« À Lougansk, tous se préparent à ce que la guerre éclate dès la fin du cessez-le-feu »

Le 23 juin, lors d’une émission de la chaîne télévisée ukrainienne 112, le journaliste ukrainien Rouslan Kotsaba a raconté ce qu’il avait vu dans l’Est du pays.

Rouslan Kotsaba. Crédits: Youtube
Rouslan Kotsaba. Crédits: Youtube

« J’avais été présent sur la place Maïdan. Et comme j’estime qu’un journaliste doit s’efforcer de couvrir tous les côtés, j’ai décidé d’aller à Lougansk. Le fait que j’y ai été accrédité, moi, journaliste ukrainien, est signe que ces gens [les partisans de la fédéralisation, ndlr] veulent entrer en contact avec nous. Pourquoi ne pas profiter de l’opportunité ? J’invite mes collègues des autres médias à s’y rendre : allez-y et filmez-y vos sujets !

On peut tourner des sujets qui montrent les séparatistes – ce n’est ni interdit, ni scandaleux. D’ailleurs, le terme n’a rien de péjoratif en soi : il évoque la séparation d’avec Kiev et non celle de l’Ukraine. Les représentants de la république populaire de Lougansk se désignent eux-mêmes de cette façon, d’ailleurs.

Et surtout, ce sont des gens tout à fait normaux et d’authentiques patriotes. Si une bombe avait atterri près de la mairie, chez moi, à Ivano-Frankivsk (Ouest de l’Ukraine, ndlr), nous aussi, là-bas, nous aurions fondé une république populaire !

Je n’aurais jamais imaginé que, dans cette 23ème année de notre indépendance ukrainienne, je connaîtrais une véritable guerre : mais j’ai vu la façon dont les autorités de Kiev bombardent littéralement, à l’aveugle, les villes de Donetsk et de Lougansk.

À Lougansk, tout le monde se prépare à ce que la guerre éclate dès que le délai de fin du cessez-le-feu (le 27 juin, ndlr) sera passé. Dans la mesure où je peux apprécier la qualité de leur préparation opérationnelle, les bataillons populaires de Lougansk me semblent bien mieux équipés que l’armée ukrainienne, et surtout, extrêmement motivés. Des milliers de personnes pourraient y perdre la vie ! »

Pour Rouslan Kotsaba, c’est Kiev qui porte la responsabilité directe de la tragédie de l’Est ukrainien. Il dénonce un pouvoir qui, au cours de toute la période d’indépendance de l’Ukraine, n’a jamais rien apporté à ces régions.

Récemment, Mark Franchetti, un journaliste du Sunday Times ayant passé trois semaines dans l’Est ukrainien aux côtés du bataillon des insurgés Vostok, avait témoigné en direct lors de l’émission de télévision ukrainienne Shuster Live. Ses propos avaient fait voler en éclats les représentations forgées par les médias ukrainiens au cours des derniers mois.

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