Élections dans le Donbass : critiques occidentales, respect russe

Dimanche 2 novembre, les habitants des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, dans l’Est de l’Ukraine, ont élu leurs députés et dirigeants lors d’un suffrage très contesté par Kiev et Bruxelles.

Lougansk élections
File d’attente devant le bureau de vote n°24 à Lougansk. Crédits : Sébastien Gobert/FB.

Les résultats sont sans surprise. Après décompte de la totalité des bulletins, l’actuel Premier ministre et commandant en chef de la république de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko [vidéo ci-dessous], a été élu président avec 77,51 % des voix, alors que les habitants de la république voisine, Lougansk, ont confirmé à 63,4 % Igor Plotinitski dans ses fonctions.

Même constat pour les élections législatives, organisées parallèlement, à l’issue desquelles le mouvement citoyen République de Donetsk, dont Zakhartchenko fait partie, a pris la tête avec 64,43 % des voix recueillies, devant Donbass libre ( Svobodny Donbass, 27,75 % ). À Lougansk, le mouvement de Plotinitski Paix pour Lougansk (Mir Louganchtchine) a décroché 69,42 % des suffrages, devant Union économique de Lougansk (Louganski ekonomitcheski soyouz, 22,23 %) et Union populaire (Narodny soyouz, 3,85 %).

Les commissions électorales des deux républiques ont annoncé une participation d’environ 62 %, sur les quelques 3,2 millions d’électeurs qui étaient appelés aux urnes. À Donetsk, l’âge légal de participation a même été abaissé à 16 ans, et des bureaux de vote ont été organisés dans les camps de réfugiés ukrainiens en Russie.

File d’attente à Lougansk

Le scrutin n’a en revanche pas reçu autant de soutien sur le plan international. Opposée dès le départ à son organisation, l’Union européenne n’a pas attendu l’annonce des résultats pour fustiger ces élections, qu’elle considère comme un « nouvel obstacle à la pacification d’un territoire déchiré depuis des mois ». Selon la dirigeante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, ces élections étaient « contraires à la lettre et à l’esprit » des accords de pacification conclus en septembre, à Minsk, entre Kiev et les insurgés pro-russes.

Le gouvernement ukrainien a pour sa part qualifié ces élections de « farce, sous la menace des chars », alors que le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) a ouvert une enquête pénale contre leur organisation pour « actions visant à modifier ou renverser par la violence l’ordre constitutionnel ou à s’emparer du pouvoir ».

Alliée, la Russie a préféré faire profil bas, annonçant simplement qu’elle « respecte » les résultats, sans pour autant les reconnaître. « Les élus ont obtenu un mandat pour résoudre les problèmes pratiques, afin de rétablir une vie normale dans les régions », a indiqué pour sa part, sur son site internet, le ministère russe des affaires étrangères.

3 commentaires

  1. Le gouvernement de Kiev n’a pas plus de légitimité car issu d’un coup d’état comme on en voit en Afrique ou en Amérique Latine !!!! Là, la situation est urgente !!!!!!!!!

    1. Pouvez-vous me dire combien de pays ne reconnaissent pas le gouvernement de Kiev?
      Par contre je peux vous citer plus de 100 pays qui ne reconnaisse pas la Crimée Russe!

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