Welcome to Alabouga: le Tatarstan inaugure sa première école internationale

La première école internationale de la république du Tatarstan a été inaugurée le 5 septembre dans la zone économique spéciale d’Alabouga. Reportage.

« Nous vivons à une époque où les entreprises font beaucoup d’efforts pour attirer les talents », entame Timour Chaguivaleev, directeur général de la zone économique spéciale d’Alabouga. Afin de faire venir les meilleurs d’entre eux ici, au Tatarstan, la direction de la zone économique a créé, avec le soutien de l’administration régionale, une école internationale pouvant accueillir 350 enfants.

« Beaucoup de spécialistes étrangers travaillant à Alabouga sont contraints de faire l’aller-retour tous les week-ends à Moscou, où est installée leur famille et où sont scolarisés leurs enfants, explique Timour Chaguivaleev. Nous espérons que l’ouverture de cette école internationale leur permettra de s’installer définitivement à Alabouga et de profiter ici de tout le confort nécessaire. »

L’école des Trois ours (« Tri medvedia ») a ouvert ses portes le 1er septembre et accueille, pour l’heure, des enfants de trois à six ans. La plupart d’entre eux viennent des villes et villages voisins, quelques-uns sont ces fameux enfants de spécialistes étrangers travaillant sur place. Les élèves suivent le programme international du Cambridge certificate, assuré par deux instituteurs par groupe, un Russe et un anglophone. Outre des salles de classe remarquablement équipées, l’école possède un terrain de foot et deux piscines. Des logements confortables sont également prévus pour les enseignants, situés à cinq minutes de marche de l’école.

Équipement performant et enseignants expérimentés

« Les conditions ici sont fantastiques, je n’ai jamais rien vu de tel : ni à Moscou, ni à Londres ! », se félicite David O’Brien, le directeur de l’école. Originaire de Grande-Bretagne, il a travaillé 17 ans à la British International School de Moscou en tant qu’enseignant et responsable des programmes scolaires avant de s’installer à Alabouga. L’enseignant insiste particulièrement sur le niveau d’équipement technologique de l’école. Toutes les salles de classe sont munies de tableaux interactifs, celles dédiées à la physique et à la chimie disposent d’un équipement extrêmement performant pour les expériences. Le directeur envisage de faire bientôt l’acquisition d’un iPad pour chaque élève. Les manuels scolaires, commandés en Grande-Bretagne, doivent être livrés dans les jours qui viennent. En tout, la zone économique spéciale a investi 400 millions de roubles (environ 8 millions d’euros) dans ce projet d’école internationale. Si le coût de la scolarité ne dépasse pas aujourd’hui 15 000 roubles par mois (environ 304 euros), il devrait atteindre 20 000 dollars par an d’ici deux ans.

Embauché en juillet 2014, Mr O’Brien n’a eu qu’un mois pour constituer son équipe pédagogique. Mais malgré ces délais très serrés, le directeur a réussi son pari, avec l’aide du département des ressources humaines de la zone économique : l’école n’emploie aujourd’hui que des enseignants hautement qualifiés avec plusieurs années d’expérience, dont quatre anglophones natifs. Devine Bassalo, originaire des Philippines, est l’une d’entre eux. Mme Bassalo a travaillé, au cours de ses 11 années d’expérience, dans une école anglaise au Vietnam, à l’école américaine de Macao et dans une école internationale à Moscou. Elle parle tchout-tchout (« un petit peu ») russe, ce qui lui permet de communiquer avec les parents d’élèves, qui sont, pour le moment, presque tous russes. « Les parents apprécient beaucoup que je parle le russe, confie-t-elle, c’est important pour eux de pouvoir communiquer avec l’enseignant sur les problèmes de leurs enfants – une allergie, par exemple. » Mme Bassalo tient particulièrement à ce contact direct avec chaque parent d’élève et, si des difficultés de communication surviennent, un assistant russophone est toujours là pour l’aider.

École start-up

Pour sa collègue Shannon Cribbin, originaire d’Irlande, c’est la première fois en Russie. Avant d’être repérée par un chasseur de têtes à Londres, elle a travaillé plusieurs années à l’école américaine d’Abou Dabi. L’enseignante confie n’avoir pas pu résister à cette invitation de venir travailler au Tatarstan, même si elle était satisfaite de sa vie à Londres : « C’est une belle opportunité, pour moi, de participer à la création d’une école start-up », précise-t-elle.

Shannon ne parle pas encore russe, mais elle ne voit pas là un problème : « Dans ma classe à Abou Dabi, j’avais des enfants de 18 nationalités différentes : de Corée jusqu’au Pérou en passant par l’Europe !, explique-t-elle. Je suis habituée : à cet âge-là, les cerveaux des enfants sont de véritables éponges : ils apprennent très rapidement. »

C’est également ce qu’espèrent les parents. Alsu, professeur d’anglais et mère d’un petit garçon de quatre ans, estime que l’école internationale est une merveilleuse opportunité pour sa famille : « On m’a dit que mon fils commencerait déjà de parler anglais dans six mois », se réjouit-elle. Les 15 000 roubles par mois de scolarité équivalent à la moitié du salaire de son mari, mais Alsu est convaincue que c’est un bon investissement dans l’avenir de leur fils. Quant aux perspectives de travail dans la région, Alsu pense qu’il est tout à fait possible de rester et de gagner sa vie correctement ici, au Tatarstan – d’autant que la zone économique spéciale se développe très rapidement.

Ce sont les mêmes motifs qui ont poussé Yana à changer d’école pour son fils de cinq ans : « J’apprécie vraiment le fait que tous les enseignants viennent de l’étranger, confie la jeune femme. Ce qui me plaît ici, par rapport aux autres écoles, c’est l’approche individuelle que pratique l’équipe pédagogique. J’aime beaucoup ce que je vois à travers la petite fenêtre de la salle de classe ! »

La zone économique spéciale d’Alabouga a été créée en 2005 dans la ville d’Elabouga, en république du Tatarstan, afin de faciliter la coopération entre les sociétés russes et étrangères dans le domaine de l’industrie. Avec ses 2 000 hectares de superficie, c’est une des plus grandes zones économiques de Russie.Les résidents de la zone sont exempts des taxes foncières, de propriété et de transport pendant les dix premières années de leur installation, à compter de leur premier bénéfice. Ils ne paient que 2 % d’impôt sur le revenu pendant les cinq premières années, puis 7 % sur les cinq ans suivants, et 15,5 % jusqu’en 2055. Les résidents disposent également de l’accès gratuit à toute l’infrastructure de la zone : gaz, eau, électricité, chauffage. Ils ne sont pas soumis aux taxes d’importation ni à la TVA s’ils font venir de l’équipement pour leurs usines de l’étranger. Alabouga a été classée au top-40 des meilleures zones économiques spéciales du monde, établi par le Foreign Direct Investment Magazine du Financial Times.La zone économique spéciale d’Alabouga accueille actuellement 42 résidents, dont Air Liquide, Saint-Gobain, Ford Sollers, Rockwool, Saria, Belaya Datcha, Armstrong et bien d’autres.

1 commentaire

  1. Je trouve bien dommage cette anglicisation . Moi qui vit au Québec , j’en vois une conséquencenégative :l’assimilation à long terme des Québecois par la langue du conquérant. Un jour , la langue française sera perçue comme inutile ici ;quand une majorité de mon peuple sera
    bilingue , ilsera trop tard . Notre richesse culturelle sera au musée . L’anglofolie ambiante mondiale actuelle finira bien par finir . Vite , passons au mandarin , mettant fin ainsi à l’impérialisme culturelle anglohone , cette détestation incroyable . Le trilinguisme est beaucoup moins dangereux pour un peuple .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *