Grozny : cinq morts et treize blessés dans un attentat-suicide

Dimanche 5 octobre au soir, un kamikaze de 19 ans s’est fait exploser à Grozny, en Tchétchénie. Toutes les victimes de l’attentat sont des policiers.

Le kamikaze avait prévu de se faire exploser pendant le concert sur la place au pied de la mosquée d'Akhmad Kadyrov.
Le kamikaze avait prévu de se faire exploser pendant le concert sur la place, au pied de la mosquée d’Akhmad Kadyrov. Crédits: Evgueni Sazonov

« Dimanche soir, un concert devait avoir lieu à Grozny à l’occasion de la Journée de la ville. Les policiers qui se trouvaient près d’un portique de détection d’armes, à proximité de la salle de concert, ont remarqué un jeune homme suspect. Lorsqu’ils ont voulu le fouiller, il a actionné un engin explosif », indique le service de presse de l’administration municipale.

Le ministère tchétchène de la Santé rapporte que cinq policiers ont été tués et treize autres blessés. « Au prix de leur vie, ces agents ont sauvé celles des milliers de personnes qui se rendaient au concert », a souligné le ministre russe de l’intérieur Vladimir Kolokoltsev, cité par l’agence ITAR-TASS. « Parmi les blessés, trois ont été touchés par des éclats d’obus, tandis que les dix autres souffrent de commotions cérébrales et blessures sans gravité », a précisé le représentant du ministère de la Santé de la république.

Le Comité d’enquête russe a identifié le kamikaze : il s’agit d’un habitant de Grozny, Apti Moudarov, âgé de 19 ans. Il avait quitté le domicile familial il y a deux mois, laissant ses proches sans nouvelles.

Cet attentat survient en un jour hautement symbolique pour la république de Tchétchénie, qui célébrait les 195 ans de sa capitale, l’anniversaire de son président Ramzan Kadyrov ainsi que celui de l’élection du premier président tchétchène, Akhmad Kadyrov, victime d’un attentat-suicide le 9 mai 2004. L’événement arrive en outre au moment de la fête musulmane de l’Aïd al-Kabïr, lors de laquelle il est interdit aux musulmans de répandre le sang et de faire la guerre.

« Cette attaque coïncide spécialement avec des dates importantes, et elle est dirigée personnellement contre Ramzan Kadyrov : on lui signifie que le combat contre le chef de la république continue », analyse le directeur du Centre de politique caucasienne moderne, Igor Sopov.

Quelques heures après l’explosion, le chef de la république tchétchène a déclaré qu’une attaque terroriste majeure avait été évitée. « Les Wahhabites voulaient montrer qu’ils sévissent encore sur notre terre, mais nous leur prouverons qu’ils n’ont leur place ni en Tchétchénie, ni ailleurs. Nous allons les détruire, où qu’ils se trouvent. Cet incident n’a pas affecté la situation en Tchétchénie, qui reste stable et entièrement sous le contrôle des forces de l’ordre » a-t-il affirmé.

Selon des experts interrogés par le quotidien russe Lenta.ru, cette tentative de perturber un événement de masse aussi important que la Journée de la ville pourrait marquer le début d’un nouveau cycle de violence dans le Caucase. Pour le politologue Aleksandr Vorobiev, l’objectif est ainsi certainement de déstabiliser tout le nord de la région.

Rappelons que la partie nord du Caucase, au sud-ouest de la Russie, est régulièrement le théâtre d’attentats perpétrés par des groupes islamistes armés. Le dernier remonte à décembre 2013, soit un mois avant les Jeux olympiques de Sotchi, lorsque des kamikazes s’étaient fait exploser à la gare et dans un trolleybus de Volgograd, causant 34 morts et plus de 60 blessés. Le groupuscule terroriste Ansar-al-Sunna, dirigé par Dokou Oumarov, avait revendiqué les deux attentats-suicide un mois plus tard, dans une adresse vidéo.

 

2 commentaires

  1. Les fondamentalistes islamiques sont de la vermine qu’il faut détruire partout dans le monde. Vladimir Poutine l’a bien compris, alors que François Hollande beaucoup trop faible, s’en tient à des considérations humanistes d’un autre temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *