Ce que Syriza pense de la Russie

Syriza, la coalition de la gauche radicale qui a remporté les élections législatives en Grèce le 25 janvier 2015, a déjà affiché sa rupture avec la politique de l’UE vis-à-vis de la Russie. Le Courrier de Russie a recueilli les déclarations les plus marquantes de ses représentants à ce sujet.

Alexis Tsipras, Premier ministre grec

Crédits: links.org.au
Alexis Tsipras. Crédits: links.org.au

« Les sanctions contre la Russie nuisent à l’Europe elle-même. En adoptant une telle stratégie, l’UE scie la branche sur laquelle elle est assise. Nous voulons qu’il n’y ait aucune opération militaire et qu’un dialogue soit entamé pour trouver une solution diplomatique.

La Russie est un grand pays avec une expérience, une histoire et un potentiel colossaux. Y compris l’expérience de sortir des crises. Sans une Russie occupant en son sein la place qui lui revient, l’Europe n’a pas de sens. […] Je pense que l’intégration de la Russie en Europe doit se faire de façon plus adéquate. Et de grandes initiatives en ce sens doivent venir de l’Europe elle-même. »

À l’occasion d’une visite officielle à Moscou en mai 2014, sur invitation du gouvernement russe

« Nous soulignons que vous n’avez pas le consentement de notre pays [sur les sanctions contre Moscou, ndlr]. Vous n’avez pas consulté la Grèce avant d’annoncer que l’UE se préparait à intensifier la pression sur Moscou. L’Union européenne ignore le principe de consensus prévu en cas de prise de décision importante. »

Au cours d’une conversation téléphonique avec Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, à propos du communiqué de l’Union européenne, publié le 28 janvier, qui condamne les agissements russes dans l’Est ukrainien et menace de prolonger, voire de renforcer, les sanctions contre Moscou

Nikos Kotzias, ministre grec des affaires étrangères

Nikos Kotzias. Crédits: nikoskotzias.com
Nikos Kotzias. Crédits: nikoskotzias.com

« La Grèce veut éviter de creuser un fossé entre la Russie et l’UE, bien que les deux parties soient engagées dans un conflit aigu, depuis les dix derniers mois, concernant l’assaut de Moscou sur l’Ukraine. »

À l’occasion d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE, jeudi 29 janvier à Bruxelles, Nikos Kotzias a refusé de signer le passage-clé sur le renforcement des sanctions

Kostas Sirixos, directeur du département des affaires étrangères au sein de Syriza

Kostas Sirixos. Crédits: rg.ru
Kostas Sirixos. Crédits: rg.ru

« Notre première tâche est de rétablir la souveraineté de la Grèce. […] En matière de politique étrangère, notre pays, sur lequel pèse une dette de 340 milliards d’euros, a tendance à exécuter docilement la volonté de ses créanciers. Notre deuxième priorité est de coopérer avec nos alliés politiques en Europe afin de contrer l’influence économique et géopolitique que Berlin essaye d’exercer, en particulier sur les pays du sud et de l’est de l’Europe et des Balkans.

À moyen et long termes, nous devons élaborer et utiliser de nouveaux vecteurs de politique étrangère en dehors de l’Union européenne. Le gouvernement Syriza a notamment l’intention de coopérer avec les pays BRICS, et en particulier la Russie, dans tous les domaines présentant des intérêts mutuels.
(…)

Nous devons nous rappeler que les relations entre nos pays [la Grèce et la Russie, ndlr] sont bien plus importantes que l’ordre du jour international. Nous partageons la même religion, des racines culturelles et des liens historiques. Notre parti vise depuis longtemps à améliorer les relations avec les forces politiques et le gouvernement russes. Nous avons d’excellents contacts avec l’ambassade de la Fédération de Russie en Grèce et personnellement avec M. Maslov, le nouvel ambassadeur russe à Athènes. Il est très probable qu’au cours des trois ou quatre prochains mois, c’est à Moscou que notre leader Alexis Tsipras effectuera l’un de ses premiers voyages à l’étranger.

(…)

Nous n’avons pas voté pour les sanctions européennes contre la Russie, nous nous y sommes vivement opposés. Nous avions prévenu – et la suite des événements nous a donné raison – que la Russie adopterait des mesures de réponse. Certaines de ces « contre-sanctions » russes font peser une lourde charge sur l’économie grecque, en particulier sur notre agriculture. Nos agriculteurs ont perdu près de 430 millions d’euros avec l’interruption des exportations grecques en Russie. Je pense qu’avec Syriza à sa tête, la Grèce, en tant qu’État-membre de l’UE, pourrait ouvrir la voie vers un dialogue avec la Russie. »

À l’occasion d’une interview le 21 janvier pour le journal russe Rossiskaya Gazeta sur les orientations de Syriza en matière de politique étrangère

Manolis Glezos, député du parti Syriza au Parlement européen

Résistant dès 1941 contre le nazisme, Manolis Glezos, est une légende en Grèce Crédits: left.gr
Résistant dès 1941 contre le nazisme, Manolis Glezos, est une légende en Grèce Crédits: left.gr

« Ancien « camarade » et désormais « monsieur » Poutine… Alors que l’Ukraine est devenue un jouet aux mains de bandes de fascistes, nous défendons de nouveau le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En Grèce, nous étions contre la dislocation de la Yougoslavie et les bombardements en Serbie, contre l’invasion de l’Irak et les menaces contre la Syrie. Pour cela, nos nations, la Grèce et Chypre, ont payé le prix fort. Nous connaissons la position de notre gouvernement actuel à l’égard de la Russie. Mais j’en appelle à votre humanité pour vous demander de lever les sanctions qui touchent nos agriculteurs. »

Dans une lettre à Vladimir Poutine datée du 8 août 2014, qui demandait au président russe de ne pas appliquer l’embargo russe aux produits grecs

Yorgos Tsipras, coordinateur du département de politique étrangère de Syriza et cousin germain d’Alexis Tsipras

« Nous sommes à l’épicentre de deux zones conflictuelles : l’Ukraine au nord, et la Syrie au sud-est. Nous voulons développer nos relations avec la Russie et les inscrire dans une politique multidimensionnelle. Nous ne voulons plus de la politique d’alignement euro-atlantique. Les sanctions contre la Russie ont fait perdre beaucoup d’argent à la Grèce, qui n’y a rien gagné. »

Dans une interview pour l’AGEFI (quotidien de l’Agence économique et financière, basée à Genève) sur les intentions du nouveau parti au pouvoir en Grèce

7 commentaires

  1. enfin un pays qui ouvre ca gu/// et qui ferme son c… aux u…a //// slouga M …..e ,au diable l avarice la meno…..e est naturelle . consideres donc que l europe n est en aucun cas l allemagne et encore moins l angleterre , paradox de l apres guerre , plus tu m….
    plus je t aime///////// Ah Belle france de l avant guerre prete a tout pour sauvgarder son camenbert///////// aujourd hui prete a tout pour sauvgarder ses biens senatoriaux , rente de senateurs et autres……..allez on y va ,,, salaire d un militaire qui recois l ordre de se faire trouer les tripes et salaire de celui qui lui en donne l ordre , abrite , par l immunite de son rang /////////// A quand de serieux Representant de l Europe ouest et est ( pardon , de l ouest ) A quant des responables entre guillemets de BRUXELLE prendront ils des positions sages , moderees et Adultes//////////// A quant l Amerique cessera de vous seduire , elle pose sa cr….. te et s en va comme si de rien etait ,,,,,,,Pas encore compris??????? alors c est incurable//////////

  2. Entre les grandes déclarations et la réalité,il peut y avoir un fossé!Ce qui est sûr est que cette élection va encore accentuer le chaos eurppéen mais avec quel résultat?Tout est possible et rien n’est prévisible!Le plus important serait que les amerlocs ne règlent pas à la place de l’ue ces difficultés comme ils vont à coup sûr essayer de le faire et l’ue risque fort de céder à nouveau avec l’appui de nombreux chevux de Troie dont ils disposent!Dans ce cas,l’Europe ne sera plus qu’une fiction et sera dirigée pays par pays par les ambassadeurs américains comme c’est déja le cas en Ukraine avec les conséquences que l’on sait.Seul un grand pays peut dire non aux amerlocs,la France en l’occurrence ce que de Gaulle avait compris et mis en oeuvre mais après Pompidou,tous les présidents se sont mis à plat ventre,preuve supplémentaire qu’une seule dcision,bonne ou mauvise a des conséquences à long terme!

  3. Il était prévisible que la politique étrangère de U E dictée par les anglo-saxons sous l’influence des USA parviendrait à terme à une fracture entre les pays de culture protestante et catholique et ceux de culture orthodoxe commencée lors de la guerre de Yougoslavie et prolongée dans l’affaire ukrainienne et l’on sent bien que les déclaration des nouveaux responsables grecques montre que l’enjeu n’est pas seulement économique mais aussi culturel et géostratégique qui s’inscrit dans un histoire de plus de mille ans auquel devrait s’ajouter l’opposition inéluctable entre le monde anglo-saxon et méditerranéen , on voit ici l’échec de la politique européenne de parvenir à rassembler les diverses cultures qui ont écrit son histoire au profit de la philosophie utilitariste anglo-saxonne prédominante dans la pensée unique globalisante qui nous est imposée
    Espérons que les peuples de l’Europe qui est née en Grèce , ce pays qui nous a donné l’idée de démocratie retrouve le chemin de la maison commune considérant les États Unis comme des amis Partenaires et non comme une métropole dont nous aurions à recevoir les ordres , rassembler ce qui est épars voilà l’unique mission que devraient se donner les responsables de l’UE en renouant des liens constructif avec la Russie qui est notre autre partenaire incontournable

  4. SYRISA a déjà signé avec l’UE pour les sanctions contre la Russie. Ça n’a pas duré longtemps l’illusion… Pôvres électeurs, encore floués par des menteurs…

  5. Sauf erreur de ma part, certains semblent l’avoir oublié.
    C’est un Religieux Grec qui a évangélisé la Russie. La Père Cyrille d’où, l’Alphabet Cyrillique
    commun à la Russie et la Grèce !

  6. Pas tout-à-fait:ce sont deux fréres grecs Saint Cyrille et Saint Methode qui ont évangélisé la Russie avant les schisme d’ailleurs et leur alphabet est très différent du grec malgré quelques ressemblances,foi d’un licencié en grec ancien,incapable de déchiffrer du ruse!

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