Sud-Est ukrainien : état des lieux au 15/07

Alors que la bataille médiatique fait rage entre médias russes et ukrainiens, Le Courrier de Russie se propose de décrypter chaque jour l’actualité dans le Sud-Est de l’Ukraine.

La ville de Snijne, dans la région de Donetsk, après les bombardements. Crédits: vesti.ua
La ville de Snijne, dans la région de Donetsk, après les bombardements. Crédits: vesti.ua

Donetsk

Dans la matinée du 15 juillet, la ville de Snijne, dans la région de Donetsk, a été bombardée. Selon RIA Novosti, des obus ont touché un immeuble d’habitation, faisant plusieurs morts.

« Vers 6h30, nous avons entendu des moteurs d’avion, puis les obus ont touché un bâtiment de cinq étages, dont l’un des escaliers s’est totalement écroulé », témoignent les habitants du quartier, cités par l’agence. Les médecins de l’hôpital local font état d’un nombre important de blessés, sans toutefois fournir de chiffre exact, étant donné que toutes les victimes n’ont pas encore été évacuées.

Retrouvez le témoignage dune réfugiée de Slaviansk qui a trouvé refuge à Snijne ici

Une autre ville de la région, Amvrossievka, sous contrôle de l’armée ukrainienne, a été attaquée par les insurgés dans la nuit du 14 au 15 juillet. Les affrontements ont fait deux  morts et huit blessés côté ukrainien, indique Vesti.ua.

Le maire de la ville de Donetsk, Alexandre Loukiantchenko, a quitté la ville, apprend-on dans une vidéo publiée par la chaîne de télévision locale, le 14 juillet : « Les insurgés ont exigé que je m’engage non seulement à assurer le bien-être des citoyens, mais aussi à répondre aux besoins militaires de la DNR [république populaire autonome de Donetsk, proclamée le 7 avril 2014, ndlr], même au détriment des résidents de la ville. J’ai longtemps essayé d’établir un dialogue afin de trouver une issue pacifique au conflit. Cependant, on m’a fait comprendre que les initiatives de paix n’intéressaient pas les militaires de la DNR. Je rejette donc l’ultimatum », déclare M. Loukiantchenko face à la caméra.

Le maire de Donetsk se trouve actuellement à Kiev, où il représente les intérêts de sa ville jusqu’à ce que la situation évolue.

Le 10 juillet, le commandant des forces pro-russes Igor Strelkov avait en effet déclaré que le maire de Donetsk devrait quitter la ville s’il n’avait pas l’intention de soutenir la république auto-proclamée.

Parallèlement, le ministre ukrainien de l’intérieur, Arsen Avakov, a annoncé le licenciement de 585 policiers de Donetsk, rapporte la chaîne de télévision Zvezda le 15 juillet. « Les agents de police ont été destitués de leurs fonctions lors d’une première étape de vérification de leur loyauté à l’État ukrainien », a dit M. Avakov. Il a précisé qu’un deuxième contrôle serait effectué sur 242 autres policiers, qui se trouvent actuellement en congé maladie prolongé. « Il est important que la réputation de « traîtres » n’entache pas celle des  policiers fidèles à l’Ukraine », a souligné le ministre.

Vesti.ua

Lougansk

Huit civils, dont un enfant, ont péri lors d’une opération militaire de l’armée ukrainienne à Lougansk au cours des dernières 24 heures, indique un communiqué publié sur le site officiel de la mairie de la ville, le 15 juillet. La ville a subi des dégâts matériels importants : 24 bâtiments, dont 20 immeubles d’habitation, ont été détruits par des obus.

Le maire de Lougansk, Sergueï Kravtchenko, a décrété trois jours de deuil, du 15 au 17 juillet. Au total, au cours des trois derniers jours, 17 civils ont péri et 73 ont été blessés à Lougansk.

Vesti.ua

Les débris de l’appareil AN-26 près de Lougansk. Crédits: mungaz.net
Les débris de l’appareil AN-26 près de Lougansk, le 14 juillet. Crédits: mungaz.net

Un avion de transport militaire ukrainien a par ailleurs été abattu, ce lundi 14 juillet, par les insurgés, rapporte Interfax, citant le service de presse de la République populaire de Lougansk.

Selon le Conseil national de sécurité de l’Ukraine, huit personnes, dont sept membres d’équipage, se trouvaient à bord de l’appareil AN-26 survolant la région de Lougansk. Le destin de quatre d’entre eux demeure inconnu.

Selon Vesti.ua, ces derniers ont sauté en parachute avant d’être capturés par les insurgés. Ils se trouveraient actuellement à Krasnodon, à 50 km de Lougansk, où ils subiraient des interrogatoires.

« Nous essayons de comprendre en quoi consistait ce vol, car nous soupçonnons qu’il s’agissait d’un vol de renseignement, a précisé Andreï Tchmilenko, un des chefs de la république auto-proclamée, à Interfax. Les insurgés sont bienveillants à l’égard des prisonniers et n’ont recours ni à la torture, ni à quelconque forme de cruauté », a-t-il ajouté.

Expert

Un groupe de contact tripartite va négocier avec les insurgés

Lundi 14 juillet, le président ukrainien Petro Porochenko s’est entretenu par téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel à propos de l’organisation de négociations avec les insurgés du Sud-Est de l’Ukraine, lit-on dans un communiqué de la présidence ukrainienne du 15 juillet. Plus précisément, il s’agit d’organiser, via visioconférence, une réunion entre les insurgés et un groupe de contact tripartite, composé d’un représentant de l’OSCE, d’un représentant ukrainien et d’un représentant russe.

« Ils [Porochenko et Merkel] ont exprimé leur certitude que cet entretien pourrait avoir lieu aujourd’hui », a déclaré le ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, cité par RIA Novosti.

En parallèle des négociations que mène Porochenko pour résoudre le conflit dans le Donbass, l’Ukraine, la Pologne et la Lituanie ont convenu d’établir dans les plus brefs délais une brigade militaire conjointe, écrit le quotidien RBK-Ukraine. Le président ukrainien Petro Porochenko et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont discuté de cette question lundi 14 juillet, lors d’un entretien téléphonique.

« Les parties ont accordé une grande attention à la mise en place de la brigade militaire polono-lituanio-ukrainienne « UkrPolLitBrig » et accepté de signer un accord dans un avenir proche », a déclaré le service de presse du président ukrainien. Porochenko a également invité la Pologne à adhérer au programme de création d’emplois dans les localités du Donbass regagnées par l’armée ukrainienne.

Lenta

2 commentaires

  1. Mais que fait donc l’Europe? elle attend les ordres de monsieur Obama? Que font Merkel et Hollande sauf de dire à Porochenko de « mesurerses initiatives »? Ils faut combien de morts pour inciter Porochenko a prendre la voie diplomatique? Il n’a pas le droit aux « sanctions »? Pour tant facile d’agir sur le chocolat et l’adhésion à l’Europe.

    1. Vous avez raison Vatchoum. Mais nos dirigeants européens sont les caniches d’Obama. J’ai honte d’avoir un président aussi nul : François Hollande !

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