Sanctions, embargo : la Chambre de commerce franco-russe se veut rassurante

Sanctions européennes et américaines et contre-mesures russes : prises entre deux feux, de nombreuses compagnies françaises et russes se sentent aujourd’hui menacées. Afin d’éclaircir la situation et de discuter des conséquences éventuelles qu’entraîneront ces décisions, l’Observatoire franco-russe et la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR) ont tenu une conférence à Moscou. Le Courrier de Russie vous en retrace les grandes lignes.

CCIFR sanctions
De gauche à droite : Fedor Loukianov, Arnaud Dubien, Frédéric Mondoloni, Emmanuel Quidet, Evgueni Gavrilenkov et Pavel Chinsky

Le peu de places libres dans la salle en témoigne : la guerre des sanctions entre la Russie et l’Occident inquiète. Il faut dire que les sanctions à l’encontre de la Russie et les mesures de rétorsion russes qui ont suivi ont déjà eu, d’après la CCIFR, des répercussions négatives pour certaines entreprises russes et françaises.

Une situation alarmante dont l’Europe pourrait se passer, insiste Emmanuel Quidet, président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR). « L’Europe se tire une balle dans le pied, annonce-t-il d’emblée. Les États-Unis peuvent se permettre de prendre des sanctions, puisque leur commerce avec la Russie représente à peine 18 milliards d’euros, soit moins d’un dixième de celui que l’UE a avec la Russie. Si la situation ne s’améliore pas, ce sont environ un demi-million d’emplois qui sont menacés en France et Allemagne, sans parler des autres pays. »

Frédéric Mondoloni, chargé d’affaires à l’ambassade de France à Moscou, acquiesce : « Nous sommes devant la crise la plus grave que l’on ait connue depuis la Guerre froide, annonce-t-il, peu rassurant, avant de justifier la position de la France dans le dossier. Mais nous ne pouvons pas rester sans rien faire face aux violations qui ont eu lieu avec l’annexion de la Crimée et l’ingérence de la Russie en Ukraine », soutient-il, s’empressant de rappeler que « les sanctions pouvaient être levées à tout moment ». « Fermeté ne signifie pas fermer le dialogue », précise le chargé d’affaires.

M. Mondoloni ne cache pas, par ailleurs, que les mesures prises par l’Union européenne « coûtent à la France ». « La Russie est le troisième marché de la France. Le montant annuel des échanges franco-russes s’élève à 19 milliards euros », rappelle-t-il.

En revanche, les sanctions européennes et américaines n’ont pas eu d’impact important sur l’économie russe, assure Evgueni Gavrilenkov, économiste en chef chez Sberbank CIB. « Il y a eu un effet. Cependant, le ralentissement de la croissance russe est lié non aux sanctions mais à la politique interne. Cette diminution, relevée avant la prise de mesures punitives contre la Russie, est principalement liée à la baisse de la consommation en Russie », insiste M. Gavrilenkov, prévenant toutefois que les sanctions financières à l’encontre de compagnies russes risquent de provoquer une diminution des investissements de ces dernières à l’étranger.

En bref, on ne peut mettre sur le dos des sanctions tous les maux économiques de la Russie. « La crise économique avait commencé bien avant la prise de ces mesures punitives », confirme Emmanuel Quidet. Pour le président de la CCIFR, cela ne fait aucun doute : « Il faut produire ici et non exporter, martèle-t-il. La Russie n’est pas un pays risqué, notre avenir passera forcément par un développement des liens entre nos deux pays. »

Le 1er août dernier, les États-Unis et l’Union européenne ont adopté un nouveau train de sanctions économiques à l’encontre de la Russie. En réponse, la Fédération russe a publié, le 7 août, une liste de produits en provenance des États-Unis, d’Union européenne, d’Australie, du Canada et de Norvège désormais interdits d’entrée sur son territoire.

Jeudi 28 août, le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel se sont dit prêts à examiner la possibilité d’introduire une nouveau volet de sanctions contre la Russie.

3 commentaires

  1. On notera en passant le faux prétexte avancé par le fonctionnaire français (M. Mondoloni pour justifier l’injustifiable de la politique mesquine des sanctions. L’UE dont on a prétendu qu’elle était facteur de paix, veut punir la Russie d’avoir repris son bien, la Crimée, un bien volé à la Russie par un SG ukrainien du PCUS et recelé depuis par l’Ukraine. Bien mal lui en a prit. A présent elle s’en mord les doigts.

  2. oui oui la diplomatie française nous annonce de nouvelles mesures a l’encontre de la Russie , nos producteurs sont fiers d’être français tout va bien pour eux ,je pense que généreusement l’administration fiscale va proposer un report d’impôt avant leur fermeture prochaine .le changement c’est maintenant Ha! mais .

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