En 2015, un Russe sur trois changera de travail

Le turn-over en entreprise bat des records en Russie. Selon les prévisions de Hay Group, un Russe sur trois changera de lieu de travail en 2015. Mais la raison n’en est pas à chercher seulement du côté de la situation économique du pays : le phénomène est aussi du à un manque d’engagement professionnel, soulignent les interlocuteurs de Kommersant FM.

Travail en Russie

L’année prochaine, un Russe sur trois changera de travail. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les experts de Hay Group. Leur enquête indique qu’en 2015, le turn-over du personnel atteindra le taux de 28 %. Quand dans les autres pays, on change de travail tous les trois à cinq ans en moyenne, les Russes ne prévoient pas de rester plus d’un an chez le même employeur. En Russie, le marché des offres d’emploi est parfois en surchauffe. En outre, la raison du changement de travail est souvent un manque d’engagement, note Irina Tchernozoubova, directrice du centre de recherches du cabinet Hay Group en Russie.

« Les positions les plus demandées sont aussi celles où la courbe d’augmentation de salaire est la plus dynamique. En pratique, les sociétés sont dans une recherche permanente de certaines catégories de spécialistes. Il s’agit des fameux métiers du commerce et de la vente, des ingénieurs. Ces gens sont difficiles à dénicher. Parallèlement, ce sont les professionnels les plus demandés. De fait, le marché de ces professions est en surchauffe, ce qui conduit les gens eux-mêmes à penser facilement à changer de travail quand ils ne se sentent pas impliqués, qu’ils ne comprennent pas précisément les tâches qui leur sont confiées. Car il n’est pas seulement question de salaire. Souvent, on arrive dans un emploi attiré par un salaire, mais on le quitte à cause de la direction », analyse Tchernozoubova.

Selon les données de Hay Group, remplacer un collaborateur coûte à une société le minimum d’un an de son salaire. Toutefois, dans le contexte économique actuel, les employeurs ont plus avantage à réduire leur personnel, considère le président du conseil d’administration de TopContact Executive Search, Artour Chamilov.

« La croissance économique ralentit, les entreprises sont plus soigneuses dans l’analyse de leurs dépenses, y compris de celles pour le personnel. Par conséquent, elles décident de se séparer de certains postes, de libérer des ressources. Un phénomène observable depuis l’année dernière et se poursuit cette année. Si la situation de l’économie ne s’améliore pas, alors cela continuera l’année prochaine. La quantité de gens licenciés augmente cycliquement par-rapport à celle des gens qui trouvent du travail. Mais au bout d’un moment, le mouvement s’inversera. On recommencera d’embaucher, et les programmes de réduction du personnel et de licenciements appartiendront au passé. Alors seulement, le turn-over se mettra à baisser », affirme Chamilov.

Les Russes changent constamment de travail parce qu’ils ne comprennent pas bien ce qu’ils veulent réellement faire. La majorité des employés n’ayant pas reçu d’avancement au bout d’un an quittent leur entreprise dans l’espoir de tenter leur chance ailleurs, fait remarquer le coach business Ilya Boguine.

« On constate de façon générale, en Russie, que les gens ont un très faible degré de conscience sur la question de savoir ce qu’ils veulent faire dans la vie. Ce qui conduit aussi à un faible niveau d’engagement. Quand la personne travaille à ce qu’elle aime faire, son engagement est de 100 %. Mais quand quelqu’un s’est fait embaucher juste pour se faire embaucher, ou simplement pour gagner de l’argent ou encore « juste au cas où », parce que tout le monde travaille, il est évident qu’autant la qualité du travail que le ressenti intérieur que la personne retire de ce travail chutent automatiquement. La première chose à faire est de comprendre ce à quoi votre âme aspire, quelle est votre vocation. Ce qui n’est possible qu’à condition d’être en union avec soi-même, d’être en contact avec son monde intérieur, avec ses désirs propres », argumente Boguine.

Selon les prévisions de Hay Group, le taux de turn-over du personnel au niveau mondial atteindra 28 % dans cinq ans – soit près de 200 millions de personnes qui changeront de lieu de travail. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *