Les cosaques, maîtres de la terre russe

On les avait crus morts il y a cent ans : les vrais cosaques ont quitté la Russie après la révolution de 1917, disions-nous, et ceux qui paradent dans leurs uniformes aujourd’hui, chantent leurs chansons et créent des associations sont des clowns, de faibles imitateurs, des acteurs déguisés, rien de plus. La crise en Ukraine a démontré combien nous avions tort.

On les a vus en Crimée d’abord : ces hommes robustes et barbus ne cachaient pas qu’ils étaient venus de Russie pour « aider leurs frères à défendre la foi orthodoxe ». On les a vus sur les barrages routiers à l’entrée de Sébastopol : avec les habitants locaux, ils contrôlaient les voitures afin que « les nationalistes du Secteur droit ne pénètrent pas dans la cité russe ». On les a vus sur la place centrale de Simferopol, aussi : avec des autochtones en tenue de camouflage, les cosaques surveillaient l’entrée des bâtiments administratifs.

Alexandre Mojaev, cosaque du Kouban. Crédits: Reuters
Alexandre Mojaev, cosaque du Kouban. Crédits: Reuters

Le 18 mars, quand Vladimir Poutine a demandé au Conseil de la Fédération de reconnaître les résultats du référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie, à Simferopol, à l’entrée d’une base militaire, un sniper a tiré sur des gens. Deux hommes ont péri : un officier ukrainien et un membre russe des brigades d’autodéfense. Le lendemain, leurs cercueils étaient placés côte à côte et les habitants de Simferopol les inondaient de fleurs. Le Russe s’appelait Rouslan Kazakov, il venait de Volgograd et c’était un cosaque. Quand la fusillade a commencé, il s’est jeté devant le corps de son camarade blessé afin de le couvrir. On ne sait pas si c’est son sacrifice qui a calmé les esprits, mais les militaires ukrainiens et les habitants pro-russes de Crimée n’ont pas levé les armes. Le sniper a échoué dans son geste de provocation : le carnage fratricide n’a pas eu lieu.

Rouslan Kazakov. Crédits: VK.com
Rouslan Kazakov. Crédits: VK.com

Puis, nous avons vu les cosaques en Ukraine, dans le Donbass : la photo de l’un d’entre eux a même été présentée par Jen Psaki, représentante officielle du Département d’État américain, en guise de preuve de la présence de forces spéciales russes en Ukraine. Mme Psaki a présenté au Conseil de sécurité de l’ONU deux photos d’hommes barbus en tenue de camouflage : l’un des clichés avait été pris en Géorgie en 2008, l’autre en Ukraine, en avril 2014. Selon Psaki, il s’agissait du même homme mais les journalistes ont vite trouvé l’erreur : sur le cliché géorgien figurait Khamzat Gaïrbekov, chef du bataillon Vostok, et sur l’autre, Alexandre Mojaev, cosaque du Kouban, venu en Ukraine « afin d’aider ses frères à libérer la terre russe ».

Faut-il plus de preuves pour démontrer que ce sont les Russes qui sèment le trouble en Ukraine ?, diront certains. Effectivement, les cosaques russes sont présents sur le territoire ukrainien et ils ne cherchent pas à le dissimuler. Mais s’agit-il de perfides espions de la Direction générale du renseignement de l’état-major russe, ou d’hommes simples, qui se sont soudain sentis concernés par ce qui se passe au Donbass ? – chacun en décidera pour lui-même.

Ce qui saute aux yeux, quand on les écoute, c’est en tout cas que pour ces cosaques, comme pour beaucoup d’habitants de l’Est de l’Ukraine, la terre russe ne s’arrête pas à la frontière russo-ukrainienne. Elle s’étend jusqu’au Dniepr. Une vidéo circule actuellement sur le Net, montrant Mikhaïl Khodorkovski en train de discuter avec les habitants de Donetsk. L’homme d’affaires explique aux gens que, vu la situation économique difficile, la Russie n’a aucun intérêt à intégrer le Donbass.

« Mais c’est quoi, la Russie ? répondent-ils en chœur à l’oligarque déchu. Vous croyez que c’est la seule Fédération de Russie ? Mais nous aussi, nous sommes la Russie, nos terres sont tout aussi russes. La vérité, il faut la chercher non dans l’économie mais dans la conscience juste. »

Une affirmation qui fera froid dans le dos de certains – ces Russes savent-ils seulement respecter les frontières ?! – mais qu’il est indispensable de prendre en considération dès lors que l’on souhaite comprendre ce qui se passe réellement en Ukraine.

La crise en Ukraine a en effet l’avantage de briser les mythes : sous nos yeux, l’image glacée des shows télévisés se met à déteindre, et derrière, nous découvrons une clairière dans les bois, où des hommes armés sentant la sueur et l’acier envoient valser toutes nos représentations. Nous avions pris l’habitude de croire que les frontières tracées en 1991 par Eltsine, Kravtchouk et Chouchkievitch à travers les forêts biélorusses étaient inébranlables, que la décision des trois chefs d’État nouveau-né ne pourrait jamais être revue. Et voilà qu’à la première secousse importante dans l’espace post-soviétique, on voit revenir sur l’avant-scène ceux que l’on croyait évanouis il y a longtemps : des personnages de contes à dormir debout, des inspirateurs séculaires de révoltes populaires, des cosaques. Et voilà que le monde entier découvre que ces hommes ont leur vision propre des frontières, et qu’ils sont prêts à la défendre les armes à la main.

Parce que l’Ukraine, malgré toutes ses tentatives de se positionner comme l’État unitaire de la nation ukrainienne, ne l’est pas. L’Ukraine actuelle est constituée de deux parties inégales, au passé foncièrement différent : les provinces de l’Ouest ont longtemps fait partie de l’empire austro-hongrois, qui s’était fixé pour mission de cultiver chez les populations locales l’esprit d’un nationalisme ukrainien virulent – afin de contrer l’influence russe.

De l’autre côté : les provinces de l’Est, ancien champ sauvage, peuplé depuis le XVIIème siècle par des colons russes, baptisé « Nouvelle Russie » et rattaché à la république socialiste d’Ukraine par Lénine en 1920. Le chef du premier État socialiste voulait ainsi diluer la population paysanne d’Ukraine dans les mineurs du Donbass, afin d’y augmenter la part des « prolétaires ». Peu importe : bien que considérées dès lors comme ukrainiennes, les populations du Donbass ont continué de parler russe et ont gardé un fort attachement à la Russie. En réalité, elles n’ont jamais pensé en être séparées, et rien ne le prouve mieux que leurs insurrections contre Kiev.

Ces hommes, par leur simple présence, déconstruisent une à une nos idées sur comment le monde est fait. Grâce à eux, on réalise que non, la planète entière ne veut pas « entrer dans l’UE » et vivre selon les normes européennes. Que l’Europe n’est pas un exemple pour tout le monde, qu’il est des gens qui préfèrent creuser dans la neige leur propre sentier plutôt qu’être contraint de suivre une voie qu’ils ne se sont pas choisie, même s’il s’agit d’une autoroute goudronnée. Dans l’univers de ces hommes, des choses auxquelles nous croyions avoir toujours cru – l’immunité diplomatique, la liberté de la presse, l’autorité des organisations internationales – retrouvent leur vacuité originelle. À Slaviansk et dans les alentours, ce qui compte, ce n’est pas votre passeport, mais vos intentions. Ici, les amis seront bien accueillis, mais les ennemis iront en prison, et leurs cartes de presse ou d’identité européenne n’y feront rien. Ces « talismans » perdent toute leur force dans les bois de Slaviansk. Sur ce territoire, ce sont d’autres objets qui sont sacrés.

Le ruban de Saint Georges, par exemple. Le bout de tissu qui servait jusqu’ici aux Russes à décorer leurs voitures pour le 9 mai est devenu, en Ukraine, le signe de distinction entre les prorusses et les pro-ukrainiens : quand les Berkout sont passés dans le camp du peuple du Donbass, ils les ont enfilés en guise de brassards.

Les protestataires qui occupent en ce moment même les bâtiments administratifs de la région de Donetsk portent eux aussi des rubans de Saint Georges. Le ruban irrite terriblement les Ukrainiens pro-européens : ils traitent ceux qui le portent de doryphores ; preuve de la puissance symbolique de l’objet.

L’hymne et le drapeau russes, ensuite. Il ne sera pas exagéré de dire que les Russes se sont « approprié » leur hymne post-soviétique lorsqu’ils l’ont entendu chanter par les foules de Lougansk. Qu’ils ont « acquis » leur drapeau lorsqu’ils l’ont vu flotter au sommet des parlements de Sébastopol, de Simferopol, de Donetsk, de Lougansk, de Slaviansk et d’autres à venir. Nulle surprise, dès lors, au fait que sur ces terres, les cosaques n’ont plus du tout l’air de guignols. En prenant les armes et en allant se battre pour les valeurs qui leur sont chères, ils nous ont montré que c’est nous qui vivions dans l’illusion, que c’était nous, les clowns. Que les beaux discours et les grandes causes ne valent rien tant que l’on n’est pas prêt à mourir pour eux. Irrévérencieux, bagarreurs, impétueux, les cosaques font irruption dans notre monde confortable. De leurs piques, ils en cassent les murs – et le monde entier réalise qu’ils étaient en papier.

On les croyait disparus, exterminés, anéantis depuis au moins 70 ans, ces gardiens des confins russes – et les voilà qui se réveillent et, mus par un instinct obscur, forment des troupes et partent à la défense du monde russe, cette conception des siècles passés, morte depuis longtemps, qui soudain, sous leurs pas lourds, dans leurs combats désespérés et par leurs sacrifices volontaires, ressuscite et retrouve son souffle, son sens et sa beauté. Comme le ruban de Saint Georges. Comme l’hymne et le drapeau. Comme la Russie même.

19 commentaires

  1. je vous embrasse; fraternellement et universellement…!
    j aimerais avoir un fil d’une moustache d cosaque… je me ferais un violon pour chanter du CHAIKOVSKI… Lumiere;
    je vous aime INFINIMENT…

  2. Dans un article que vous aviez fait precedemment sur les cosaques en les traitant de clowns, je vous avais fait un commentqire incendiaire qui prefigurait cette realite: je suis content que vous vous soyez reveillés. Un journal parlant serieusement de Russie ne peut denigrer la cosaquerie alors que cette communauté est un des socles fondateurs de l’Etat-continent.

  3. Moi, j’ai toujours aimé les cosaques et leurs chansons. Je ne suis pas étonnée. Je ne les ai jamais pris pour des clowns.

  4. Ce matin, sur CN, les commentaires étaient très documentés. Les américains sont mieux informés par des gens de culture.
    On apprend, que Biden, vice-président US, a placé son fils à la société BARISMA, principale société d’Ukraine en énergie et carbure. Barisma possède une mine près de Donetshk..
    De plus, on apprend que les dirigeants du gouvernement temporaire d’Ukraine ont été nommés par l’assistante secrétraire à l’État Us,( elle même juive) et qu’ils sont juifs. on y donne leurs anciens noms etc.

    Est-ce que CNN a changé de modérateurs pour le contrôle des commentaires?

  5. N’importe quoi. Donnez-vous la peine de lire la presse sérieuse russe sur le sujet et vous verrez que les Cosaques ne sont qu’un ramassis de brutes criminalisées nationalistes et xénophobes, qui se sont un peu trop vite arrogés le statut de gardien de l’ordre public lorsque l’URSS s’est effondrée. le problème c’est que leur ordre public implique un ordre moral, or toute la Russie ne tient pas forcément à porter barbe et foulard, à vivre dans des isbas et à porter des lapti, en tout cas c’est un look peu courant dans les rues moscovites, allez savoir pourquoi.

    Le problème aussi c’est que ce sont des bandits, comme l’a montré l’histoire de Kouchevskaïa.

    Faux mythe le cosaque, oubliez! Et ce sont pas les gens des Terres Noires qui doivent les supporter au quotidien qui me contrediront!

    1. Si vous les traitez de bandits incultes et criminels, vous vous trompez lourdement, cher ami. Déjà, il faut être parmi eux et avoir, comme eux, la flamme de patriotisme qui, en Occident, se réveille que la veille des élections.

      Ensuite, il faut bien connaître l’histoire de la Russie et vous verrez que leur existence remonte au-delà du 17e siècle. Ils ne s’arrogent aucun pouvoir, ils continuent leur mission de défense de la Patrie qui leur était assignée par Dieu et le Tsar.

    2. C’est ça c’est ça je suis un Français abruti incapable de comprendre l’essence de ce peuple supérieur? Lisez donc l’interview du leader cosaque de Kramatorsk sur gazera.ru d’aujourd’hui. On a tous les poncifs du nationalisme russe primitif:  » je suis un guerrier orthodoxe, « le plan Dules continue, des mercenaires du monde entier accourent », assénés par un type à la réputation douteuse.

      Et ne parlez pas de patriotisme ‘il vous plaît, celui de la majorité des Russes se bornant à arborer un ruban de saint-georges ou des inscriptions douteuses sur leurs 4 x 4 le 9 mai. Le vrai patriotisme c’est de payer ses impôts et de respecter les lois. Et vous pouvez bien vous moquer de notre cirque électoral démocratique et bien pensant, les chiffres parlent pour lui depuis un siècle.

      Pour finir je connais assez bien l’histoire de la Russie pour connaître l’histoire du pulpe cosaque, merci. Dieu et le Tsar ne sot dans la Russie d’aujourd’hui plus source de puissance publique, je ne comprends donc pas pourquoi des milices cosaques plus ou moins autoproclamées tournent dans diverses villes du pays soi-disant pour faire régner l’ordre public, en vérité pour emmerder le monde, passez)moi l’expression. Aujourd’hui que je sache la seule source de légitimité en Russie est le peuple, non? Après vous avez le droit d’être nostalgique du passé, on a plein de gens en France aussi qui voudraient revenir à l’Ancien Régime.

    3. Cher Didier, malgré votre diatribe fleurant bon le sentiment antirusse, j’ai de la sympathie pour vous car vous vous intéressez à la Russie, de façon négative, certes, mais elle ne vous laisse pas Indifférent.

      Vous parlez du nationalisme primitif russe, ok, mais, curieusement, vous ne parlez pas du tout du nationalisme ukrainien qui a provoqué cette situation, les gens brûlés vifs à Odessa, fusillés à Mariupol par de très démocratiques membres du Pravy secteur dont le chef brigue la présidence de l’Ukraine.

      Ces casaques russes sont là pour aider le peuple de l’est de l’Ukraine à lutter contre les néonazis ukrainiens. Vous ne comprenez pas pourquoi ils se réclament de Dieu et du Tsar ? Vous êtes « emmerdé » par eux ? Et bien, le peuple russe n’est certainement pas de votre avis, Bel Ami, du moins pour la majorité.

      Et non, cher Didier, le patriotisme russe ne se limite pas au ruban St Georges, quoique ce ruban est hautement symbolique pour les Russes : la victoire sur le nazisme. Je ne vous conseille pas de vous moquer du ruban St Georges devant un Russe : beaucoup de pères, grand-pères ont lutté contre le nazisme ou ont laissé leurs vies pour nous débarrasser tous de la peste brune.

      Puisque vous avez l’air de si bien connaître la Russie, vous devriez savoir que tous les Russes, même retraités, il me semble, paient leurs impôts : c’est prélevé directement à la source. Par contre, je ne dirais pas cela des oligarques, comme partout d’ailleurs : la Suisse ou les îles diverses ne sont pas loin, n’est-ce pas ?

      Et pour finir, partout où il y a le règne démocratique, c’est le peuple qui représente la source de la légitimité. Mais il y a des traditions, une culture, un passé très riche et qu’il ne faut pas oublier, ah oui, c’est vrai, pour certains intellectuels occidentaux, il faut devenir un mondialiste, sans racine, sans culture propre.
      J’arrête là, mon cher Didier, je vous laisse à vos intellectuels et vos propres réflexions.

    4. @ Lidia:

      merci de votre réponse aimable et constructive, je vais me donner la peine de répondre point par point:

      – je n’ai aucune sympathie pour les nationalistes ukrainiens de Pravy Sektor, ni pour le parti Svoboda, ni pour le politicien Tiagnibok. Ceci étant il est bon de savoir que Svoboda c’est 10% d’intentions de vote et Tiagnibok 3%. Et les Russes devraient faire l’effort de se mettre à la place des Ukrainiens de l’Ouest: cette région n’a jamais fait partie de la Russie avant 1945 et a subi une occupation au même titre que les anciens pays du bloc de l’Est. Je ne nie pas les excès commis par ces ultranationalistes mais les « séparatistes » d’Ukraine orientale sont également des assassins criminels. Et les cosaques viennent leur prêter main-forte, je maintiens.

      – je maintiens aussi que les Russes, en dépit de leurs déclarations, ne sont pas les grands patriotes qu’ils prétendent être. Le port ostentatoire du ruban de saint-Georges au 9 mai est un phénomène récent: (j’étais au 9 neuf plusieurs fois dans les années 90, il n’était pas sur toutes les voitures comme aujourd’hui; d’ailleurs, la « parade » du 9 mai ne date que de 1965, et se voit donner toujours plus de résonance médiatique au fur et à mesure que le temps passe.

      J’en veux pour preuve que tous les petits garçons franco-russe ne sont que français, leur mère voulant leur éviter les affres du service militaire; j’en veux pour preuve l’empressement des élites russes à placer leur argent à l’étranger et à y envoyer leurs enfants; j’en veux pour preuve le travail au noir généralisé (c’est de ça que je parle quand je dis que les Russes payent mal leurs impôts). Un vrai patriote a confiance dans son Etat, ou alors en débarrasse son pays si ledit Etat est inefficace: les Russes ont une confiance très limitée dans leur Etat, mais visiblement ne sont pas prêt à s’en débarrasser. Et puis si les Russes étaient patriotes, ils suivraient plus leur championnat de foot que la Premier league anglaise!!

      La vérité est que le « patriotisme » russe est la réaction d’un pays humilié en 1991 et qui a l’impression qu’il peut de nouveau jouer les matamores.On a comparé avec l’Allemagne humiliée en 1919, mais la différence avec le traité de Versailles c’est que l’URSS n’a pas perdu de guerre, elle s’est torpillée toute seule avec son système économique absurde où un tiers de la richesse servait à faire des armes. Or ça les Russes ne le disent pas, à les croire ce sont les méchants Américains qui sont coupables de tout. Personne ne nous aime, c’est la faute à tout le monde, c’est trop facile!
      De même qu’ils ne racontent pas tout sur la deuxième guerre mondiale, qui se résume dans les livres d’histoires russes à une succession d’actes héroïques. Les historiens américains écrivent aujourd’hui des livres sur les viols auxquels se sont livrés les GI’s en 44, et comme les historiens russes s’interdisent d’étudier de pareils sujets, ils laissent le soin aux historiens anglais de le faire pour eux, c’est impitoyable (lisez « La bataille de Berlin » d’Anthony Bevor). Mais en Russie, il y a visiblement une « histoire officielle » qu’il ne faut pas « falsifier ».

      Je précise que mon grand-père a lui aussi fait la guerre, il a d’ailleurs été libéré par les Russes, les Russes n’ont pas l’exclusivité du sacrifice non plus, et c’est quelqu’un qui doit régulièrement rappeler aux ignorants la contribution décisive de l’Armée rouge dans la victoire contre l’envahisseur nazi qui vous le dit!

      Enfin, ces fameuses valeurs dont mes amis me rebattent les oreilles, pas tous heureusement. Quelles sont-elles?

      Le mariage, institution sacrée? D’accord. Mais il y a 50% de taux de divorce en Russie, où l’âge moyen de perte de virginité est le même peu ou prou qu’en Europe de l’Est, et les Russes ne font pas beaucoup d’enfants comme nous.

      L’homosexualité, source de tous les péchés? La société russe n’a pas sur l’homosexualité un regard bien différent des sociétés polonaise, lituanienne, roumaine ou serbe. Ces quatre pays ne se sont pas sentis obligés de légiférer inutilement à ce sujet, comme si on voulait empêcher que les homosexuels russes deviennent visibles. Ils ne l’étaient pas il y a quinze ans ils le sont aujourd’hui, c’est un fait, et ce sera difficile à empêcher, ou à tout le moins à justifier d’un point de vue juridique.

      L’attachement à nos racines religieuses? Que les Russes aillent à la messe d’abord, il y a 5% de pratiquants comme chez nous, les communistes ont bien réussi leur travail, et ce n’est pas l’Eglise orthodoxe bien trop dépendante du pouvoir temporel qui pourra donner des cadres moraux à la population russe, si celle-ci en avait besoin. Par ailleurs, et c’est le chrétien en moi qui parle, je n’ai pas l’impression que l’Eglise orthodoxe russe soit portée particulièrement à la compassion et au pardon comme elle devrait le faire, sans parler de sa haute hiérarchie formée à l’école du KGB.

      L’attachement à la terre natale? Mais alors pourquoi dès qu’ils ont un peu de pognon les Russes partent en vacances en Thaïlande, en Turquie, à Paris ou à Milan au lien d’aller visiter leur pays? Pourquoi tant de yuppies moscovites me disent fièrement qu’ils ne franchissent le périphérique que pour aller à Chérémétievo?

      Non franchement je ne vois pas tellement où sont les différences.
      Pardonnez-moi d’être un intellectuel et de lire des livres en plusieurs langues pour avoir des sources différentes et essayer de ne pas être prisonnier d’un seul point de vue, mais à part ça je pense pouvoir dire que je connais la Russie intimement vu le temps que j’ai passé dans ce pays et les liens que j’y ai. Et j’ai la faiblesse de m’appuyer sur des faits.

      Pour les autres qui invectivent sans argumenter, je maintiens ce que j’ai dit: les formations cosaques qui viennent maintenir l’ordre et défendre la patrie sont des troupes de bandits criminels. Ceux qui supportent leurs grandes gueules insupportables dans les petites villes de Russie où ils sont savent de quoi je parle, si jamais ils vont sur ce site!

  6. Les frontières sont artificielles, notamment celle entre la Russie et l’Ukraine, qui tend justement à séparer des terres considérées comme russes.
    Tant que c’est une frontière administrative à l’intérieur du même pays – Empire russe ou URSS – elle n’a pas grande importance.
    Lorsque elle devient internationale, la situation devient tendue.
    Mais lorsqu’on veut en transformer la partie ukrainienne en ENNEMI de la Russie (car l’entrée future de l’Ukraine dans l’Otan était claire et, en nous voilons pas la face, l’Otan, instrument de la géopolitique américaine, est l’ennemi de la Russie) cela devient intolérable et nous assistons au réflexe de survie de la conscience nationale russe, qui ne reculera devant rien, même devant un conflit armé, pour défendre ses intérêts vitaux (Bonaparte et Hitler l’ont appris à leurs dépens).
    Et merci aux apprentis sorciers, ignorants, arrogants et présomptueux, d’un occident en décadence pour nous avoir organisé une nouvelle tragédie.
    Quant aux Ukrainiens (nationalistes)… ils ont démontré, une fois de plus et comme en 1941, leur vraie nature: prêts à poignarder leurs frères dans le dos, en échange de quelques menus avantages (illusoires) et d’un mythe de supériorité « raciale » sur les Russes que les faits ont, à chaque fois, démenti.

    1. Il faut être taré pour ne pas comprendre que les cosaques sont des patriotes prés a se faire découper pour défendre ce qu’ils pensent être leur
      mission quasiment divine.
      Vous devriez regarder quelques vidéo du KKK le chœur des cosaques du Kouban et vous n’aurez plus besoin d’un dessin.

    2. Quelle haine, quel déchaînement, vous en connaissez beaucoup personnellement, des cosaques? A mon avis, pas des masses. Om et comment les auriez-vous fréquentés? Les gens comme vous rebondissent à la surface de la Russie sans jamais y pénétrer. Ils sont reçus uniquement par ces gens qui méprisent leur propre peuple et disent « ce pays » avec mépris. Ils sont d’ailleurs semblables dans tous les pays, une écume de bobos sans racines, avec des discours ready made.

    3. Au vu des réactions à mon commentaire, j’ai dû très mal le rédiger vu qu’il a été compris à l’envers tant par ClaudeB que par Laurence Guillon.
      A moins que leurs commentaires ne sont apparus que par erreur en réponse qu mien, et qu’en fait il était adressé à d’autres (Didier) ? Bah…

  7. les Cosaques…On en parle,C’est le principal….Laissons voir venir.
    Orthodoxie : 5% de pratiquants ? Mais d’ou proviennent de telles sources? Il suffit de se rendre sur place, dans les petites villes de province,ou même de grande ville comme Saratov ou Moyenne comme Tambov, pour se rendre compte de la ferveur du peuple Russe!
    Le patriotisme ah! Le patriotisme, c’est un mot tabou en France…Je le déplore…Et oui les Russes le sont, et c’est très bien pour eux.
    Ne soyez pas jaloux de ce fait ! Et espérons que nous n’ayons plus a faire appel à eux pour nous venir en aide.
    La corruption ! Nous sommes bien placé pour en parler! Laissez moi rire.
    Le travail au noir n’existe pas en France? Laissez moi rire.
    Au fait savez vous qu’il existe une » présence » cosaque à Marseille?
    Tremblez tous devant ces barbares au couteau entre les dents!

  8. Mon grand père étant Cosaque, parti de sa terre natale en 1917, il intégra la Légion Etrangère à son arrivée en France et rejoignit l’ Afrique du Nord puis l’ Indochine, colonies françaises à cette époque, pour revenir s’ installer dans notre pays, serait certainement surpris par la définition de patriote russe.

    Par essence, un Cosaque est un homme apatride ou plutôt un homme libre. L’ origine des Cosaques est bien plus complexe et résumé l’ histoire des Cosaques à la Russie est à mon sens très simpliste.

    La Russie tout au long de son Histoire a eu fort à faire avec cette communauté difficilement gérable. Ce n’ est qu’ au 18° siècle que les Cosaques ont été « domestiqué » (russification) par l’ Etat russe et intégré comme caste militaire (en échange de privilèges et d’ une certaine « autonomie »). Ils devaient un service militaire très long et étaient employés sans ménagement dans les conflits.

    En 1917, certains ont soutenu les blancs, d’ autres les rouges. Quelques uns ont eu la chance de partir. Par la suite, les cosaques ont subit une grande répression par le régime communiste, excepté durant le conflit de 39/45 ou Staline a eu la bonne idée de les envoyer au front. Mais une grande partie d’ entre eux, dès 1941, ont préféré rejoindre les Nazis suite aux persécutions des russes durant deux décennies (1920/1940)…

    Avec l’ Ukraine, je pense qu’ on a encore une utilisation politique et médiatique des Cosaques par la Russie, réveillant aussi étrange que cela puisse paraître la fibre nationaliste russe, comme quoi l’ Histoire possède des contradictions incompréhensibles..

    Pour ma part, je pense que l’ histoire des Cosaques, ou de la « cosaquerie », c’ est définitivement éteinte à la Révolution bolchevik en 1917, seule la « diaspora » est encore digne de s’ approprier le terme de descendant de Cosaque, pour le reste ce n’ est qu’ imposture et manipulation.

    Bien à vous.

  9. J’ai encore relu la réponse de Didier. C’est une réponse typique, certes d’un homme cultivé, intelligent mais d’un intellectuel bien instrumentalisé par la propagande des gouvernements successifs contre la Russie.

    Mais je conçois que vous ne pouvez comprendre la profondeur du patriotisme russe qui ne se mesure pas seulement, je le répète, au port du ruban st-georges que j’affiche d’ailleurs fièrement dans les rues de Bordeaux.

    Si vous avez suivi dès le début le conflit dans le Donbass, vous n’auriez pas pu qualifier des combattants d’assassins. Des villes, villages bombardés, enfants tués, c’est bien l’oeuvre de l’armée ukrainienne.

    Mais je ne crois pas qu’on puisse vous persuader ne serait-ce que réfléchir à nos propos. Désolée de vous le dire, Didier, vous avez une vue limitée à une critique de la Russie sans rien de positif. Et enfin, n’oubliez pas, l’Ukraine existe que grâce à Lénine et ses bolcheviks d’abord, à Staline ensuite et enfin, à Khroutchev qui dans un geste de largesse extrême « a donné » la Crimée à l’Ukraine. Et l’Ukraine de l’Ouest est composée de terres hongroise, autrichienne, polonaise.

    Tout cela fait partie de l’histoire de la Russie et les cosaques russes en ont toujours été le pilier.

    Vous partez d’une situation établie sans tenir compte ni de son passé ni de son évolution.

  10. Les cosaques sont très différents selon leur origines ou leur fidélité. Les cosaques de Makhno en Ukraine par exemple, était libres et anarchistes et ont combattus , les russes blancs et les bolchéviks par la suite alors qu’ils étaient pour la révolution russe de 1917. Lors de cette révolution certains cosaques ont pris part à la révolution, d’autres ont protégé le Tsar et d’autres encore plus tard, on rejoint les bolchéviks. Quoiqu’il en soit, ils font partie de l’Histoire de l’Europe de l’est (Russie, Ukraine, Pologne, Mongolie…)depuis des siècles et ne s’allient que très rarement pour la même cause, excepté entre le XVIII et le XIX ème siècle où la majeure partie était au service de l’empire Russe.

  11. merci pour ce temoignage qui nous change de l’eternelle betise de nos soi disant relais d’informations, je souhaite pour novorussia que la clique otano mafieuse ukrainiene soit demasquée au plus tot afin que les peuples prennent au plus vite leurs destin en mains,soutien total au peuple russe

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