Pour Poutine, les États-Unis font du chantage à la France

Mardi 1er juillet, lors d’une rencontre avec les ambassadeurs russes et les représentants permanents de la Russie auprès des institutions internationales, Vladimir Poutine a exposé les grands axes de sa politique étrangère. Parmi les thèmes abordés : les relations russo-ukrainiennes, l’attitude de l’Occident à l’égard de son voisin russe et la place de la Russie dans le monde.

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Le président russe a pointé directement du doigt les États-Unis qui, désireux de sanctionner la Russie, n’hésitent pas à faire pression sur leurs alliés. Crédits: news.kremlin.ru

Sur la responsabilité de Porochenko

Le président russe n’a pas hésité à déplorer l’attitude du président ukrainien, qui, selon lui, porte l’entière responsabilité de la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine, où  M. Porochenko a annoncé, lundi 30 juin, la fin du cessez-le-feu et la reprise de  « l’opération antiterroriste ».

« Malheureusement, le président Porochenko a décidé de reprendre les hostilités. Et nous n’avons pas pu – quand je dis « nous », je veux dire moi-même et mes collègues européens – le convaincre qu’une paix solide et durable ne peut être obtenue par la guerre, a déclaré Vladimir Poutine. Jusqu’à présent, Piotr Alekseïevitch (Porochenko) n’était pas à l’origine de l’ordre initial de lancer les opérations militaires. Mais désormais, c’est à lui qu’en revient pleinement toute la responsabilité. Il s’agit d’une responsabilité militaire, mais aussi – et c’est beaucoup plus important – politique », a-t-il ajouté.

Le chef de l’État russe considère en outre que « Porochenko n’a pas réussi à faire appliquer l’accord conclu entre les ministres des affaires étrangères d’Allemagne, de France, de Russie et d’Ukraine, sur la nécessité de préserver la paix et de chercher des solutions acceptables par tous ».

Sur la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine

Vladimir Poutine estime que les pourparlers prévus par le cessez-le-feu dans la région n’ont jamais réellement eu lieu : « En fait, seul un ultimatum a été posé sur le désarmement, et c’est tout. L’annonce du cessez-le-feu était globalement positive, mais insuffisante pour régler la situation sur le long terme de façon à ce qu’elle convienne à toutes les populations du pays – y compris dans le Sud-Est, a-t-il déploré, citant l’exemple des changements dans la Constitution ukrainienne, sur lesquels seuls les habitants de l’Ouest sont appelés à se prononcer.

Si le président russe se dit conscient que « ce qui se passe en Ukraine relève des affaires intérieures du gouvernement ukrainien », il s’inquiète de la situation humanitaire, qui touche directement la Russie : «  Nous sommes profondément désolés que des gens soient tués, surtout la population civile. Vous savez que le nombre de réfugiés ukrainiens en Fédération de Russie ne cesse de croître. Et nous apporterons notre aide, sans faillir, à tous ceux qui en ont besoin » a-t-il assuré.

Après avoir martelé qu’il était « absolument inadmissible que des journalistes soient tués », M. Poutine a mis en garde contre « une liquidation intentionnelle des représentants de la presse. Cela concerne les journalistes russes autant qu’étrangers. Qui a peur de l’information objective ? Apparemment, seuls les gens qui commettent des crimes. Nous espérons vivement que la promesse des autorités de Kiev de mener une enquête approfondie sera tenue » a-t-il insisté.

Sur la place de la Russie dans le monde

« De plus en plus de régions du monde se trouvent dans des situations instables. L’Europe, le Proche et le Moyen-Orient, l’Asie du Sud, le pourtour de l’Océan Pacifique et l’Afrique souffrent d’un déficit de sécurité », a déclaré Vladimir Poutine, avant d’ajouter que les déséquilibres systémiques dans l’économie mondiale, les finances et le commerce avaient contribué à l’érosion des valeurs morales et spirituelles traditionnelles.

Le président russe a ensuite souligné que le système mondial actuel, unipolaire, n’était plus viable : « Les peuples et les pays expriment de plus en plus fortement leur volonté de décider eux-mêmes de leur destin, de préserver leurs civilisations et leurs identités culturelles. En ce sens, ils s’opposent aux tentatives de certains États de maintenir leur position dominante dans les domaines militaire, financier, économique et idéologique », a dénoncé M. Poutine.

Sur l’attitude des Etats-Unis

Le président russe a pointé directement du doigt les États-Unis qui, désireux de sanctionner la Russie, n’hésitent pas à faire pression sur leurs alliés : «  Nous sommes au courant d’allusions selon lesquelles, si les Français ne nous livrent pas les Mistral, les sanctions frappant des banques françaises seront levées ou, au moins, minimisées. Qu’est-ce que c’est, sinon du chantage ? Est-il possible d’agir de cette façon sur la scène internationale ? Quand on parle de sanctions, il doit s’agir de mesures appliquées conformément à l’article sept de la Charte des Nations Unies. Dans tous les autres cas, il ne s’agit pas de sanctions conformes à la justice internationale mais de tout autre chose : d’un instrument de politique unilatérale », a affirmé le président Poutine.

3 commentaires

  1. La france doit tenir ses engagements et livrer les deux Mistral – ce n’est pas à Madame Merkel qui » » dirige » » l’Union europeenne et aux USA de nous donner des ordres – on ne devrait pas s’allier pour les sanctions – nous avions des parts de marche en Russie pour notre agro alimentaire
    et c’est à cote – nous ne voulons pas des excedents de pommes de Pologne et des fruits des autres pays europeens (ils n’avaient qu’à reflechir et ne pas se courber devant les USA – nous ne voulons pas du gaz de schiste des USA mais celui de la Russie –
    que la france se reveille – il nous faut quelqu’un d’aussi energique que Poutine pour diriger la France –

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