Quatre restaurants McDonald’s fermés à Moscou

Mercredi 20 août, quatre restaurants de la chaîne américaine de restauration rapide McDonald’s ont été provisoirement fermés à Moscou pour violations sanitaires. Décision politique ou simple contrôle ?

Mcdonald's Russie Moscou
Le premier McDonald’s sur Bolchaïa Bronnaïa après son ouverture le 31 janvier 1990. Crédits : image d’archive

« De nombreuses violations des normes sanitaires ont été enregistrées lors d’une inspection des restaurants McDonald’s à Moscou les 18 et 20 août 2014 », a indiqué mercredi le Service fédéral russe de contrôle pour les droits des consommateurs Rospotrebnadzor, sans pour autant préciser les griefs retenus contre l’enseigne. Résultat, l’activité des restaurants situés sur prospekt Mira, sur la place centrale du Manège, sur la rue Bolchaïa Bronnaïa et sur l’avenue Svobodni prospekt a été temporairement suspendue.

La chaîne McDonald’s a confirmé la suspension d’activité de ces quatre établissements moscovites sur son site internet, indiquant étudier les faits qui lui sont reprochés afin de « rouvrir ces restaurants le plus vite possible ». « Nous ferons tout notre possible pour poursuivre avec succès les activités de notre compagnie en Russie », peut-on lire dans le communiqué officiel.

Une tâche qui risque de n’être pas si simple. Le Parquet a d’ores et déjà ouvert une enquête pour violations administratives contre la chaîne et devrait très prochainement présenter ses réquisitions au tribunal, qui décidera du délai d’interdiction du travail des établissements, délai qui pourrait aller jusqu’à 90 jours maximum. De son côté, Rospotrebnadzor entend continuer les contrôles à Moscou, qui recense 160 restaurants McDonald’s, mais également dans les régions russes. Selon un haut fonctionnaire interrogé par le quotidien russe Kommersant, cette vague de contrôles a été commandée par le gouvernement. « C’est pour cela que les établissements ont été fermés sur-le-champ, alors que suite à un contrôle de routine, on doit simplement donner un avertissement faisant état des infractions relevées », a commenté le fonctionnaire.

Y-aurait-il un lien entre ces fermetures et l’embargo alimentaire, entré en vigueur le 7 août dernier, qui interdit l’importation en Russie de certains produits alimentaires en provenance notamment des États-Unis ? Que nenni !, affirme le fonctionnaire cité par Kommersant, rappelant que les distributeurs de McDonald’s Russie sont des compagnies locales, telles Belaïa Datcha – distributeur exclusif en légumes (30-40 % de leur production est livrée à la chaîne, selon le propriétaire de la compagnie Viktor Semenov) et Miratorg – fournisseur des steaks, dont 20 % de la production est destinée à McDonald’s.

Cette mesure d’interdiction a en réalité, selon le directeur du cabinet de conseil Restcon Andreï Petrakov, une portée symbolique. « Il s’agit avant tout d’un acte d’intimidation – afin qu’aucun ennemi ne se trouve aux portes du Kremlin », estime-t-il. Ce à quoi Andreï Vasioutkine, directeur du département analytique de la compagnie de conseil Magazin Magazinov, ajoute un coup de « mauvaise com’ » pour McDonald’s. « Certes, les établissements de Bolchaïa Bronnaïa et de la place du Manège sont les plus rentables pour la chaîne, mais le vrai impact de leur fermeture n’est pas tant financier : cette décision entache l’image même de la compagnie », soutient-il.

Le premier restaurant McDonald’s avait ouvert ses portes en 1990 sur Bolchaïa Bronnaïa. La chaîne en recense aujourd’hui 435. En 2013, les recettes des deux filiales du géant américain en Russie, Moskva-McDonald’s et OOO-McDonald’s, s’élevaient respectivement à 13,3 et 50,1 milliards de roubles (environ 275 millions et 1,039 milliards d’euros), selon les données d’Interfax. Le montant des pertes journalières liées à la fermeture des quatre établissements moscovites est évalué à 5 millions de roubles (environ 104 mille euros).

Aucune autre grande chaîne de restauration rapide n’est pour le moment concernée par ces contrôles sanitaires. Subway, numéro un sur le marché russe avec 693 établissements, fonctionne sur un système de franchises : les restaurants sont gérés par des entrepreneurs locaux. Quant à l’enseigne Burger King et ses 225 restaurants, elle compte parmi les propriétaires de sa master-franchise la banque russe VTB-Capital, détenue à 60 % par l’État russe, fait remarquer Kommersant.

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