Réfugiée de Slaviansk : « Cette guerre fratricide est absurde »

Après que leur maison a été touchée par un obus, Katia et sa famille ont dû quitter Slaviansk afin de s’abriter à Snijne, une ville de la région de Donetsk aux mains des insurgés pro-russes mais jusqu’ici épargnée par les bombardements.La jeune mère de 33 ans est accueillie, avec son mari et leur fils de trois ans, dans une maison de repos pour mineurs. Ils y sont 70 réfugiés en tout. Le Courrier de Russie a pu joindre Katia par téléphone.

Des habitants observent leur maison à Slaviansk détruite par un bombardement. Photo ITAR-TASS / Mikhael Potchuev
Des habitants observent leur maison à Slaviansk détruite par un bombardement. Photo ITAR-TASS / Mikhael Potchuev

« Les familles des mineurs nous aident beaucoup, ici, les insurgés aussi. Nous avons tout le nécessaire : nourriture, lave-linge, couches pour bébés, même des protections périodiques féminines. Mais si demain, on me dit que la paix est revenue à Slaviansk, je rentrerai chez moi à pied Slaviansk se trouve à 130 km de Snijne, ndlr].

Mon mari et moi, nous n’avons soutenu ni Kiev, ni les rebelles. J’ai du mal à comprendre pourquoi je devrais prendre le parti des uns ou des autres… Cette guerre fratricide est complètement absurde !

Nous avons quitté Slaviansk le 9 juin, après que notre maison a été touchée par un obus de l’armée ukrainienne.Notre grand immeuble de neuf étages a été en partie détruit. Notre appartement n’a pas été touché, mais nous avons eu une peur bleue. Quand l’obus a explosé, toute la maison a tremblé très fort. Les vitres sont restées intactes, heureusement, mais le tir était si puissant que mon fils a littéralement volé à travers la pièce. Notre voisin est mort, sa fille et sa femme ont été blessées par des éclats. Je suis certaine que ces obus venaient du côté ukrainien : les insurgés ne se sont quand même pas visés eux-mêmes !

Le bâtiment de la maternité qui était juste en face, il n’en reste que des ruines… Je sais que la maison d’accueil pour les enfants handicapés a été bombardée également. Comment le gouvernement à Kiev ose-t-il nous faire ça ?

Je suis née à Slaviansk, mes parents aussi. Cette ville a toujours été neutre, nous étions de simples travailleurs, ni de gauche, ni de droite.

Maintenant, je suis en colère aussi contre les insurgés, qui sont partis en laissant Slaviansk en ruines. Strelkov a déclaré qu’il n’y avait plus personne dans la ville, mais il devrait avoir honte, car une grande partie des habitants sont toujours sur place – nos parents, nos voisins… L’armée ukrainienne a lancé des bombes à chlore et à phosphore, les gens sont morts intoxiqués… D’où je tiens cette information ? J’en suis certaine. À Slaviansk, il y a deux usines de produits chimiques, dont une qui fabrique des phosphates condensés. Nous savons à quoi ressemble le phosphore blanc – toute la ville luisait dans l’obscurité, impossible de se tromper !

Je sais que des gens veulent le pouvoir, ou encore exploiter notre gaz de schiste, mais pourquoi les civils doivent-ils mourir ? Pourquoi est-ce qu’ils ne se font pas la guerre entre eux, au milieu des champs ?!

Ma mère vient de quitter Slaviansk. Il y a quelques jours, elle avait pu recevoir de l’aide humanitaire : un kilo et demi de sel et quelques rouleaux de papier toilette. Mais pour saler quoi ? Et le papier toilette, excusez-moi : mais ça sert à quoi, quand on n’a rien à manger ?!

En quittant la ville, les insurgés ont abandonné quelques camions remplis de provisions… Il y avait une impressionnante quantité de chewing-gum et de cigarettes de luxe. Ils avaient même du chewing-gum – et nous, rien du tout ! Et maintenant, nous nous posons la question : pour qui travaille Strelkov, réellement ? Avant, on pensait qu’il était partisan de Poutine, mais maintenant, on dirait qu’il bosse pour les Américains !

Je ne sais pas qui a raison, mais je suis sûre à 1000% que les habitants de Slaviansk accepteront le nouveau pouvoir de Kiev. Hier, quand les militaires ukrainiens ont sorti les gens des abris anti-bombardements où ils avaient passé des semaines, ces derniers étaient épuisés, physiquement et moralement. Ma belle-mère, d’ailleurs, qui n’a jamais été d’accord avec Kiev, a commencé hier à parler ukrainien. Elle est heureuse – tout simplement parce que les bombardements ont cessé. »

3 commentaires

  1. La vérité du ventre, de l’envie animal de survivre à n’importe quel prix. Le cerveau n’est pas branché. Les idées n’ont pas cours pour cette dame. Quelle que soit l’idéologie en place, même fasciste, l’essentiel qu’elle ait son petit chez soi.
    Je suis heureuse de n’avoir pas été éduquée ainsi.

  2. On peut comprendre sa peur et sa douleur d’avoir vécu sous les bombardements. De là à mettre sur le même niveau la lutte des combattants pour la liberté et le nazisme de Kiev et le préférer même, il devrait y avoir une marge.

  3. CEST SIMPLE. LE PRESIDENT DE L’UKRAINE N’A QU’A DEMANDER CONSEIL AU PRESIDENT POUTIN COMMENT EST CE QU’L AVAIT ECRASER LES SEPARATISTES TCHETENS.
    CES SANGINAIRES DE SEPARATISTES N’ONT PAS PITIE DE LA PAUVRE POPULATION. NOUS ALLONS ESSAYER COMME EN CRIMEE

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