En quoi la visite de Poutine en Égypte fut-elle significative ?

Vladimir Poutine a conclu mardi 10 février une visite officielle de deux jours en Égypte, visant à renforcer les liens économiques entre les deux pays, mais aussi leur coopération dans la lutte contre le terrorisme international. L’Égypte, que le président russe n’avait pas visitée depuis dix ans, se présente comme un nouveau partenaire stratégique de la Russie. Décryptage.

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Vladimir Poutine a été accueilli en grande pompe au Caire par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Crédits: kremlin.ru

Attendu sur le tarmac de l’aéroport par le président égyptien en personne lundi 9 février, le chef de l’État russe a été accueilli en grande pompe par Abdel Fattah al-Sissi au Caire. Après une soirée à l’opéra suivie de la projection d’un film historique sur les relations entre Le Caire et Moscou, les deux dirigeants ont entamé, mardi 10 février, la partie officielle de la visite.

Le président russe, accompagné d’une délégation de ministres et de dirigeants d’entreprises, a multiplié les échanges bilatéraux et signé toute une série d’accords avec son homologue égyptien, principalement de nature économique.

À l’issue des négociations, Vladimir Poutine a d’abord tenu à rappeler l’importance des échanges entre la Russie et l’Égypte, qui ont atteint 4,6 milliards de dollars entre janvier et novembre 2014, soit une augmentation de 80 % par rapport à la même période l’année dernière. À titre d’exemple, la Russie a ainsi exporté 3,8 millions de tonnes de blé en Égypte entre janvier et novembre 2014, ce qui correspond à 24 % des exportations russes de blé et fait de l’Égypte le premier importateur de blé russe.

Afin de faciliter les échanges commerciaux entre leurs pays, les deux présidents sont ainsi parvenus à un accord sur la création d’une zone économique de libre-échange entre l’Union économique eurasiatique et l’Égypte.

Vladimir Poutine a souligné que les deux pays allaient concentrer leurs efforts sur la promotion d’un certain nombre de projets d’investissement « dans des domaines tels que les infrastructures de transport, les machines et l’industrie chimique ».

Au cours de la période soviétique, les Russes ont déjà participé à de nombreuses entreprises de construction en Égypte, notamment au barrage d’Assouan dans les années 1960. « Les Égyptiens apprécient que la Russie, en son temps, ait soutenu l’Égypte », avait rappelé le président al-Sissi avant la venue du président russe. Le Caire a ainsi invité Moscou à participer aux travaux sur le nouveau canal de Suez, dont la construction doit commencer l’année prochaine.

Selon Abdel Fattah al-Sissi, les investisseurs russes disposent aujourd’hui de nombreuses possibilités sur le territoire de la république arabe d’Égypte. Le fonds russe d’investissement direct et le ministère égyptien des investissements vont travailler à la création d’un fonds d’investissement dans la république arabe, rapporte le Service de presse du fonds russe.

Le plus gros contrat signé entre les Russes et les Égyptiens concerne un projet de construction de la première centrale électrique nucléaire d’Égypte. « Il s’agit d’une centrale de quatre blocs de forte puissance, 1 200 mégawatts chacun, dans la région de Dabaa, au nord de l’Égypte », a précisé le chef de l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique Rosatom, Sergueï Kirienko. « Nous voulons non seulement construire une centrale nucléaire mais aussi former des cadres techniques et développer les recherches scientifiques. Nous parlons de toute une série de mesures qui visent à créer un nouveau secteur de l’économie égyptienne », a ajouté le chef du Kremlin.

Un autre des thèmes phares de la visite de Poutine fut la lutte contre le terrorisme international. « La Russie et l’Égypte ont convenu d’affronter ensemble les défis » qui y sont liés, a déclaré Abdel Fattah al-Sissi à l’issue des négociations. Ce dernier a notamment tenu à valoriser la position du président Poutine qui, selon lui, a particulièrement été significative pour Le Caire dans sa lutte contre le terrorisme. « Il [Vladimir Poutine, ndlr] est conscient de la situation réelle dans notre pays. Sur cette base, nous devons construire nos relations futures », a martelé le président égyptien.

Le chef du Kremlin a conclu son intervention en assurant à al-Sissi que la Russie restait un partenaire fiable et un ami de l’Égypte. « Malgré tous les problèmes que l’Égypte a dû surmonter ces dernières années, nous avons réussi, dans nos relations bilatérales, non seulement à éviter un ralentissement mais en plus à atteindre de nouveaux sommets dans la coopération », s’est réjoui Vladimir Poutine. Le président russe a, à son tour, invité le président égyptien à venir en visite officielle à Moscou « afin de continuer les échanges ».

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en juin 2014, les relations russo-égyptiennes se sont « sensiblement réchauffées », analyse le chef du Centre de recherches arabes et islamiques de l’institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, Vassili Kuznetsov. Dans le même temps, souligne l’expert, les relations de l’Égypte avec les États-Unis se sont « un peu refroidies, parce que les Américains avaient largement soutenu les activités du précédent président Mohammed Morsi », ce qui explique pourquoi al-Sissi a commencé à chercher de nouveaux partenaires, estime le chercheur.

Le précédent et premier président élu démocratiquement en Égypte Mohammed Morsi avait été destitué en juillet 2013 suite à une vague de manifestations. Depuis, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, qui avait mené le coup d’État contre Morsi, a dirigé l’Égypte de facto avant d’être élu président de la République arabe d’Égypte, en juin 2014. Il avait effectué sa première visite en Russie en août dernier, à Sotchi.

4 commentaires

  1. Cet homme le Président Poutine est um génie.
    Il ya une video oú le Président Poutine critiquant les Usa sur leur monnaie de singe, dit que la Russie va lentement mais surement comme une poule qui pour avaler une montagne de graines, va lentement en picorant touk, touk, touk et á la fin avale tous les grains.
    Le Président Poutine va de pays en pays tisser les relations commerciales, pendant que ces adversaires ne pensent qu´á lui chercher des problèmes, mais á la fin c´est la Russie qui gagnera, car ayant attirer á elle la majorité de la vraie Communauté Internationale.

  2. moi je pense que poutine c’est un grd homme les americain c prennent pr Dieu dc il fo leur mntre kil sont pa les Dieux kil doivent pa diriger le mnde
    kom ils veulent

    1. Il est clair que nous devons penser à une multipolarité en ne portant aucun(s) aux gémonies. Regardons comme la France et l’´Allemagne récemment se sont rehaussées à Minsk’

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