Promesses et priorités du nouveau président ukrainien Porochenko

Petro Porochenko, élu ce dimanche 25 mai avec 54 % des voix, s’est d’ores et déjà exprimé sur ses priorités en tant que nouveau chef de l’État ukrainien. Au menu des promesses : quitter le monde des affaires, rétablir le dialogue avec la Russie et mettre de l’ordre dans le Sud-Est du pays.

Petro Porochenko lors de sa victoire le 25 mai. @lecourrierderussie
Petro Porochenko lors de sa victoire le 25 mai. @lecourrierderussie

Sur ses affaires

Le milliardaire ukrainien, dont l’édition nationale de Forbes évalue la fortune à 1,3 milliard de dollars, a promis de se débarrasser de tous ses actifs, en premier lieu de ceux qu’il détient dans le groupe de confiserie Roshen, qui lui avait valu son surnom de « roi du chocolat ». « Tout de suite après les élections, je vais conclure un contrat avec une société d’investissement afin de trouver un acheteur », a déclaré le nouveau président.

Porochenko compte toutefois conserver la chaîne télévisée d’information 5ème chaîne, qu’il avait créé en 2003 : « La 5ème chaîne ne sera pas vendue. Le rôle joué par la presse libre pendant la « révolution orange » et lors de notre révolution sur Maïdan a été essentiel » a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse donnée le lundi 26 mai à Kiev.

Sur le Sud-Est de l’Ukraine

L’une des promesses phares du nouveau leader ukrainien est de mettre de l’ordre dans le Sud-Est ukrainien. À l’en croire, l’opération antiterroriste lancée par Kiev le 8 avril contre les partisans de la fédéralisation dans le Sud-Est du pays se poursuivra, mais sous une autre forme : « Je demande à ce que l’on change de format : l’opération doit être plus courte dans le temps et plus efficace. » Il a précisé plus tard ses propos, ajoutant que l’opération antiterroriste ne devrait pas durer deux ou trois mois, mais être une « question d’heures ».

Le soir même des élections, le nouveau chef d’État a annoncé qu’il irait dans le Donbass afin de pacifier la situation et négocier avec les partisans de la fédéralisation. Notons cependant que, pour le moment, il ne s’y est toujours pas rendu.

Petro Porochenko s’est également dit prêt à accorder l’amnistie aux insurgés : « Pour ceux qui sont prêts à déposer les armes et qui n’ont pas de sang sur les mains, nous pourrons accorder une amnistie générale, après le désarmement. Il s’agit d’un pas décisif vers la paix. Mais ceux qui veulent aujourd’hui instaurer une Somalie au Donbass, qui sont non pour la langue russe ni pour la fédéralisation mais pour le droit de piller, de voler et de tuer – avec ceux-là, bien sûr, aucune négociation n’est possible » a-t-il souligné.

Au lendemain de l’élection présidentielle, le lundi 26 mai, l’armée ukrainienne a lancé une nouvelle « opération antiterroriste » contre les activistes pro-russes à l’aéroport de Donetsk, faisant de nombreux morts. Depuis, un couvre-feu a été instauré dans la ville et les écoles sont fermées.

Sur l’État ukrainien

Si le président se dit prêt à dialoguer avec les partisans de la fédéralisation, il a toutefois déclaré à plusieurs reprises que « l’Ukraine resterait un État unifié et ne deviendrait en aucun cas un État fédéral ».

Porochenko a cependant déclaré envisager, une fois que toutes les violences auront cessé dans le Sud-Est, la possibilité de l’organisation de « n’importe quel référendum » dans la région. Il préférerait toutefois y conduire de nouveau l’élection présidentielle, compromise par les tensions, « afin de permettre aux habitants du Donbass de se choisir un pouvoir qui les représente vraiment » a-t-il ajouté, sûr de lui.

Sur le dialogue avec la Russie

Le nouveau président ukrainien a souligné son intention de reprendre le dialogue avec la Russie : « La Russie reste notre plus grand voisin, malgré les problèmes auxquels nous faisons face. » Porochenko a ajouté qu’il souhaitait trouver, en accord avec la Russie, une solution pour sortir de la crise actuelle : « Indépendamment des difficultés dans nos relations bilatérales, nous avons assez d’options pour résoudre les problèmes accumulés. »

Sur la Crimée

Le président a en revanche affirmé qu’il ne reconnaîtrait en aucun cas ni le rattachement de la Crimée à la Russie ni les résultats des référendums conduits dans l’Est ukrainien. « Question de principe », s’est-il justifié.

Parmi les principales missions que s’est fixées le nouveau président ukrainien, le retour de la Crimée dans le giron ukrainien est la plus ambitieuse : « L’une des principales priorités de ma présidence et de tout le gouvernement ukrainien sera de résoudre la question criméenne : le retour de la Crimée en Ukraine et la protection des Ukrainiens vivant en Crimée qui, en raison de leur « facteur ukrainien », subissent des pressions extrêmement lourdes » a-t-il expliqué lundi 26 mai lors d’un briefing.

Sur l’adhésion à l’Union européenne

Sur la scène internationale, Porochenko souhaite se rapprocher de l’Union européenne et a promis aux Ukrainiens l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. « Dans peu de temps, nous allons entamer des négociations sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Ensuite, tout dépendra de nous, de la vitesse à laquelle nous mènerons les réformes, à laquelle nous changerons le pays. Je suis décidé. L’Ukraine fera partie de l’UE – je vous le promets » avait-il déclaré, le 27 avril, lors d’une rencontre avec les habitants de Berejany, dans la région de Ternopil, à l’ouest de l’Ukraine.

Sur Ianoukovitch

À propos de l’ancien président déchu Viktor Ianoukovitch, qui a jugé l’élection présidentielle illégitime, Porochenko s’est montré intransigeant : « L’opinion de Ianoukovitch ne m’intéresse que dans la mesure où elle concernerait son retour en Ukraine pour comparaître devant la justice. J’estime qu’il ne peut s’exprimer que sur ce point », a insisté le nouveau président.

6 commentaires

  1. Bref, un parfait toutou des USA et de l’UE.

    En ce qui concerne « la pacification », on a vu le résultat : les bandits du Secteur Droit n’ont pas hésité à achever des pro-russes blessés. Une image terrifiante et en dit long sur l’Ukraine « démocratique ».

  2. En prenant connaissance des propositions de ce confiseur on se dit qu’il devra emporter avec lui ses chocolats pour se donner une chance de succès dans les négociations qu’il envisage. Le référendum de Crimée si il est jugé illégal est bien réel et certainement plus éclatant que son élection qui a eu lieu que dans son territoire.

  3. l’Ukraine, un pont d’or dévasté.
    Je suis atterré depuis le début de cette guerre civil par le monceau de mensonges et d’inepties que les pro-russe ou les pro- européen profèrent. l’Ukraine devait être le pays qui réunis l’Est et l’Ouest. Un pont d’or entre l’Europe occidental et l’Europe orientale. Ce liens qui enfin unissait toute l’Europe de la pointe du Raz à l’Oural. l’Ukraine nous montre une véritable révolution! On prend les mêmes et on recommence!
    Et pendant que le peuple meurt, les technocrates de Bruxelles ainsi que les burochrates de Moscou décident de notre sorts à tous.

  4. Les propositions de Petro Porochenko me paraissent ambiguës . Soit il désire réconcilier les ukrainiens de l’Est et leur accorde d’office une amnistie générale sans conditions et ils discute avec eux de l’avenir de l’Ukraine de l’Est . Soit l’Ukraine deviendra un état fédérale comme la Suisse qui est un très bon exemple ou la situation redeviendra comme avant . Mais comme avant cela me semble impossible , se sera la guerre , logiquement l’Ukraine devra devenir un état fédérale si elle veut vivre en paix . Si c’est la guerre l’Ukraine de l’Est aura des armes très sophistiquées et l’UE et les Etats-Unis ne feront que aboyer . Petro Porochenko n’a peut-être pas compris qu’il n’ a pas d’amis , il est seul .
    Pour la Crimée par principe il doit contester mais la Crimée revient à ces origines , c’est à dire russe , c’est comme ça .
    A mon avis l’Ukraine comme état fédérale a beaucoup d’avenir . Blé , population instruite et pas dominé par une religion totalitaire et arriérée , des frontières et de plus état tampon entre l’UE et la Russie .

  5. Il peut rever mais nous n’en voulons pas dans l’union europeenne – trop de corrompus et l’union europeenne est faible et divisee – Il faut d’abord que le socle europeen soit solide – on est déjà trop nombreux – qu’il se debrouille – il va gouverner un grand pays qui etait riche et ce n’est pas notre faute si les oligarques l’ont vole –

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