À Washington, Fabius tient tête aux Américains

Mardi 13 mai, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, en visite à Washington, a défendu la vente des navires de guerre de type Mistral à la Russie.

Laurent Fabius et John Kerry. Crédits : FranceintheUS
Laurent Fabius et John Kerry
Crédits : FranceintheUS

« Les contrats signés [avant la crise ukrainienne] doivent être honorés. Juridiquement, nous n’avons pas la possibilité de ne pas les honorer », s’est justifié M. Fabius lors d’une conférence de presse à Washington le 13 mai, ajoutant que plus de la moitié des 1,2 milliard d’euros que représentent la vente des deux navires avait déjà été versée par la Russie.

Le chef de la diplomatie française a ainsi souhaité répondre aux « inquiétudes américaines » émises depuis jeudi 8 mai par Washington quant à la vente par Paris à Moscou de deux bateaux militaires en pleine crise ukrainienne et au moment où les Occidentaux prennent des sanctions contre la Russie.

Suite à sa rencontre avec le secrétaire d’État américain John Kerry le même jour, M. Fabius a toutefois affirmé brièvement que son homologue ne lui avait pas demandé de renoncer à ce contrat et que de toute manière « la décision définitive sera prise en octobre prochain ».

Quant aux pressions exercées par les États-Unis sur leurs alliés pour qu’ils imposent des sanctions plus sévères à la Russie suite au rattachement de la Crimée, et de la dissuader d’intervenir en Ukraine, Laurent Fabius n’a pas hésité à contre-attaquer avec vigueur pour défendre la diplomatie française. « La France n’a de leçon de fermeté à recevoir de personne », a déclaré Laurent Fabius, taclant la politique américaine en Syrie, opposée à sanctionner le régime d’Assad pour ses frappes militaires, en août dernier.

Le chef de la diplomatie française n’a cependant pas exclu l’élargissement des sanctions si la Russie mettait en péril l’élection présidentielle anticipée du 25 mai en Ukraine. « Si par obstruction les élections étaient impossibles, à ce moment-là nous devrions examiner un échelon supplémentaire (de sanctions) qui pourrait évidemment concerner toute une série de secteurs, tels que l’énergie, la finance, la défense», a expliqué M. Fabius.

Pour la France, cela signifierait au minimum reporter les contrats de défense concernant les navires Mistral.

L’Union européenne a déjà élargi lundi 12 mai la liste de sanctions à l’encontre de la Russie à 13 nouvelles personnes et deux compagnies énergétiques de Crimée.

Les États-Unis et l’Union européenne examinent par ailleurs une série de sanctions qui pourraient toucher directement les compagnies pétrolières et gazières russes en refusant de leur fournir les technologies modernes étrangères. Ce type de sanctions affecterait  le budget clé du pays qui dépend en grande partie de l’industrie du pétrole et du gaz.

Les Mistral, commandés par Moscou à Paris en 2011 pour 1,2 milliard d’euros et devant être livrés en octobre 2014 et en 2015, sont des bâtiments de projection et de commandement (BPC), des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères et des chars.

2 commentaires

  1. Si Fabius blâme les américains de ne pas avoir attaqué la Syrie, lui Fabius, pourquoi n’a t’il pas envoyé la petite armée française en Syrie.
    Fabius aurait préféré la Syrie aux mains de Al-Quaeda, des dijadistes que de Assad, protecteur des minorités chrétiennes et ami de la Russie.

  2. Aussi longtemps que la France va obéir aux Américains et leur impérialisme, Fabius ,ou son successeur, aura ce comportement ambigu : vendre ce que notre industrie fabrique ou être conciliant avec les USA. Concernant la Syrie, F. Hollande n’avait même pas a jouer les va-t-guerre avec ses petits bras et notre armée au budget réduit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *