Chute du rouble : le Festin en temps de peste

Que font les Russes quand le rouble perd chaque jour un peu plus de sa valeur et que leurs économies se déprécient à vitesse grand V ? Ils courent dans les magasins et achètent… des voitures, des bijoux ou des kilos de gruau de sarrasin. La revue Ogoniok analyse le comportement des consommateurs russes en temps de crise.

Centre commercial Gum, Moscou
Centre commercial Gum, Moscou

Les nouvelles du front économique ne laissent guère place à l’optimisme : selon les données du ministère du développement économique, notre pays sera en récession dès le premier trimestre de 2015 et l’économie pourrait « toucher le fond » à la moitié de l’année. Derrière ces termes économiques se cachent des conséquences funestes pour le citoyen lambda. Les revenus réels des Russes n’augmentent plus et, l’an prochain, ils chuteront d’au moins 2,8 %. Il semble que le mieux à faire, dans ce contexte, serait de mettre de l’argent de côté et d’attendre des lendemains meilleurs. Or, nous sommes face à un paradoxe : les Russes se sont mis à dépenser davantage pour tenter de sauver leurs économies de la dévaluation.

Une plaisanterie circule déjà, qui dit que les soldes d’hiver ont un mois d’avance en Russie. Les grands magasins d’électronique font état, pour certains articles, de 50 % d’augmentation de la demande ! Les clients achètent de petits appareils ménagers, mais aussi des objets plus encombrants. Les Russes raflent tout sur leur passage : des consoles de jeux aux smartphones et tablettes. Ils s’empressent d’acheter avant l’arrivée de la nouvelle année, synonyme d’augmentation des prix (de 20 à 30 %, selon différentes données).

On observe une affluence semblable dans les bijouteries. Et la demande a également augmenté sur le marché immobilier à Moscou et dans sa région. Dans la capitale, l’offre de logements neufs a baissé de 16,8 % en novembre par rapport au mois d’octobre. Pour les experts, cette baisse est due en grande partie à la dégradation de la conjoncture économique – les gens achètent des logements maintenant, avant que les prix n’augmentent.

La demande soutenue sur le marché de l’automobile est également éloquente. Les voitures partent comme des petits pains, du jamais vu : les gros concessionnaires ont vendu en novembre près de 50 véhicules par jour, contre une dizaine auparavant. Ici aussi, les Russes se dépêchent d’acheter avant le Nouvel An. Le prix des voitures augmentera certainement au 1er janvier 2015, ce qu’a d’ailleurs déjà confirmé l’Union des constructeurs automobiles russes.

Les Russes ne sont pas les seuls à raisonner selon le principe « Achète tant que c’est encore bon marché » : les Biélorusses se sont également précipités sur les automobiles vendues en Russie. Vu le taux de change, ils y gagnent plusieurs milliers de dollars !

À quel point ce comportement de consommation est-il justifié ? Les experts de l’École des hautes études en sciences économiques soulignent que les Russes ne disposent que d’une offre limitée d’instruments financiers fiables et durables. Les dépôts bancaires ne rapportent pas grand-chose et servent surtout à épargner. Les fonds communs de placement et les fonds de pension ne suscitent pas non plus l’enthousiasme. Ainsi, les citoyens aisés préfèrent ainsi investir dans l’immobilier. Mais cette stratégie comporte aussi ses écueils : le marché de l’immobilier est peu liquide et il faut du temps avant que la vente d’un appartement ne devienne rentable. D’autant que, selon les statistiques, la majorité des Russes achètent des appartements pour y vivre : seuls 5 % des ménages ont l’intention de les louer dans l’avenir.

Dans ce contexte économique, l’envie des Russes d’investir dans des objets dont ils pourront se servir longtemps est tout à fait naturelle et compréhensible – ils n’ont pas d’autre choix.

Mais, toujours selon les experts, la situation actuelle demeure alarmante : la part des dépenses alimentaires est de nouveau en hausse, ce qui est révélateur du mauvais état de l’économie. Dans les pays développés, cette part représente entre 15 et 17 % environ de l’ensemble des dépenses de consommation des ménages. Or, chez nous, elle a atteint ces derniers temps les 30 %.

« Deux solutions sont possibles : soit dépenser, ce qui n’est que partiellement sensé ; soit économiser, conclut Vadim Novikov, membre du Conseil des experts auprès du gouvernement de la Fédération de Russie. Si vous remettiez un achat important à plus tard, faites-le maintenant. Toutefois, ne dépensez pas toutes vos économies non plus – elles pourront encore servir. »

La Russie sera-t-elle confrontée à un déficit ? La question reste ouverte. La hausse des prix, elle, est en revanche tout à fait certaine.

7 commentaires

  1. J’en suis desolee – les russes meritent mieux que cela – ils sont courageux et je souhaite qu’ils gagnent face aux USA qui eux font marcher la planche à billets –

    1. Ne vous en faites pas, la Russie a déja gagnée, c´est la tactique comme d´habitude qu´utilise la Russie pour leurrer ses adversaires lorsqu´elle est attaquée, c´est aussi une technique de l´art martial qu´on appele le judo, on cache ses forces á l´adversaire et á la dernière, minute, sortir sa carte et abattre l´adversaire, vous savez que le Président Poutine est un champion de judo.

    2. Oui, espérons que les Russes s’en sortent. Ils le méritent face aux Américains impérialistes qui veulent décider pour toute la planète, et face aux dirigeants imbéciles de l’UE.

  2. On s’en reparlera dans trois mois.
    Poutine et la Russie se préparaient devant les menaces de l’Occident.
    La Russie a tellement d’amis hors occident et Amérique.
    Le bonne chose qui arrivera durant le temps des fêtes sera la facture salée que la France recevra.

    Joyeux Noel quand même, et courage comme nous savons que le peuple possède

  3. Il faut mettre en place un contrôle des prix sévère, taxer les investissement étrangers, créer de la monnaie via les investissement de bien de consommation, et cela fait, baisser drastiquement le prix du gaz à l’export pour mettre en péril les profits de l’ARABIE (meneuse du jeux américain)
    Faire appel aux BRICS pour faire jouer la solidarité monétaire de cette zone.

  4. Ce matin, J’ai reçu une publicité: par MONEY MORNING, qu’il interview l’expert connu, appuyé par RON PAUL, son nom est Jim Ricksrd, c’est celui qui a tout prévu depuis les 30 dernières années et qui prévoit une Grande dépression aux USA, pire que 1929.Aujourd’hui il affirme que les USA sont en dépression.

    Présentement: le taux réel de chômage est de 23% aux USA, la croissance est 0.03%
    Ce que le public sait: ( dans son document, il décrit la vraie dette) c’est que la banque fédérale a une dette de !7.5 trillions, que la dett non comptabilisée est de $127 trillions
    Que la réserve américaine n’est que de $56 milliards de dollars.
    Que personne ne connait la réserve d’or américaine à Fort Knox, que la valeur n’a pas été auditée depuis le temps de le Président Eisenhower.
    Plusieurs exigent de connaitre si il y a vraiment de l’or en réserve. à Fort Knox
    Il parle de l’or russe, de la puissante Chine, il dit que ces pays ont plus d’or qu’Ils le disent.
    vous pouvez lire sur jmrickardsprediction.com/hp-trans.php ou sur money morning`

    Le ballon gonflé va crever un jour

  5. je pense aussi et je l’espère que la RUSSIE a d’autres cartes en main et laisse croire à toutes ces balivernes de l’E.U et de l’effondrement du rouble, alors que les autres monnaies ne tiennent qu’à un fil ! je pense qu’il faut 2 monnaies à mon humble avis – je l’avais et le pense toujours pour l’EURO – les monnaies nationales pour les besoins de chaque pays, et une autre mondiale (virtuelle) face aux autres pays qui pourrait alors représenter les BRICS dans son ensemble et rendre une monnaie plus forte sur le marché – mais bon c’est mon avis ! bonnes fêtes à vous la RUSSIE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *