Le match Brésil – Allemagne vu par les Russes

Honte, humiliation, pleurs… les Brésiliens étaient mardi 8 juillet sous le choc après la sévère défaite de leur Seleçao nationale face à l’Allemagne (1-7) en demi-finale de leur Coupe du monde. « Une déculottée bien méritée », vu de Russie. Le Courrier de Russie a sélectionné des réactions de personnalités du monde du sport russe.

match brésil allemagne Russes. Le Corcovado pleure la défaite de l'équipe brésilienne à l'image de tout le pays
Le Corcovado pleure la défaite de l’équipe brésilienne à l’image de tout le pays

Punition divine

« Le Brésil est en sanglots. Certes. Mais rappelez-vous la scène de ce vieux film soviétique Les flèches de Robin des bois [Sergueï Tarasov, 1975, ndt] lorsque deux chevaliers discutent et que l’un affirme :  Tu sais, il me semble parfois que Dieu existe bel et bien, et cela m’effraie. C’est exactement ce que j’ai pensé en assistant à la défaite du Brésil sur le score de 1-7 face à l’Allemagne, lorsqu’à la 30ème minute les Allemands menaient déjà 5-0. Dieu existe. L’équipe brésilienne s’est comportée lors de ce championnat d’une manière épouvantable, brutale, grossière, les Brésiliens occupent d’ailleurs le haut du classement en nombre de fautes commises. Il y a aussi eu de nombreux moments lorsque les arbitres ont fermé les yeux sur les fautes de ces derniers… »

Vladimir Osipov, commentateur sportif, Kommersant FM

Les 8 buts en vidéo

Pas de pitié !

« Devons-nous avoir pitié de cette équipe du Brésil ? On pourrait éprouver de la pitié pour une grande équipe qui aurait été perturbée par des facteurs extérieurs ou qui, lors d’un match dramatique avec une autre grande équipe, se serait révélée la plus faible. On pourrait aussi avoir pitié pour les charmants et captivants Colombiens, Chiliens et Mexicains qui ont joué avec une telle passion, semblable à celle avec laquelle nos braves joueurs calculent leur argent sur leurs comptes bancaires. Mais avoir pitié du Brésil : non. Cette équipe, célèbre habituellement pour son football romantique, restera cette fois-ci dans les annales pour son jeu brutal, inarticulé et favorisé par les arbitres. Une équipe, en bref, que l’on oubliera bientôt. »

Mikhaïl Borzykine, commentateur, Sovietski Sport

35,6 millions, c’est le nombre de tweets qui ont été envoyés lors du match Brésil-Allemagne, selon les données de Twitter Data. La rencontre a ainsi battu le précédent record de 24,9 millions de tweets enregistré lors de la finale du Super Bowl 2013. Le match a également établi un nouveau record en termes de tweets à la minute avec 580 166 tweets envoyés lors du cinquième but allemand.

Le match Brésil – Allemagne vu par les Russes
Crédits : Twitter

Le changement, c’est maintenant

« Le Brésil pleure, et pleurera encore demain. Mais tôt ou tard, la page de l’émotion tournée, il faudra bien recommencer à vivre. Le football brésilien n’est plus productif depuis déjà 12 ans. Nombreux sont les Brésiliens à se languir du temps où leur équipe était la plus belle du monde et à regretter le manque de meneurs de jeu, d’attaque et le nombre important de fautes commises de leur équipe actuelle.

On dit que dans le football, on se souvient seulement des résultats. C’est faux, et les Brésiliens sont les premiers à le savoir. En 1982, leur équipe quittait le championnat au bout du second match de groupe, aujourd’hui, elle est l’une des équipes les plus aimées au monde. Et bien que cette Seleçao ait été éliminée au palier de la finale, je ne pense pas que dans 10 ans on se souvienne d’elle pour cette performance. Non, on se souviendra en revanche de la grossièreté et du cynisme dont les joueurs ont fait preuve. Sans oublier le gardien de but Júlio César qui est allé chercher 7 fois le ballon au fond des filets.

L’équipe aura besoin de changements pour surmonter la pire défaite de son histoire. Et j’espère sincèrement que lorsqu’elle se préparera à la Coupe du monde 2018 [en Russie, ndt], elle ne pensera pas à la manière de gagner mais plutôt à ce qu’elle ne doit pas faire si elle veut réellement la remporter. »

Roman Moune, journaliste, Sports.ru

C’est un des rares moments où l’on se dit qu’il vaut mieux être un supporter de la Russie que du Brésil. Vitali Fomin, blogueur sportif, rédacteur chez Sovietski sport.

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