Alexis Tsipras à Moscou annonce le printemps des relations entre la Grèce et la Russie

Sur invitation du président Poutine, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s’est rendu en visite officielle à Moscou le mercredi 8 avril. Les deux dirigeants ont affiché leur désir commun de renforcer la coopération entre la Russie et la Grèce, en berne depuis quelques années.

Alexis Tsipras fraichement élu à la tête du gouvernement grec a choisi Moscou pour sa première visite hors Union européene.Crédits: kremlin.ru
Alexis Tsipras, fraîchement élu à la tête du gouvernement grec, a choisi Moscou pour sa première visite hors Union européenne. Crédits: kremlin.ru

«  Nous nous sommes mis d’accord pour faire un effort et replacer nos échanges sur le chemin de la croissance », a déclaré le président russe à l’issue de sa rencontre avec Alexis Tsipras, le mercredi 8 avril. Le volume des échanges entre la Russie et la Grèce pour l’année 2014, qui se sont élevés à 4,2 milliards de dollars, correspond en fait à une baisse de 40 % par rapport à 2013. En cause, la chute des prix du pétrole et l’embargo russe.

Malgré la situation économique délicate en Grèce et la tension sur le sujet de sa dette avec l’UE, « la Grèce n’a fait aucune demande d’aide à la Russie » a immédiatement tenu à préciser Vladimir Poutine aux journalistes. En effet, après les élections du 25 janvier dernier en Grèce, le ministre russe des finances Anton Silouanov s’était dit prêt à examiner une éventuelle demande d’aide de la part du nouveau gouvernement. Mais Vladimir Poutine a expliqué que les deux pays s’étaient plutôt entendus sur une démarche de « coopération » que d’ « assistance ».

Dans cette optique, les chefs de gouvernement grec et russe ont signé un « plan d’action commun pour 2015-2016 » visant à renforcer la coopération et les investissements entre les deux pays, notamment via des projets dans le secteur énergétique. Ces projets pourraient générer des revenus pour la Grèce et l’aider à rembourser sa dette.

Le Premier ministre grec a ainsi exprimé le désir d’Athènes de renforcer le rôle de la Grèce en tant que nœud énergétique européen : « Athènes a intérêt à étudier les possibilités d’investissement dans la construction d’un gazoduc traversant le territoire de la Grèce depuis sa frontière avec la Turquie », a déclaré M. Tsipras, faisant référence au Turkish Stream – ce projet de gazoduc alternatif au South Stream, devant relier la Russie à l’Europe par la Turquie. Le projet du South Stream, qui devait fournir du gaz à l’Europe via la Bulgarie, a été suspendu en décembre 2014 sur une initiative de l’Union européenne.

Sur la question ukrainienne, le président russe a rappelé une fois de plus son souhait de voir s’appliquer totalement les accords de Minsk dans le Sud-Est du pays. Alexis Tsipras a pour sa part exprimé à plusieurs reprises son désaccord avec la logique des sanctions contre la Russie. Dans une interview accordée à TASS le 31 mars dernier, avant sa visite à Moscou, Alexis Tsipras avait déclaré que le système de sanctions « ne menait nulle part ».

Dans le contexte de tension actuel, le président russe, à qui revient l’initiative d’avoir invité le chef du gouvernement grec à Moscou, s’est défendu de vouloir « utiliser la Grèce pour se rapprocher de l’Union européenne », en réponse à la question d’un journaliste lors de la conférence de presse. « Nous n’essayons jamais de persuader qui que ce soit ou d’imposer nos vues », a insisté Vladimir Poutine, ajoutant que si le gouvernement grec estimait qu’il était possible de rétablir et d’élargir les relations avec la Russie, cette dernière ne ferait que saluer cette volonté.

« La Grèce est un pays souverain qui a le droit de défendre les intérêts de son peuple et de se sortir de la crise, a martelé pour sa part Alexis Tsipras. Nous avons apporté le printemps dans les relations entre la Grèce et la Russie », s’est-il par ailleurs réjoui.

Les deux chefs de gouvernement ont également tenu à réaffirmer les liens qui unissent la Russie et la Grèce, notamment à travers leur lutte commune durant la Seconde Guerre mondiale. Les deux dirigeants ont ainsi signé une déclaration conjointe sur le 70ème anniversaire de la Victoire, « soulignant notre profond respect envers tous ceux qui se sont battus pour la paix et la liberté de l’humanité », a précisé le président Poutine. 2015 marquera d’ailleurs l’organisation conjointe de l’année croisée Grèce-Russie.

Le président russe a par ailleurs personnellement offert au Premier ministre grec l’icône Saint Nicolas Tchoudotvorets et Saint Spyridon, que les nazis avaient volée aux Grecs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ceux qui avaient emporté l’œuvre en Allemagne avaient été arrêtés en 1945 par les soldats de l’Armée rouge puis remis aux autorités grecques, qui les avaient fusillés. Mais l’icône avait ensuite été rachetée par des descendants des nazis fusillés. « L’icône est aujourd’hui retournée à l’endroit où elle aurait dû être historiquement », a souligné Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, face aux journalistes.

2 commentaires

  1. Le Président Poutine est en ce moment á la politique, ce qu´était Mozard en son temps á la musique, un virtuose.
    Un seul mot Président Poutine, continuez de cette manière pacifique de faire de la politique, pas par les armes, pas en envahissant et en détruisant les autres pays qui ne ne vous ont rien faits dans le but de s´accaparer de leurs richesses.

  2. Une démarche de « coopération » fait confirmé dans ce message : « Parlons de la Grèce :
    C’est l’Europe qui a poussé la Grèce dans les bras de la Russie et c’est tant mieux pour la Grèce et la Russie.
    L’Europe se saborde elle-même en refusant l’évidence : la faillite du système. S’accrocher à sa bouée quand le bateau coule n’est pas la solution.
    La Grèce fait bien d’aller chercher de l’aide auprès de la Russie et cela va déclencher la rébellion générale en Europe : la Rébellion des Peuples.
    Le retour à la monnaie du Pays est la plus sage décision qui soit, en coupant court à toute spéculation extérieure. La Grèce a bien joué. Elle a donné à l’Europe une leçon. L’Europe avait les moyens de soutenir intelligemment la Grèce. La Grèce sortira vainqueur de l’Europe de l’Euro pour entrer dans l’Europe des Libertés. C’est ce que Nous voulons.
    Quant à la Russie, c’est une aide et sa confiance qu’elle apporte à la Grèce est d’abord : venir à son secours. Ensuite intervient l’acte positif qu’entraîne ce nouveau partenariat.
    (Il faut voir avec les yeux du Cœur : la Juste Loi.)
    La Russie de Poutine, en aidant la Grèce, la sauve de l’horreur programmée et montre au monde la Juste attitude. Nous ne pouvons que Nous féliciter de cette action.
    Tout ce qui en découle au niveau de l’Europe est de la faute de l’Europe, (Brux-US-sion.) et non de l’Europe vraie : celle des Peuples. Que chacun assume ses actes.
    Quant à la Manifestation du 9 Avril 2015 en France, le Gouvernement devrait en tirer les leçons qui s’imposent. Le Peuple Français en a assez et le fait savoir. Les manifestations vont se multiplier, les grèves : bloquer la France jusqu’à l’éclatement du gouvernement. Il est sur un strapontin depuis le début.
    Les Français se réveillent. C’est une bonne chose. Il y a des sacrifices à faire pour défendre ses convictions… . Le Changement ne fait que commencer. La France doit montrer l’exemple…» Clefsdufutur-10.04.2015

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *