Berlin : le « groupe de Normandie » tente de renforcer les accords de Minsk

Les ministres des affaires étrangères des pays membres du format dit « de Normandie » – Ukraine, Russie, France et Allemagne – se sont rencontrés à Berlin, lundi 13 avril, pour faire le point sur la situation dans le Sud-Est ukrainien et prévoir les prochaines étapes de la mise en application des accords de Minsk-2, signés le 12 février dernier.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov a qualifié les négociations de "longues mais utiles". Crédits: mid.ru
Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a qualifié les négociations de « longues mais utiles ». Crédits: mid.ru

À l’issue des négociations, qui ont duré près de cinq heures, les ministres des affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français – MM. Klimkine, Lavrov, Steinmeier et Fabius – ont publié une déclaration commune, qui réaffirme leur attachement aux accords de Minsk-2. « Nous appelons toutes les parties à arrêter les combats, à montrer leur engagement pour la mise en œuvre complète du cessez-le-feu et à s’engager dans le retrait définitif des armes », ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint. Ils ont cependant tenu à exprimer leurs « vives inquiétudes » quant aux nombreuses violations des accords et au regain des combats, au cours du weekend des 11 et 12 avril, avec l’engagement d’armes lourdes près de Chirokino et de l’aéroport de Donetsk.

MM. Klimkine, Lavrov, Steinmeier et Fabius ont particulièrement insisté sur la nécessité de créer « aussi vite que possible quatre groupes de travail au sein du groupe de contact trilatéral », qui comprend l’Ukraine, la Russie et l’OSCE. Ceux-ci devront plancher de façon concrète sur « la sécurité, le processus politique, les questions humanitaires et les affaires économiques » dans la zone de conflit, ont précisé les ministres.

Parmi les grands acquis de cette rencontre de Berlin, pour le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, figure la décision d’ajouter aux armements dont les accords de Minsk-2 prévoyaient déjà l’évacuation, les armes de moins de 100 mm de calibre et les chars. « La Russie avait avancé une proposition en ce sens il y a un mois et demi, par la voix de ses représentants au Centre conjoint de coordination et de contrôle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et j’estime que le soutien du format dit « de Normandie » à cette idée est très important », a souligné M. Lavrov.

Le ministre russe des affaires étrangères a également souligné, au cours des négociations, le caractère néfaste du blocus économique qui pèse sur le Donbass, et attiré l’attention de ses collègues sur la loi que vient d’adopter le parlement ukrainien concernant la « dé-soviétisation » du pays. « Je pense qu’ils sont tous parfaitement conscients que cette loi risque de saper le processus de Minsk » a déclaré Sergueï Lavrov aux journalistes à Berlin, alors que ses homologues allemand et français gardent pour l’heure le silence à cet égard.

De son côté, le ministre ukrainien des affaires étrangères Pavel Klimkine a soulevé la question de l’introduction d’un contingent de paix international dans le Donbass. Le sujet n’a toutefois pas été développé durant la réunion, la Russie estimant qu’il est prématuré d’évoquer l’éventualité d’un déploiement de « casques bleus ».

Le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier a fait savoir que les pourparlers avaient été intenses mais « sans contradictions graves ». « Le chemin à parcourir pour régler le conflit sera long, mais si nous ne nous y engageons pas, la situation pourrait échapper à tout contrôle », a-t-il dit dans un communiqué, insistant sur l’importance de la mise en route d’un processus politique incluant notamment l’organisation d’élections locales.

Les résultats de cette rencontre de Berlin devraient être débattus lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères du G7, mardi 14 et mercredi 15 avril à Lübeck, dans le nord de l’Allemagne.

Les tensions dans le Sud-Est de l’Ukraine se sont accrues ces derniers jours. La mission de surveillance de l’OSCE, présente dans la zone de conflit, fait état d’un « regain de combats intenses près de Donetsk et à Chirokino », à 10 km du port stratégique de Marioupol, dernière grande ville de la zone de conflit sous contrôle de Kiev. Le 12 avril, l’OSCE a ainsi enregistré 1 166 explosions, provoquées principalement par des tirs d’artillerie et de mortier près de Donetsk.

1 commentaire

  1. Les 2 plus grands hommes d’état à l’heure actuelle: Ms. Poutine et Lavrov. Ils ont le soutien de tous les esprits progressistes, et portent les espoirs des exploites de l’impérialisme nord-américain.

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