Alexis Tsipras : « Les sanctions contre la Russie ne mènent nulle part »

« La Grèce est opposée aux sanctions contre la Russie, c’est une voie qui ne mène nulle part », a déclaré le 31 mars à Athènes le Premier ministre Alexis Tsipras dans une interview exclusive accordée au directeur de TASS, Mikhaïl Gousman, alors qu’une visite officielle est prévue à Moscou le 8 avril.

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Alexis Tsipras. Crédits : www.derwesten.de
Alexis Tsipras. Crédits : www.derwesten.de

Le chef du gouvernement grec a rappelé que, dès son entrée en fonctions, il avait reçu un message du président du Conseil de l’Europe, Donald Tusk, « qui considérait presque comme un acquis la position de la Grèce en faveur des sanctions ». « Je lui ai téléphoné, ainsi qu’à Federica Moreghini [Haute représentante de l’Union pour les affaire étrangères et la politique de sécurité, ndlr] et je leur ai dit : Ne considérez pas la position de la Grèce comme un acquis, la situation a changé, c’est un autre gouvernement en Grèce aujourd’hui. Et désormais, vous devrez nous demander avant de prendre des décisions, a précisé Tsipras. Nous ne sommes pas d’accord avec les sanctions. Je considère que c’est une voie qui ne mène nulle part. Je suis partisan du point de vue selon lequel le dialogue est indispensable – il faut s’asseoir à la table des négociations et trouver des solutions pour les problèmes importants », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre grec a ajouté que « la guerre économique comme prolongement de la guerre véritable est une politique d’impasse ». « Je suis pour la diplomatie, a poursuivi Tsipras. Je considère comme très important le fait que les négociations de Minsk aient été obtenues. Et j’estime qu’il faut tout faire pour mettre fin aux tensions en Ukraine. »

Lors de sa première participation au sommet de l’UE (19-20 mars), le dirigeant grec a raconté avoir posé à ses collègues Premiers ministres et chefs d’État la question suivante : « Dites-moi, comment vous représentez-vous la nouvelle architecture de la sécurité en Europe ? Vous vous l’imaginez avec la Russie dans le camp adverse, ou avec la Russie intégrée au processus de dialogue et de compréhension mutuelle ? » « J’attends toujours la réponse de beaucoup d’entre eux, a dit Tsipras. Pour moi, cette réponse est claire : la nouvelle architecture de la sécurité en Europe doit inclure aussi la Russie. »

Le chef du gouvernement a par ailleurs affirmé qu’il existait une possibilité d’élever à un nouveau niveau les liens commerciaux entre la Grèce et la Russie. « Nous pouvons avoir une collaboration significative, qui permettra à la Grèce d’exporter ses marchandises agricoles en Fédération de Russie, a souligné Tsipras. Vous savez que ces dernières années, ces liens ont pâti du fait que les précédents gouvernements de mon pays n’ont pas fait ce qu’ils auraient pu faire pour éviter cette politique, absurde selon moi, de sanctions liées aux tensions en Ukraine. Il en a résulté que l’embargo actuel touche aussi les produits agricoles grecs, ce qui a porté un coup significatif à l’économie grecque. »

La collaboration entre les deux pays a ainsi un potentiel important au niveau global, selon Alexis Tsipras : « Je pense que les possibilités de renforcer nos liens sont liées au tourisme, et également à diverses manifestations culturelles. En Russie, parallèlement aux rencontres très importantes que je vais avoir avec le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre Dmitri Medvedev et le patriarche de Moscou et de toute la Russie Kirill, j’aurai la possibilité de prononcer un discours dans une des universités centrales de Moscou. De ce point de vue, je considère que la possibilité d’échange et de coopération en matière d’éducation entre les universités grecques et russes est un aspect très important de nos liens mutuels. » L’année 2016 sera d’ailleurs marquée par l’organisation de l’Année croisée Grèce-Russie, ce qui constituera, d’après le Premier ministre, une opportunité importante pour le développement de ces liens.

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Alexis Tsipras a aussi tenu à réaffirmer sa volonté de se rendre à Moscou le 9 mai 2015 afin de célébrer les 70 ans de la Grande Victoire contre le fascisme. « Ce jubilé a une signification très importante autant pour les Russes que pour les Grecs. Nos peuples ont forgé des relations fraternelles parce qu’ils ont mené un combat commun dans des moments historiques d’une importance critique », a affirmé le Premier ministre, soulignant que la Grèce et la Russie avaient payé plus que quiconque le prix du sang dans la lutte contre le fascisme, et que cela constituait aussi un fondement commun, au même titre que la religion commune.

« Cela non plus, nous ne pouvons pas le sous-estimer. Et c’est sur ces racines qu’il faut mettre l’accent, on ne doit pas s’arrêter aux vœux pieux. Je vous propose de réfléchir sur la façon de rendre ces relations entre nos deux pays et nos deux peuples plus significatives concernant les problèmes actuels. Nous avons un passé brillant de lutte commune et de mouvement commun vers l’avant, nous pouvons avoir aussi un – très bel – avenir », a martelé Tsipras.

La visite à Moscou posera une nouvelle base pour les relations russo-grecques, puisque ces dernières années, les liens avec la Russie s’étaient trouvés, en un certain sens, « en état de gel », a annoncé Tsipras.

« Je ne sais pas si ça ressemblait à l’hiver sibérien, mais c’était un hiver, et aujourd’hui, nous vivons un printemps ; et nous devons soutenir ce printemps afin qu’il y ait un développement réel de nos relations », a insisté Tsipras, ajoutant que « la Grèce, en tant que pays-membre de l’UE, peut être un maillon, un pont entre l’Occident et la Russie. »

4 commentaires

  1. Depuis le debut, j’apprecie le comportement de ces dirigeants sans cravate. Avec ce refus des sanctions, qui s’ajoute au refus de l’esclavage imposé par l’oligarchie européenne, mon admiration ne fait que grandir. Quelle que soit l’issue, la Grèce participe a la lutte contre la dictature atlantiste et rejoint la Russie pour ses valeurs. Vive la Russie, Vive NovoRussia, Vive la Grèce et ses courageux dirigeants.

  2. encore un qui va se frotter les mains… Vous avez l’esprit fermé! dommage pour vous, Vladimir attends que ça déstabiliser le monde.. Vous entendez parler des Moghols? renseignez-vous et comprenez vite que ce type est un dangereux…

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