Ce que dit Human Rights Watch sur les crimes de guerre commis par Kiev en Ukraine

Le 24 juillet, l’ONG américaine Human Rights Watch a rendu public un rapport dans lequel elle affirme qu’entre le 12 et le 21 juillet, l’utilisation de lance-roquettes de type Grad appartenant aux forces ukrainiennes, armée et milices confondues, ont tué au moins 16 civils lors de quatre différentes attaques dans les zones contrôlées par les insurgés pro-russes à Donetsk et ses environs. Le Courrier de Russie a traduit le communiqué publié par  l’ONG.

Les résidents d'un immeuble à la périphérie de Donetsk touché par les bombardements des forces de l'armée ukrainienne, dans leur appartement en ruine. 22/07 - Crédits: RIA Novosti
Les résidents d’un immeuble à la périphérie de Donetsk touché par les bombardements des forces de l’armée ukrainienne, dans leur appartement en ruine. 22/07 – Crédits: RIA Novosti

L’usage de roquettes dans des zones peuplées viole le droit international humanitaire, les lois de la guerre et peut aboutir à des crimes de guerre.

Les roquettes de type Grad ne sont pas télécommandées : elles n’atteignent pas leur cible avec précision et sont souvent propulsées par salves à l’aide de lances-roquettes à canons multiples dans le but de toucher une zone étendue.

Human Rights Watch appelle toutes les parties au conflit dans le Sud-Est de l’Ukraine, et particulièrement les forces ukrainiennes gouvernementales, à arrêter d’utiliser des roquettes Grad sur ou près des zones habitées, à cause de la probabilité de tuer et blesser des civils.  Les insurgés devraient à leur tour minimiser les risques encourus par les civils qui vivent sur les territoires sous leur contrôle en évitant de se déployer sur des zones densément peuplées.

« Les roquettes Grad sont connues pour être des armes imprécises, qui ne devraient pas être utilisées dans les zones habitées » a déclaré Ole Solvang, chercheur senior chez Human Rights Watch. « Si les insurgés et les forces gouvernementales ukrainiennes souhaitent réellement éviter de heurter des civils, ils devraient tous deux arrêter immédiatement d’utiliser ces armes dans les quartiers résidentiels ».

Les insurgés anti-Kiev ont commencé à revendiquer leur contrôle sur la ville de Donetsk, dans le Sud-Est de l’Ukraine, en avril dernier. Cette ville comprend environ un million d’habitants. Pour des questions de sécurité, Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer dans un premier temps l’impact des bombardements sur les insurgés et les installations.

Le gouvernement et les insurgés ont tous deux fait usage de roquettes Grad récemment : les officiels à Kiev et le service de presse de la Garde nationale ont nié le recours à de telles armes à Donetsk, mais une enquête de Human Rights Watch sur le terrain a clairement indiqué que le gouvernement ukrainien était responsable des attaques survenues entre le 12 et le 21 juillet dernier.

Quatre bombardements ont eu lieu sur la ligne de front entre les insurgés et les forces gouvernementales. Les trous laissés par les impacts étaient caractéristiques des attaques de roquettes, selon Human Rights Watch. Sur les quatre cas, l’angle et la forme des trous d’impact situés à côté des bâtiments qui faisaient face à la ligne de front suggèrent fortement que les roquettes ont été lancées depuis le front occupé par le gouvernement ukrainien et les groupes armés pro-Kiev.

La proximité des bombardements avec la ligne de front rend également improbable, voire impossible, le fait que les insurgés soient responsables des attaques. Sur deux d’entre elles, les roquettes ont touché des bases occupées par les insurgés, en même temps qu’ils ont frappé des zones résidentielles, ce qui prouve que les forces gouvernementales en sont responsables.

Dans les bombardements du 21 juillet, trois civils sont morts lorsqu’une roquette Grad a touché un quartier résidentiel près de la gare de Donetsk. Les combats en cours ont rendu difficile pour Human Rights Watch de déterminer s’il y avait des victimes supplémentaires, mais ce qui est sûr c’est que le son distinctif des Grad a été entendu tout le long de la journée.

Le 19 juillet, au moins cinq roquettes ont frappé une zone résidentielle dans le district de Kuibishivksyi, à l’ouest de Donetsk, faisant au moins quatre blessés parmi les civils.

Human Rights Watch a également repéré plusieurs impacts de roquettes le 12 juillet sur la zone résidentielle de Petrovskyi, dans la banlieue ouest de Donetsk, faisant au moins sept morts civils. Le même jour, plusieurs frappes de roquettes ont frappé des habitations à Maryinka, un village en dehors de Donetsk, près du district de Petrovskyi, tuant au moins six civils.
(…)

Le combat dans l’Est de l’Ukraine est régi par les lois de la guerre, qui s’appliquent à toutes les parties au conflit. Les roquettes de type Grad ne peuvent être lancées avec suffisamment de précision pour être en mesure de différencier ce qui sera visé, y compris les civils, leurs infrastructures, leurs maisons et leurs écoles, qui ne sont pas utilisées à des fins militaires. Ces bombardements non dirigés vers des cibles militaires sont illégaux.

Human Rights Watch considère que les insurgés ont failli à prendre toutes les précautions nécessaires en s’établissant dans des zones densément peuplées, mettant ainsi en danger la population locale et violant ainsi les lois de la guerre. Dans l’un des cas étudiés par les enquêteurs, les forces séparatistes ont rapproché l’une de leurs bases du centre-ville après que des roquettes ont touché celle-ci, établie précédemment près de zones résidentielles. Mais les violations des lois de la guerre par l’une des parties ne justifie pas les violations par la partie adverse.

Les individus qui commettent des violations sérieuses et à caractère criminel des lois de la guerre, intentionnellement ou imprudemment, sont responsables de crimes de guerre.

« Les autorités ukrainiennes devraient ordonner à toutes leurs forces armées, y compris volontaires, de stopper immédiatement l’utilisation de Grad dans les zones peuplées, et les insurgés devraient éviter de se déployer dans ces mêmes zones » a déclaré Solvang. « Les commandants respectifs devraient savoir qu’un jour ils devront répondre légalement de leurs actions ».

Human Rights Watch a appelé les alliés internationaux de l’Ukraine à faire pression sur cette dernière afin qu’elle adhère strictement au droit international humanitaire, y compris en stoppant l’utilisation de roquettes dans les zones peuplées.

Vidéo de Human Rights Watch avec témoignages de civils sur l’utilisation de lance-roquettes de type Grad (en anglais)

2 commentaires

  1. comme c’est Kiev qui est pointé du doigt, aucun pays occidental et les usa ne leveront pas le petit doigt, mais si c’était la Russie ou les Insurgés de l’est, là les media propagandistes seront en première ligne pour les critiquer. Pauvre terre des hommes.

  2. L’europe a perdu le controle de son destin en se soumettant sous les pieds de Barack Obama !!La guerre de l’ukraine est provoquee par les USA , l’UE, la grande Bretagne. les medias de l’ occident ne disent pas la verite des faits en ukraine. Les americains et ses allies n’ont pas peur de Dieu, mais ils seront juges et punis ici bas et a pres leur mort. Que chacun soit juge selon ce qu’il a seme.

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