aux processus et aux institutions démocratiques ». Le texte mentionne également les violations des droits de l’homme, les répressions politiques, les enlèvements de personnes, la corruption et l’utilisation illégale du patrimoine de l’État. Tout ceci, aux yeux de la Maison-Blanche, représente une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis ».

Par ailleurs, la Biélorussie est également sous le coup de sanctions européennes. Il s’agit principalement de restrictions de visas contre plusieurs fonctionnaires biélorusses et de limitations contre une série d’entreprises et d’organisations du pays.

Le maintien des sanctions américaines a été décidé au lendemain de l’annonce de l’organisation d’une élection présidentielle biélorusse le 11 octobre au lieu du 15 novembre, comme cela avait été annoncé plus tôt. Alexandre Loukachenko a laissé entendre qu’il avait l’intention de briguer un cinquième mandat. L’opposition n’a pas réussi à s’unir derrière un seul candidat : cinq personnes ont déjà fait part de leurs ambitions présidentielles.

Vladimir Nekliaïev, célèbre opposant biélorusse s’étant présenté à la présidentielle de 2010, a confié à Kommersant que l’Occident pourrait reconnaître la légitimité de l’élection – une première depuis le milieu des années 1990 – au vu de l’évolution favorable, depuis le début de la crise ukrainienne, de l’image d’Alexandre Loukachenko, que tout récemment encore, les Occidentaux qualifiaient de « dictateur ». C’est précisément à Minsk qu’ont lieu les rencontres au « format Normandie » (entre la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et la France) pour tenter de trouver une issue à la crise ukrainienne. En février, au cours d’un de ces sommets, les chefs d’État ont élaboré les accords de Minsk, un plan de résolution pacifique de la situation au Donbass. « L’état de nos relations avec l’Occident s’est quelque peu réchauffé », avait déclaré le président biélorusse à l’issue de la rencontre.

Mais la reconnaissance des résultats de l’élection par l’Occident serait une mauvaise nouvelle pour le pays, selon Vladimir Nekliaïev : une telle décision conduirait à un « renforcement du régime » et, par conséquent, enterrerait tout espoir de « réformes économiques et politiques, dont le pays a tant besoin ».

4 commentaires

  1. Encore une fois, la grande démocratie US dicte sa loi. Est ce que l’on va remplacer un petit tyran par un barbu ou un infiltré à la botte. C’est le début de la fin, quand on impose sa force plutôt que le respect, c’est un vrai signe de faiblesse. L’URSS en a fait la cruelle expérience et les USA commencent ce process.
    De mauvais jours nous attendent.

  2. Au lieu de sanctioner les russes, les bielorusses etc;;;;;,Obama ferait mieux de sanctionner sa police , car quand on la voit a l oeuvre , on ait en droit de se demander DEMOCRATIE?

  3. « Les sanctions contre la Biélorussie et son président ont été imposées en octobre 2004 par le Congrès américain dans le cadre de la « loi sur la démocratie en Biélorussie » »
    C’est donc à Washington que se fait la politique de la Biélorussie et celle du reste du monde …. drôle de conception de ce qu’est la démocratie: « je décide » , « vous obéissez » parce que j’ai la science infuse ………………. A part ce « détail » ce sont les russes qui sont agressifs !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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