Émoi planétaire après le crash du Boeing 777 dans le Sud-Est de l’Ukraine

Après que le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines a été abattu par un missile jeudi 17 juillet dans la région de Donetsk, faisant 298 morts, les réactions affluent à travers le monde.

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« La scène était si terrible que même les hommes se sentaient mal » a confié à Vesti.ua Iouri, un habitant de la région de Donetsk où l’avion est tombé. Crédits: Andreï Stenin – RIA Novosti

Parmi les chefs d’État à l’étranger, le premier à réagir a été le Premier ministre malaisien Najib Razak qui s’est dit « choqué » d’apprendre qu’un avion de la Malaysia Airlines avait été abattu.

« Nous commençons une enquête de toute urgence » a-t-il écrit dès le 17 juillet au soir sur son compte Twitter. Un peu plus tard, dans une déclaration officielle, le Premier ministre a annoncé que des experts malaisiens allaient être envoyés en Ukraine « dans les plus brefs délais » afin de mener une enquête. « C’est une terrible tragédie. Ces catastrophes sont des cas uniques à l’échelle mondiale. C’est pourquoi nous devons tout en œuvre mettre pour mener une investigation d’envergure internationale sur le lieu des combats » a-t-il souligné.

À l’annonce du crash de l’avion en provenance d’Amsterdam avec à son bord, selon les dernières informations, 189 passagers néerlandais, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s’est dit « profondément choqué » dans un communiqué daté du 17 juillet. «Nos pensées vont vers les passagers, leurs familles, leurs amis» a-t-il fait savoir avant de décréter une journée de deuil national, le 18 juillet. En déplacement à l’étranger, le Premier ministre est rentré aux Pays-Bas « pour gérer la situation depuis La Haye ».

À Kiev, dès le 17 juillet au soir, des centaines d’Ukrainiens ont déposé fleurs et bougies devant l’ambassade des Pays-Bas en Ukraine afin de marquer leur soutien à la population hollandaise.

Les habitants de Kiev sont venus manifester leur soutien devant l'ambassade des Pays-Bas. Crédits: Marichka Padalko
Les habitants de Kiev sont venus manifester leur soutien devant l’ambassade des Pays-Bas. Crédits: Marichka Padalko

Le président des États-Unis Barack Obama s’est également exprimé devant les journalistes jeudi 17 juillet. Il a déploré « une terrible tragédie » et a demandé à pouvoir rester en contact étroit avec le gouvernement ukrainien. « Les États-Unis fourniront toute l’aide nécessaire pour trouver les causes de l’incident » a-t-il ajouté, exprimant ses condoléances aux familles endeuillées.

Selon une déclaration du porte-parole du président Josh Ernest, l’administration d’Obama a appelé «  toutes les parties prenantes à soutenir un cessez-le feu immédiat afin de permettre un accès sûr et sans entraves aux experts internationaux sur le site de l’accident ». Vendredi 18 juillet dans l’après-midi, le Premier ministre de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Borodaï a, cependant, annoncé qu’il n’était pas question d’instaurer un cessez-le-feu mais que les experts pourraient sans problèmes accéder au lieu de la catastrophe.

Le réaction d’Angela Merkel a été exprimée en la voix du porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert, qui a affirmé que « pour la chancelière, les circonstances dans lesquelles l’avion a été abattu à haute altitude sont choquantes ». « Si cette nouvelle est confirmée, l’Est de l’Ukraine doit s’attendre à une nouvelle escalade tragique du conflit » a renchéri la chancelière allemande le 17 juillet au soir dans un communiqué. Le lendemain, cette dernière demandait par ailleurs à la France de « suspendre la vente des Mistral à la Russie », selon l’EUobserver.

Une France qui demande que « tout soit mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué le crash de l’avion », comme l’a indiqué François Hollande dans un communiqué du 17 juillet. Vendredi 18 juillet dans l’après-midi, le président français, interrogé au Niger où il est en déplacement, a déclaré qu’il n’y avait aucun Français parmi les victimes, après avoir fait part de son « immense émotion » en apprenant la nouvelle et exprimé sa « solidarité » avec les proches des victimes.

Ceux qui vivent au plus proche de la zone du crash racontent que des morceaux de fuselage et des effets personnels sont tombés sur leur maison. Après, les gens ont commencé à courir dans les rues en criant : « Un avion a été abattu! », raconte Aleksandr Konkov, un témoin de la tragédie cité par Vesti.ua.

La déclaration la plus sévère vient certainement du Premier ministre australien Tony Abbott pour qui « la Russie est à blâmer dans une certaine mesure pour ce qui s’est passé ». « Nous ne voulons pas aggraver la situation. Cependant, si, comme il semble que ce soit le cas, l’avion a été abattu par des missiles sol-air installés par la Russie, cette dernière porterait alors une énorme responsabilité » a déclaré le politicien.

Le conseiller auprès du ministère ukrainien de l’Intérieur Anton Gerachenko a en effet accusé le 17 juillet sur son compte Facebook les insurgés et la Russie d’être responsables de ce crash. « Un avion qui reliait Amsterdam à Kuala-Lumpur vient d’être abattu à Torez par des terroristes à qui Poutine a fourni gracieusement un système anti-missile » a-t-il écrit, demandant dans la foulée aux États-Unis, au Canada et à l’Europe d’ouvrir les yeux et de les aider.

« Les États-Unis doivent immédiatement nous fournir des armes de précision modernes et soutenir l’armée de l’air, et l’OTAN doit lancer une opération militaire terrestre pour assurer notre protection » a également écrit le conseiller du ministère ukrainien de l’Intérieur, Zorian Chkiriak, sur Facebook.

On dit que les corps des passagers étaient éparpillés dans un rayon de cinq kilomètres autour de l’endroit où l’avion s’est écrasé et que le sol était jonché de passeports, a déclaré à Vesti.ua l’un des habitants de la région de Donetsk où le crash a eu lieu, Konstantin Tcherneta.

Du côté russe, le président a tenu jeudi 17 juillet dans la nuit une réunion d’urgence : Vladimir Poutine a proposé de commencer la réunion par une minute de silence à la mémoire des victimes de l’accident. Il s’est dit convaincu que « cette tragédie n’aurait pas eu lieu si la paix avait été instaurée en Ukraine et si les combats n’avaient pas repris dans le Sud-Est du pays ».

Le président a également exprimé, au nom des dirigeants et du gouvernement russe, les condoléances à toutes les familles des victimes et aux gouvernements des pays dont les citoyens se trouvaient dans l’avion. Il a, ensuite, porté la responsabilité sur Kiev : « Il va de soi que l’État sur le territoire duquel cela s’est produit porte toute la responsabilité de cette terrible tragédie ».

« Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’opinion publique de notre pays, de l’Ukraine et du reste du monde apprenne la vérité sur cet accident » a exigé Vladimir Poutine.

La scène était si terrible que même les hommes se sentaient mal, a confié à Vesti.ua Iouri, un habitant de la région de Donetsk où l’avion est tombé.

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