Le Puy du Fou, bientôt russe ?

Le Puy du Fou, un des quatre plus importants parcs de loisirs français, pourrait s’implanter bientôt en Russie, avec l’ouverture de deux sites thématiques à Moscou et en Crimée.

Le spectacle au Puy du Fou. Crédits: Wikimedia
Le spectacle au Puy du Fou. Crédits: Wikimedia

Le 15 août, à Yalta, lors d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre de Crimée Sergueï Axionov, l’homme d’affaires russe Konstantin Malofeev et le créateur du Puy du Fou Philippe de Villiers, ont signé un protocole d’accord russo-français prévoyant la construction d’un parc de loisirs en Crimée d’ici 2019.

« Il s’agit de construire non un parc français, mais bien un parc russe : en Crimée et pour la Crimée », a insisté M. de Villiers. À l’en croire, cette signature inaugure une nouvelle étape pour les Français et les Européens souhaitant investir en Russie.

Le projet du « Puy du Fou russe » a été salué par Vladimir Poutine. « Vous avez créé l’un des plus célèbres parcs historiques de France, et nous nous réjouissons que vous vous apprêtiez à monter des sites de ce type en Russie. Nous vous aiderons volontiers », a déclaré le chef d’État russe lors de la rencontre. Le ministre russe de la culture Vladimir Medinski a également approuvé l’idée : « Si le Disneyland parisien peut être comparé à un McDonald’s, le Puy du Fou sera à la hauteur d’un restaurant de grande cuisine française », a-t-il déclaré.

De son côté, le premier ministre criméen Sergueï Axionov a assuré que sa région avait un très vif intérêt à développer des projets de grande envergure visant à améliorer son potentiel touristique et que les autorités locales feraient faire tout leur possible afin que « les investisseurs européens se sentent à l’aise ici ».

« Nous sommes venus poser un acte de paix »

Philippe de Villiers avec Vladimir Poutine @PhdeVilliers / Twitter
Philippe de Villiers avec Vladimir Poutine @PhdeVilliers / Twitter

Plus tard dans la journée, Philippe de Villiers s’est entretenu personnellement avec Vladimir Poutine au Palais d’été des tsars de Yalta. « Les sanctions sont des actes de guerre, et les coopérations sont des actes de paix. Nous sommes venus ici poser un acte de paix », a souligné l’homme d’affaires français. M. de Villiers a assuré le président russe que les Européens ne pensaient pas tous comme leurs dirigeants : « Beaucoup d’Européens veulent sortir de l’engrenage des sanctions, à commencer par les agriculteurs, a-t-il confié. Il n’y a pas d’avenir de l’Europe sans la Russie. » L’homme d’affaires français a en outre fait part de l’intention de la société Puy du Fou International de travailler avec des conseillers historiques russes afin de garantir une interprétation exacte de la guerre russo-française de 1812 dans le futur parc de Moscou.

@PhdeVilliers / Twitter
@PhdeVilliers / Twitter

Baptisé Tsargrad, le parc de loisirs historique s’étendra sur une surface de 60 hectares en Crimée, même si l’on ne sait pas encore où précisément. Le coût total du projet est estimé à 4 milliards de roubles, soit près de 83 millions d’euros. Konstantin Malofeev, président du fonds d’investissement Marshall Capital et du fonds de charité Basile le Grand, y a confirmé sa participation en tant qu’investisseur principal. Cet homme d’affaires « responsable », comme l’a qualifié Philippe de Villiers, est interdit de séjour en Europe et au Canada. L’Union européenne et le Canada l’ont en effet inscrit cet été à la liste des individus visés par leurs sanctions. Selon les responsables européens, Malofeev serait « étroitement lié aux séparatistes ukrainiens de l’Est de l’Ukraine et de Crimée ». Mais les élites économiques occidentales seraient moins unanimement hostiles que leurs dirigeants à la personnalité de l’homme d’affaires russe : « Mes partenaires français n’approuvent pas la politique des sanctions à l’encontre de la Russie », a notamment déclaré Malofeev au quotidien russe Vedomosti.

Konstantin Malofeev fait également partie de l’association Dialogue franco-russe, qui soutient pleinement ses initiatives. « Nous estimons particulièrement regrettable la sanction infligée à M. Malofeev, alors que ce dernier vient de signer avec la France un accord important visant à importer en Russie le concept du parc du Puy du Fou. Il s’agit en effet d’un projet qui bénéficiera à la région Poitou-Charentes et au rayonnement international du savoir-faire français », annonçait le communiqué de l’association le 1er août dernier.

Outre le site de Crimée, la société Puy du Fou International SAS et Konstantin Malofeev construiront un parc thématique dans la région de Moscou. Le projet, dévoilé le 21 juillet 2014, devrait coûter un montant global de 18 milliards de roubles. Le consortium Puy du Fou International travaille également sur de nombreux autres projets à travers le monde, notamment en Pologne, en Espagne et en Chine.

6 commentaires

  1.  » Les sanctions sont des actes de guerre, et les coopérations sont des actes de paix « . Il a raison ! Nous allons payer les sanctions à cause de nos dirigeants européens qui sont des imbéciles irresponsables et les caniches d’Obama.

  2. Un acte de paix et de culture ! Qui relève le niveau ,pas comme à Odessa et la pièce instrumentée et de mauvaise qualité, digne de la propagande nazi, de BHL.

  3. On a donc la preuve que:

    – la France exporte ce qu’elle a de pire à l’étranger;
    – que de Villiers reste toujours aussi bête, les années passant;
    – et que Poutine doit vraiment rien avoir à aire pour rencontrer des gens comme ça, et montrer en plus ça à la télé russe.

    Tout va bien, mangez des pommes comme disait Chirac!

    1. – Ce qu’elle a de pire n’est pas exportable. Vous imaginez un convoi littéraire tenter de rallier Moscou, chaque camion rempli de l’un des inoubliables ouvrages de BHL ?
      – Je trouve que Villiers vieillit plutôt bien. Un ci-devant vendéen capable de vendre son business à Poutine ne peut pas être totalement mauvais.
      – Et qui voulez-vous donc que Poutine rencontre aujourd’hui en provenance de l’occident ? Mickey, Donald ou l’Oncle Picsou ? (pour ce dernier il a déjà eu sa dose avec Kerry).

    2. – mais si mais si ce que la France a de pire est exportable, y compris en Russie, regardez les succès de librairie de Guillaume Musso ou de Marc Lévy par exemple. Et je ne parierais pas ma fortune sur le fait que BHL n’ait pas été traduit en russe à un moment, hélas…
      – de Villiers incarnait déjà la France d’avant-hier (celle ou le SMIC était une poignée de fèves et où les châtelains disaient « mon brave »‘ aux paysans), alors aujourd’hui il sent franchement le formol. Pour votre information les Vendéens ont l’air plutôt doués pour les affaires puisqu’on compte dans ce département deux fois plus de PME qu’en France en moyenne (de Villiers n’y est pour rien, autant le dire tout de suite, c’est dans leur culture, ils bossent et ils sont honnêtes)
      – Poutine devrait en vrai chef d’Etat rencontrer ses pairs, les chefs d’Etat et de gouvernement des grandes puissances mondiales. Il le sait d’ailleurs puisqu’il ne rêve que de se faire inviter par Obama en personne pour régler le dossier, et se voir ainsi reconnaître ce statut de superleader mondial dont il reste obstinément privé, contrairement à ses prédécesseurs soviétiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *