Sud-Est de l’Ukraine : le cessez-le-feu en péril

24 heures après la signature de l’accord pour un cessez-le feu dans le Donbass, les forces de l’armée ukrainienne et les insurgés ont déjà repris les combats, les deux camps se renvoyant la balle. Décryptage d’un début de semaine sous tension.

Sud-Est de l'Ukraine : le cessez-le-feu en péril
Slaviansk

Lundi 23 juin, après deux mois d’affrontements dans le Sud-Est de l’Ukraine, le monde reprenait espoir après que les négociations entre dirigeants ukrainiens et représentants des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk ont abouti à un accord sur un cessez-le-feu jusqu’au 27 juin. Vladimir Poutine avait également fait un pas vers la paix en demandant au Conseil de la Fédération, mardi 24 juin au matin, d’annuler l’autorisation pour les forces armées russes d’intervenir en Ukraine, ce qui a été fait dès le lendemain.

Cependant, dès le soir du 24, la situation s’est dégradée et les combats ont repris aux alentours de Slaviansk, où un hélicoptère de l’armée ukrainienne a été abattu.  Cet hélicoptère Mi-8 transportait six soldats ukrainiens et trois membres d’équipage, qui ont tous péri dans le crash.

Selon le chef du service de presse de l’opération « antiterroriste » de Kiev, Vladislav Seleznev, l’hélicoptère, qui transportait de l’aide humanitaire, a été touché vers 17h heure locale par un système antimissile aérien mobile. Un des leaders de la république autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline, a répondu en déclarant n’avoir reçu aucune confirmation concernant un hélicoptère abattu au-dessus de Slaviansk : « Nous avons reçu des messages, mais aucune confirmation de cette information », a-t-il affirmé.

En réaction, 24 heures seulement après l’accord sur le cessez-le-feu, le président ukrainien Petro Porochenko a ordonné aux dirigeants des forces armées nationales d’ouvrir le feu « sans hésiter » en cas d’attaque des insurgés dans le Sud-Est. Selon son service de presse, le chef de l’État n’exclut pas d’annuler la trêve : « Contrairement à ses promesses de respecter le cessez-le feu, Donetsk (les insurgés, ndlr) a abattu un hélicoptère des forces armées de l’Ukraine et causé la mort de neuf personnes. Depuis l’annonce du plan de paix du président, les terroristes ont ouvert 35 fois le feu sur des militaires ukrainiens » peut-on lire dans le communiqué de la présidence.

Crédits: @forest_brother
Crédits: @forest_brother

Les représentants de l’armée ukrainienne ont également rapporté que les insurgés avaient violé le cessez-le feu mardi 24 juin au matin, en attaquant au mortier le district nord de la ville de Slaviansk. Un incendie s’était ensuite déclaré, tuant deux personnes. Selon la Garde nationale ukrainienne, en 24h, plusieurs gardes frontières ont en outre été tués autour de Slaviansk.

Les insurgés, de leur côté, font porter à l’armée ukrainienne la responsabilité de la violation du cessez-le-feu. Après l’annonce de l’accord, les insurgés ont ainsi rapporté que les troupes ukrainiennes avaient bombardé, lundi 23 juin, plusieurs mines du Donbass. « Nous mettons en œuvre les modalités de l’accord conclu mais nous voyons que l’ennemi ne les respecte pas » a déclaré un des leaders de la république autoproclamée de Lougansk, Alekseï Kariakine, citant en guise d’exemple les bombardements par l’armée ukrainienne de la ville de Privolié dans la nuit du 23 au 24 et le survol d’avions au-dessus de Lougansk. « Nous ne sommes prêts à poursuivre les négociations qu’à une seule condition : aucun mouvement des troupes ne doit avoir lieu pendant toute la durée du cessez-le-feu » a martelé Kariakine.

Le président ukrainien avait annoncé le 20 juin la suspension temporaire de l’opération « antiterroriste » dans le Sud-est de l’Ukraine. La trêve, proclamée le 20 juin à 22h, devait durer jusqu’au 27 juin 23h. Les insurgés n’ont cependant accepté le cessez-le-feu que le lundi 23, à l’issue d’une réunion entre les représentants du pouvoir ukrainien, de la Russie, de l’OSCE et des républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk.

Petro Porochenko. Crédits: president.gov.ua
Petro Porochenko. Crédits: president.gov.ua

Mercredi 25 juin, dans une conversation téléphonique avec le président de la Commission européenne José Manuel Barrosso, Petro Porochenko a promis d’envoyer à Slaviansk un groupe pour reconstruire les infrastructures endommagées par les terroristes, rapporte le service de presse du président. Il a ajouté que la reconstruction des infrastructures ne sera possible que dans des conditions suffisantes de sécurité. Barrosso a, quant à lui, exprimé son soutien au plan de paix proposé par Porochenko.

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