La Russie dément avoir renoncé aux Mistral

Le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine a démenti mardi 26 mai au soir les propos tenus plus tôt dans la journée par le directeur adjoint de la Commission militaire et industrielle de la Fédération de Russie Oleg Botchkarev selon lesquels la Russie renonçait définitivement aux navires français Mistral.

La classe Mistral est un type de porte-hélicoptères amphibies d’assaut de la Marine nationale française faisant partie des bâtiments de projection et de commandement. Crédits : Wikimedia
Évalué à près d’1,2 milliard d’euros, le contrat de construction des deux navires de type Mistral prévoyait la livraison du premier vaisseau à la mi-novembre 2014, mais il est toujours au port de Saint-Nazaire, tout comme le deuxième navire, en raison de l’implication présumée de Moscou dans le conflit ukrainien. Crédits : Wikimedia

Selon le journal russe Kommersant, M. Botchkarev s’est sérieusement fait réprimander par son supérieur, le directeur de la Commission militaire et industrielle russe Dmitri Rogozine, qui a appris les révélations de son subordonné à la presse lors de sa visite du chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg. M. Botchkarev a non seulement été sanctionné pour avoir fait des déclarations publiques sans autorisation mais également pour avoir divulgué de fausses informations.

Le directeur adjoint de la Commission militaire et industrielle russe avait également annoncé que le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale en France Louis Gautier, chargé de résoudre la question des Mistral, viendrait en Russie dans les jours à venir pour entamer les négociations. Cependant, selon une source de haut rang au sein du gouvernement russe, des négociations sur les Mistral avec M. Gautier n’étaient en aucun cas prévues cette semaine, et même M. Botchkarev, chargé au sein de la Commission des questions de livraison des équipements pour les forces terrestres et les troupes aéroportées, n’a jamais pris part à ces discussions.

De son côté, la France a réagi avec retenue à l’annonce de M. Botchkarev. Le représentant officiel de la compagnie en charge de la construction des navires DCNS Emmanuel Gaudet s’est contenté de faire savoir qu’il lui était interdit de commenter le sujet avant le début des négociations formelles quant au montant des compensations que la France doit verser pour rupture de contrat. « Nous traitons uniquement des questions techniques et la question de la rupture de l’accord franco-russe est politique », a-t-il indiqué au quotidien russe Kommersant.

Le ministère français de la défense a rappelé que le destin des porte-hélicoptères dépendait du président de la République François Hollande. L’Élysée n’a souhaité faire aucun commentaire sur le sujet et Louis Gautier lui-même a déclaré tard dans la soirée du 26 mai qu’il se rendait régulièrement à Moscou pour « discuter de questions diverses relatives à la Défense ».

Suite à l’incident, Dmitri Rogozine a imposé à ses subordonnés certaines règles de communication avec la presse, avec laquelle ils ne peuvent désormais s’entretenir sans l’autorisation personnelle du président de la Commission.

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