Porochenko : la Crimée en Ukraine, l’Ukraine en UE

Dimanche 8 juin, au lendemain de son investiture, le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré se donner une semaine pour mettre fin aux combats dans l’Est de l’Ukraine.

Les hostilités qui se poursuivent dans les régions Sud-Est de l’Ukraine doivent cesser avant la fin de la semaine en cours, a déclaré dimanche 8 juin à Kiev le président ukrainien Petro Porochenko, à l’issue de la première réunion d’un groupe de contact tripartite pour le rétablissement de la paix dans l’Est du pays avec l’ambassadeur de Russie en Ukraine Mikhaïl Zourabov, l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne Pavlo Klimkine et une représentante de l’OSCE, Heidi Tagliavini. « Chaque jour où des gens périssent et où l’Ukraine paye un prix si élevé est pour moi inacceptable. C’est pourquoi nous devons rétablir le fonctionnement de la frontière ukrainienne, afin d’assurer la sécurité de chacun des citoyen de notre pays résidant en région de Donetsk, quelles que soient ses sympathies politiques », a souligné M. Porochenko.

Un appel au calme que le nouveau président, élu le 25 mai dernier, avait déjà lancé lors de son discours d’investiture du samedi 7 juin face au Parlement ukrainien. « Je ne souhaite pas la guerre. Je ne souhaite aucune vengeance. Je veux la paix, je veux que la paix advienne. Je vous en prie, déposez les armes – et je promets l’immunité à tous ceux qui ne veulent pas avoir du sang sur les mains », avait alors déclaré Petro Porochenko, garantissant par ailleurs la mise en place d’un corridor de sécurité pour permettre aux combattants pro-russes de quitter le pays sans avoir rien à craindre.

Si le nouveau président a en outre promis aux populations de l’Est de protéger leur droit à utiliser la langue russe et s’est engagé à procéder à la décentralisation du pays, il a toutefois été très ferme sur la question de la Crimée. « En Normandie, pour le 70ème anniversaire du Débarquement, j’ai clairement déclaré aux dirigeants russes que la Crimée était et restera ukrainienne. Aucun compromis n’est possible ni sur la Crimée, ni sur le choix européen de l’Ukraine ou la structure politique du pays. Tout le reste peut être discuté et négocié », a-t-il annoncé.

M. Porochenko a enfin répété son intention de signer très prochainement le volet économique de l’accord d’association avec l’Union européenne, qui demeure pour lui « la première étape vers une adhésion pleine et entière, à terme, à l’UE ». Une déclaration qui n’a toutefois pas été accueillie à bras ouverts par les dirigeants européens. Interrogé par iTélé à son retour de Kiev, où il a assisté à la cérémonie d’investiture du président ukrainien, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a préféré contenir l’élan européen du chef d’État. « M. Porochenko dit que [l’accord d’association avec l’UE] est la première étape d’une Ukraine membre de l’UE. Mais quand j’en discute avec mes partenaires européens, il n’y a pas de majorité là-dessus, c’est très clair, a insisté M. Fabius, avant d’ajouter : Nous sommes convaincus que l’Ukraine est en Europe, mais qu’elle doit avoir de bonnes relations à la fois avec l’UE et avec la Russie. »

À ce propos, le ministre français a également répondu aux inquiétudes de Vladimir Poutine sur l’OTAN, affirmant que « personne ne veut que l’Ukraine entre dans l’OTAN – ni les États-Unis, ni l’Europe ni même l’Ukraine. »

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