Vladivostok, capitale du rêve russe

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« Si la terre était plate, Vladivostok en serait le bout. Le bout du monde » : voilà comment m’avait été présentée la capitale de l’Extrême-Orient russe avant mon départ pour cette ville.  Mais à 9000 km de Moscou, entourée par la Chine, le Japon et l’océan Pacifique, je ne me suis pourtant jamais sentie autant en Russie qu’à Vladivostok.

Notre dossier complet sur Vladivostok

Pour la majorité des gens, Vladivostok se résume au terminus du Transsibérien, où l’on atterrit par accident, parce que l’on a perdu la notion du temps face aux paysages interminables de Sibérie et qu’on s’est laissé bercer par le rythme du train. Mais si la ville était effectivement fermée aux étrangers à l’époque soviétique puis a longtemps été ignorée par les nouvelles autorités capitalistes, Vladivostok, au cours des cinq dernières années, s’est littéralement métamorphosée, et semble aujourd’hui fin prête à assumer pleinement son rôle de leader de la région Extrême-Orient.

Lors de mon premier voyage à Vladivostok, en 2008, dans le cadre d’un échange scolaire, la première chose qui m’avait interpellée était cette unique route, cahoteuse, qui reliait l’aéroport au centre-ville. Quand j’y suis retournée, trois ans plus tard, ma vieille route défoncée était devenue une longue autoroute rectiligne à quatre voies… presque ennuyeuse. Le nouvel aéroport faisait la fierté des jeunes de Vladivostok, qui n’hésitaient pas à organiser leurs séances de photos de mariage devant le terminal international. Les monuments, bâtiments et façades avaient été restaurés et les rues nettoyées. Des étrangers débarquaient chaque semaine des quatre coins de monde dans le port, et une ambiance de fête envahissait la ville lorsque, le temps d’un weekend, deux cents marins mexicains ou cent touristes américains accostaient sur ses berges.

C’est pour accueillir en 2012 le sommet de la coopération Asie-Pacifique (APEC) que le port du bout du monde s’est ainsi modernisé si rapidement. Le gouvernement fédéral a mis les petits plats dans les grands et offert à la ville le plus long pont du monde, pour relier le continent à l’île Rousski qui, à terme accueillera les étudiants de l’Université d’Extrême-Orient.

Vladivostok commence ainsi à avoir « des airs de San Francisco » – comme l’avait souhaité le leader soviétique Nikita Khrouchtchev au retour de sa visite en Californie, en 1959. Et pourtant, je le répète – je ne me suis jamais autant sentie en Russie qu’à Vladivostok. Le made in China n’est pas plus omniprésent qu’ailleurs, et les Vladivostokois ne se sentent pas plus asiatiques que les Pétersbourgeois ne se sentent Moscovites. Si la ville, son économie et ses dirigeants se tournent de plus en plus vers la Chine et le Japon, les habitants restent fidèles à leurs traditions et sont fiers de la culture russe. Le borchtch a le même goût qu’ailleurs – voire meilleur –, les étudiants lisent Pouchkine et Gogol, et le russe, pour l’oreille d’un étranger, est identique à celui de la capitale.

« Mais comment peut-on être si proche de ses compatriotes lorsque 9000 km, neuf heures d’avion et sept fuseaux horaires vous séparent ? », ai-je un jour demandé à Marina, la mère de la famille d’accueil qui m’hébergeait. « Ce n’est pas nous qui sommes loin, c’est eux ! », m’avait-elle répondu sans hésiter. Par la suite, j’ai constaté qu’on pensait le contraire à Moscou. Question de point de vue. Il reste une seule évidence : la terre n’est pas plate, mais ronde.

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9 commentaires

  1. Trop bien, très bonne vidéo et excellent musique : je veux y aller ! Chez moi, on dit « de Brest à Vladivostok »… C’est ça l’Europe !

  2. Je lance un appel. Qui a des documents sur la rencontre RUSSE et FRAN9AISE en AUTRICHE Mon Père était de l’ Équipe du GÉNÉRAL BETHOUARE
    Merci écrit en Russe accepté.

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