Vladimir Poutine : « Il est temps que les BRICS mènent l’alliance vers un niveau inédit »

Le sixième sommet annuel des BRICS s’ouvre ce mardi 15 juillet à Fortaleza, au Brésil. Deux jours durant, les dirigeants du Brésil, de Russie, d’Inde, de Chine et d’Afrique du Sud discuteront d’échanges économiques, de coopération internationale et de la situation dans les zones de conflit. À l’occasion de cet événement, Vladimir Poutine a accordé une interview à l’agence ITAR-TASS, dans laquelle il explique ses priorités et attentes pour ce sommet.

Vladimir Poutine et la président brésilienne Dilma Rousseff - Crédits: kremlin.ru
Vladimir Poutine et la présidente du Brésil Dilma Rousseff à Rio de Janeiro où le président russe a pris le relais de l’organisation de la Coupe du monde de football en 2018 en Russie – Crédits: kremlin.ru

Le président russe a, tout d’abord, parlé de la nécessité de cette association « entre des États aussi importants que les membres des BRICS », dans un monde dont il souligne le caractère multipolaire, et dans lequel « toute tentative de créer un modèle de relations internationales où les décisions sont prises par un seul « pôle » est inefficace et vouée à l’échec », a-t-il déclaré.

Pour Vladimir Poutine, il est temps que « les BRICS mènent l’alliance vers un niveau inédit, et que celle-ci devienne partie intégrante du système de gestion globale, dans l’intérêt d’un développement durable ». Concrètement, le président insiste avant tout sur l’importance de développer la coopération avec les Nations Unies, de toutes les façons possibles, et de lutter sans faillir contre les tentatives de certains États d’imposer à la communauté internationale la chute de régimes indésirables et leurs solutions unilatérales aux situations de crise.

Le président propose ainsi de créer un mécanisme de consultation de haut niveau entre les ministères des affaires étrangères des pays-membres sur les conflits régionaux afin d’analyser les positions communes et d’assurer la mise en place de leur base politique et diplomatique.

À travers un mécanisme de consultation anti-terroriste, le chef de l’Etat russe souhaite coordonner les politiques des BRICS de façon plus active, afin de mieux contrer les diverses menaces. Vladimir Poutine a souligné que la coopération pour la lutte contre la drogue faisait également partie des thèmes importants à aborder pendant le sommet, afin de « renforcer le régime légal international de contrôle du trafic ».

Afin de garantir la sécurité de l’information dans les pays des BRICS, le président a insisté sur la nécessité d’élargir la coopération, en établissant des règles dictant une attitude responsable vis-à-vis de l’information globale. Ces règles, a-t-il précisé, doivent être basées sur les principes du respect de la souveraineté des pays, de la non-ingérence dans les affaires domestiques et du respect des droits de l’homme, des libertés et de l’égalité pour tous les pays participant à la gestion d’Internet. « Je pense que nos efforts communs assureront aux pays des BRICS une position dominante dans le renforcement de la sécurité de l’information internationale », a déclaré le président. Souhaitant «  présenter une image du monde moins biaisée », les BRICS ont également l’intention de mettre en place une politique d’information commune sur la scène internationale en analysant la situation « dans les pays en conflit », a annoncé Poutine, citant les exemples de la Syrie, de l’Irak et de l‘Ukraine.

Sur le plan économique, les BRICS prévoient de débattre de la réforme du FMI (Fonds monétaire international). Une priorité pour Vladimir Poutine, qui estime que l’organisation doit « répondre aux demandes des nouvelles économies et s’adapter ainsi aux réalités du 21ème siècle ».

À propos des sanctions imposées à la Russie par les États-Unis et leurs alliés, le président Poutine s’est dit reconnaissant à ses partenaires des BRICS, « qui ont critiqué ces pratiques sous différentes formes ». Le président veut à présent tirer des conclusions et réfléchir à un système de mesures qui aideraient à « empêcher le harcèlement à l’encontre des pays qui ne sont pas d’accord avec les décisions prises par les États-Unis et leurs alliés en matière de politique étrangère ». Vladimir Poutine souhaite ainsi privilégier un dialogue civil, basé sur le respect, à propos des différents enjeux.

En matière d’échanges économiques, le dirigeant russe voudrait renforcer les liens avec les différents membres des BRICS. Il a d’ailleurs noté que la part de ces derniers dans la balance extérieure de la Russie n’avait cessé de croître récemment. À l’en croire, cette part, qui s’élevait à 12,5 % en 2013, est déjà passée, pour les quatre premiers mois de 2014, à 13,1 %. « Malgré la situation économique internationale instable, le volume des échanges entre les pays des BRICS augmente (plus de 300 milliards de dollars en 2013) », a insisté le président.

Vladimir Poutine a conclu sur l’assurance que, même si les BRICS désiraient « renforcer la composante politique de leur coopération », leurs leaders n’avaient « en aucun cas l’intention de former une alliance militaro-politique sur la base de leur groupe ».

Rappelons que, mercredi 9 juillet, le ministre russe des finances Anton Silouaev avait annoncé la création d’une banque de développement des BRICS. Un accord que les dirigeants des pays membres signeront également au cours de ce sommet des 15 et 16 juillet à Fortaleza.

3 commentaires

  1. Les BRICS sont la dernière chance des peuples qui ne veulent pas être broyés et exclus par les agissements sociopathes de Big Brother.

  2. les populations des BRICS doivent soutenir sans réserve leurs leaders sur cette démarche et tous les autres pays respectant le développement de l’homme doivent les rejoindre pour soustraire la planète de cette domination unipolaire qui conduit la terre entière vers des drames humains que nous vivons déjà en Libye, Syrie, Irak, Ukraine et ailleurs où des monstres en cravates allument le feu dans leur logique qui est celle de « qui n’est pas avec nous est contre nous »

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