Crimée, sanctions, Ukraine… : Vladimir Poutine s’adresse à l’Assemblée fédérale

Jeudi 4 décembre, le président Vladimir Poutine a adressé son message annuel à l’Assemblée fédérale. En voici les grandes lignes.

Vladimir Poutine lors du message à l'Assemblée, jeudi 4 décembre. Crédits : Kremlin.ru
Vladimir Poutine lors du message à l’Assemblée, jeudi 4 décembre. Crédits : Kremlin.ru

Crimée

La Crimée revêt pour la Russie une valeur sacrale et civilisationnelle, à l’instar du mont du Temple à Jérusalem pour les Juifs et les musulmans.

Notre dossier complet sur la Crimée est à retrouver à cette adresse.

Ukraine

Chacun sait que la Russie non seulement a soutenu l’Ukraine dans son processus d’indépendance, mais aussi a contribué à ce qu’elle obtienne sa souveraineté. Notre position n’a pas changé depuis. Tout pays a le droit de construire son économie et de garantir sa sécurité. Et la Russie respecte cette position. Nous avons désapprouvé le coup d’État, c’est vrai – mais ce qu’on observe aujourd’hui en Ukraine prouve que nous avions raison.

Souveraineté

Si pour un certain nombre de pays de l’UE, la fierté nationale est une notion oubliée et la souveraineté un luxe, il s’agit, pour la Russie, de nécessités absolues. Nous serons souverains ou nous ne serons pas.

Séparatisme

Nous nous souvenons très bien de qui a soutenu le séparatisme tchétchène dans les années 1990. Nous nous souvenons de la façon dont les combattants tchétchènes ont été reçus en haut lieu : comme des combattants pour la liberté de la démocratie. Il était clair, alors, que plus nous ferions machine arrière, plus nous nous justifierons et plus nos opposants se comporteraient de manière agressive et arrogante. On aurait avec plaisir poussé la Russie dans un scénario à la yougoslave, afin de détruire notre gouvernement. Le soutien au séparatisme en Russie, qu’il soit médiatique ou financier, était manifeste. Mais nous ne nous sommes pas rendus. Nous n’avons pas permis que cela arrive.

Armée russe

Personne ne parviendra à une suprématie militaire sur la Russie. Nous avons une armée moderne, apte au combat, une armée polie, comme on dit aujourd’hui, mais redoutable. Nous préserverons notre souveraineté et l’identité de la Russie. Nous ne choisirons jamais de nous isoler nous-mêmes du reste du monde.

Élever un nouveau rideau de fer serait un signe de faiblesse, et nous, nous sommes forts.

Nous aspirons à avoir le plus grand nombre de partenaires, à l’Est comme à l’Ouest. Nous n’avons nullement l’intention de mettre fin à nos relations avec l’Europe et les États-Unis. Nous comptons utiliser l’énorme potentiel de la région Asie-Pacifique. À compter du 1er janvier 2015, l’Union eurasiatique entrera en fonctionnement. Et je suis persuadé que la coopération étroite en sera une partie très importante.

Rouble

Je demande à la Banque de Russie et au gouvernement de prendre des mesures fermes et coordonnées afin de dissuader les spéculateurs de jouer sur les fluctuations du cours de la monnaie russe.

Monde des affaires

Il faut supprimer au maximum les freins au business et renoncer au principe du contrôle total et sans fin. Chaque contrôle doit être public. L’année prochaine, nous mettrons en place un registre spécial où seront énumérées les organisations et les vérifications afin de mettre un terme aux visites des organes de contrôle non justifiées ou, pire, celles effectuées sur commande.

Évasion fiscale

Je propose une amnistie totale des capitaux qui reviendront en Russie. En déclarant son patrimoine et ses biens en Russie, la personne recevra la garantie juridique de ne pas être poursuivie ni contrôlée par les organes fiscaux.

Ports

Je propose que l’on octroie à Vladivostok et Sébastopol le statut de ports francs [zone portuaire non soumise au service des douanes, ndlr]. Le passage Nord doit enfin stimuler l’activité commerciale.

Démographie

Au début des années 2000, les experts de l’ONU soutenaient que la Russie connaîtrait une chute démographique, que nous ne serions plus que 136 millions en 2013. Nous sommes aujourd’hui 144 millions.

On observe, depuis deux ans, une croissance de la population russe.

En comptant Sébastopol et la Crimée, nous serons 146 millions en 2014. Cette année, la Russie a été pour la première fois considérée comme étant un « pays développé », avec une espérance de vie moyenne de 71 ans. Il faut que nous atteignions les 74 ans. Pour cela, je propose que nous placions l’année prochaine sous le signe de la lutte contre les maladies cardio-vasculaires, qui sont la première cause de mortalité dans notre pays.

Il s’agit de la vingtième adresse présidentielle à l’Assemblée fédérale. Cette intervention, prévue par la Constitution, doit servir à aborder la situation du pays, les questions intérieures et la politique extérieure. Y assistent, outre les parlementaires, les représentants des organes de justice, les gouverneurs des régions, les responsables religieux et des personnalités publiques.

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