Augmentation du prix des denrées alimentaires à Moscou : tendance ou sanctions ?

La hausse des prix alimentaires n’a rien à voir avec la guerre des sanctions qui oppose la Russie et l’Occident à cause des événements en Ukraine : c’est comme ça dans le monde entier, estime le maire de Moscou, Sergueï Sobianine. 

Prix Moscou« Il existe une tendance manifeste à la hausse des prix, a précisé Sobianine sur les ondes de Vesti FM. Dans une grande mesure, ce n’est pas lié aux limitations sur l’import des productions européennes. Le phénomène est mondial et a commencé significativement plus tôt, dès le début de l’année. »

Un peu plus tôt, le Kremlin fournissait une explication similaire de la hausse des prix en Russie. « Effectivement, les prix ont augmenté dans notre pays, avait déclaré l’adjoint du président Andreï Belooussov, le 13 septembre. Seulement, je peux vous dire que cela n’a aucun rapport avec les réponses aux sanctions occidentales, parce que les prix augmentaient déjà avant que nous ayons adopté tout ça. »

Selon l’adjoint de Vladimir Poutine, la hausse des prix est principalement liée à celle des aliments pour le bétail. Belooussov a admis que les prix avaient sérieusement augmenté sur les produits laitiers et la volaille, notant, toutefois, que « tout cela – toute cette vague d’augmentation – est arrivé avant le milieu de cette année ».

Rappelons que Poutine lui-même, dès la fin août, avait annoncé que la hausse des prix sur une série de produits alimentaires en Russie était provoquée par un ensemble de raisons objectives, pas toujours liées à l’introduction de l’embargo, mais qu’il y en avait aussi des subjectives. « Les chaînes commerciales et certains producteurs et revendeurs, se référant à certaines limitations liées à notre décision d’interdire l’import de production alimentaire en provenance des pays européens et de certains autres, augmentent artificiellement les prix », avait alors indiqué le président.

La présidente du Conseil de la Fédération Valentina Matvienko avait émis, le 10 septembre, une opinion semblable : la hausse des prix observée ces derniers temps dans une série de régions de Russie n’est pas liée directement à l’introduction de l’embargo alimentaire, mais simplement des commerçants malhonnêtes qui tirent profit de la situation.

Parallèlement, le Service fédéral anti-monopole a estimé qu’en deux semaines seulement après l’introduction par la Russie de l’embargo sur l’import de produits alimentaires en provenance des pays qui soutiennent les sanctions contre la Fédération, la viande avait augmenté de 20 à 40 %. Les fruits et légumes arrivent en deuxième place en terme de hausse des prix et, en troisième position, on retrouve le lait et les produits laitiers, les fromages et le beurre.

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