Mistral : touché mais pas coulé

Le communiqué publié par la Présidence française mercredi 3 septembre à l’issue d’un Conseil restreint de défense précisant que « les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC ne sont pas à ce jour réunies » a suscité de nombreuses réactions.

People hold Ukrainian flags and placards during a demonstration against a contract to deliver the Mistral-class helicopter carrier Vladivostok warship to Russia, at the STX Les Chantiers de l'Atlantique shipyard site in Saint-Nazaire
Manifestation contre la livraison des Mistral à la Russie devant le Vladivostok à Saint-Nazaire, le 7 septembre. Crédits: Stéphane Mahe/Reuters

En France, la classe politique – de Jean-Luc Mélenchon à Marine le Pen en passant par l’UMP – a dans l’ensemble critiqué la décision de François Hollande, le PS et les Verts – réconciliés pour l’occasion – faisant exception. Les États-Unis se sont félicités de cette décision, de même que les autres États (Suède, Pologne, pays baltes, etc.) opposés de longue date à la livraison du Mistral à la Russie. Pavlo Klimkine, le ministre ukrainien des affaires étrangères, a quant à lui remercié les autorités françaises via Twitter. Alors que la machine médiatique s’emballait pour se réjouir ou déplorer la décision de l’Élysée, les autorités russes gardaient leur calme. Sans doute parce qu’elles avaient lu attentivement le texte, ambigu à dessein.

La France, même si elle n’a pas la même lecture que les Américains des événements militaires dans le Donbass depuis le 25 août montre qu’elle tient naturellement compte de la situation en Ukraine

La position française sur le Mistral a-t-elle évolué ? En réalité, aucunement. Soumise dès le mois de mars aux assauts convergents des atlantistes de tous horizons, la France – d’abord par la voix du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian – a alors fait savoir que le sujet était clos jusqu’en octobre, date prévue de l’achèvement de la construction du premier BPC, le « Vladivostok ». La France prendrait alors une décision. Le communiqué du 3 septembre ne préjuge en rien du choix de Paris qui, si l’on en croit des sources diplomatiques françaises, interviendra début novembre. En d’autres termes, rien n’a changé. Pourquoi alors s’exprimer sur le sujet, contrairement à la ligne arrêtée après l’annexion de la Crimée en mars ? Pour au moins deux raisons. D’une part, parce que la France, même si elle n’a pas la même lecture que les Américains des événements militaires dans le Donbass depuis le 25 août montre qu’elle tient naturellement compte de la situation en Ukraine. D’autre part, parce que la France n’a jamais été soumise à de telles pressions de la part de ses alliés depuis 1995 et la décision de Jacques Chirac de reprendre les essais nucléaires. En l’occurrence, les demandes allemandes ont sans doute pesé plus lourd que les démarches américaines. À la veille du sommet de l’OTAN, la France ne voulait passer pour le mauvais élève de la classe. Enfin, le communiqué de l’Élysée vise aussi probablement à envoyer un signal à la Pologne, où le ministre français de la défense s’est rendu fin août pour parler, entre autres, contrats d’armement. Il n’est pas anodin que la page d’accueil du site internet de l’ambassade de France à Varsovie s’ouvre sur le fameux communiqué du 3 septembre.

En résumé, la France honorera ses engagements à condition que les hostilités cessent en Ukraine. Au vu des développements récents et de la réunion de Minsk, l’hypothèse d’un cessez-le-feu est crédible, même si l’on ne peut exclure une rechute ou des escarmouches sur le terrain durant l’automne. Il nous paraît en revanche peu probable que la France bloque la livraison dans le cas d’un cessez-le-feu qui ne serait pas assorti d’un règlement politique en Ukraine (peu vraisemblable d’ici novembre). Comme le faisait remarquer récemment un haut responsable du ministère français de la défense à un collaborateur de l’Observatoire franco-russe : « Il est inutile de payer des billets d’avion aux commerciaux de la DGA si l’on ne livre pas le Mistral aux Russes ».

6 commentaires

  1. Il y a un contrat commercial qui doit être honoré. La France va-t-elle prendre le risque d’être un « mauvais » fournisseur vis à vis des autres pays? Le froid va arriver, cela devrait faire réfléchir notre François, est-il assez stupide pour ramper devant Merkel et Obama? Mais que lui ont-ils promis?

    1. Contrat doit être honore ?! et l`agression aussi ?!!!
      Les russes ,eux honorent rien du tout , pas plus les français !

      Et évasion russe aussi honore ???!!!
      On ne voit pas d`ici ? Trop loin ?!!! Venez regardez nos gens,des ukrainiens tues … avec des traces des tortures,avec les doigts,mains coupes,avec les ventres coupes …Jamais vu ?! C`est parce que vous voyez le Mistral monsieur-dame!!!!

  2. Vous, Vous voyez coté ukrainien , mois je vois coté russe. Les actes de tortures ont été pratiqués sans doute dans les deux sens, bien plus affreux pratiqués par les ukrainiens guidés par les partis fascites, nationalistes et par les soldats américains déguisés en soldats ukrainiens……et qui a écrasé avec son char un enfant de 5 ans ? c’était bien un char ukrainien !!!!! et il y a eu des milliers de tortures que l’on n’a pas montré sur les chaines de l’EU. C’est grave !!! C’est très très grave de se réjouir du mal !!!!! Un jour le monde sera puni s’il ne reconnait pas ces injustices, et s’il ne se repend pas !!! Dieu voit tout !!!!!!

  3. Pas de Mistral égal remboursement et plus de contrats donc chômage aux chantiers navals ! Je pense que le Mistral sera donné et le second construit en France !!! Hollande est certainement fou mais pas con au point d’aplatir un peu plus la France !!!!!!!!!!

  4. Quand j’etais mome il y des Mistrals certains étaient gagents (Caramel mou) aujourd’ hui la boite est vide comme la matière grise de ceux qui nous gouvent.
    A vos tirelires KAMARADES

  5. Bonjour,
    Dire que la Russie détient les cartes en Ukraine est un postulat, rien de plus:il n’y aucune preuve que la Russie, son armée soit en Ukraine.Baser la décision de livrer ou pas sur ce mensonge est une grosse fumisterie et un foutage de gueule monstre:ils nous prennent vraiment pour des cons…
    Et il semble qu’à force de déblatérer ce mensonge, il soit devenu une vérité.
    Incroyable.Mais les USA ont l’habitude de cette manière de faire:ils ne font jamais autrement:transformer un mensonge honteux en vérité, pour se faire, ils soudoient les proprios des médias:facile car ces gens là sont corruptibles, soudoyables à merci, ainsi que leurs salariés…..presque tous……

    Mon grand-père a glissé sur une peau de banane, je suis sûr que c’est de la faute de la Russie et si elle ne fait rien, (couper tous les bananiers du monde) alors, c’est bien qu’elle est coupable!

    J’aimerai dire au journalistes qu’ils se trompent d’orientation la plupart du temps:ils devraient faire secrétaire…
    Bon, c’est sûr que du coup ils ne peuvent plus rêver d’être invités au Siècle!!parmi les bobos botoxés, bouffis de cholestérol.
    Bon, y z’ont qu’à faire serveurs ou femme de ménage, ils y seront quand même au Siècle!!
    Une vocation, ça se refuse pas….
    Larbins tu es, larbin tu restera.

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