Ukraine : pourquoi l’Est se soulève-t-il ?

Dans la journée du dimanche 6 avril, des manifestants pro-russes ont pris d’assaut plusieurs bâtiments officiels des villes de Kharkiv, Donetsk et Lougansk, dans l’Est de l’Ukraine. Lundi 7, les manifestants ont proclamé la création d’une république populaire autonome de Donetsk et fixé au 11 mai la tenue d’un référendum sur son rattachement à la Russie. Que se passe-t-il en ce moment dans l’Est ukrainien ? Le site d’information Vesti.ua a récolté l’avis de plusieurs experts.

Selon certains experts interrogés par Vesti.ua, les activistes pro-russes, en s’emparant de bâtiments administratifs, cherchent avant tout à attirer l’attention de la population. Ils n’ont pas de plan d’action particulier. Ce qu’ils veulent, c’est mobiliser les citoyens sympathisants dans un contexte de dégradation économique et d’intensification des humeurs contestataires.

Une autre partie des analystes estiment que les manifestants veulent reproduire « le scénario criméen », dont la prise des bâtiments administratifs serait la première étape. La deuxième sera de fixer, par le biais des conseils régionaux, des dates de référendum sur le rattachement à la Russie [ce qu’ont déjà fait les manifestants de Donetsk, ndlr]. Puis, on devrait voir arriver en Ukraine les troupes russes, sous forme de « groupes d’autodéfense ». Les divisions militaires ukrainiennes se retrouveraient bloquées par les locaux accompagnés des fameux « soldats d’armée indéterminée ». Enfin, une fois le « oui » obtenu au scrutin, ces territoires se détacheraient de l’Ukraine.

Pour le troisième groupe d’experts, enfin, la Russie n’a nullement l’intention d’envahir le Sud-Est de l’Ukraine. Les plans des dirigeants de la Fédération, à les en croire, seraient bien plus subtils : il s’agirait de saboter l’élection présidentielle, qui, rappelons-le, ne peut avoir lieu si l’état d’urgence ou la loi martiale sont décrétés. Et l’escalade des tensions dans la région justifierait précisément l’adoption de telles mesures.

La Russie ne serait d’ailleurs pas la seule à vouloir faire échouer le scrutin prévu le 25 mai prochain. Pour Alexeï Gontcharenko, député du conseil régional d’Odessa, « Vladimir Poutine a des alliés en Ukraine. Sans eux, jamais de tels événements n’auraient pu être organisés dans une région comme le Donbass. La présidentielle a son favori [Petro Porochenko, ndlr], et tous les autres candidats sont par conséquent désavantagés. Une défaite aux élections pourrait bien signer la fin de leur carrière politique », a déclaré M. Gontcharenko, par ailleurs président de la fraction de Petro Porochenko, à Vesti.

La position est partagée par Petro Porochenko lui-même, qui estime que les événements de ce dimanche visent « à faire annuler ou reporter » l’élection. Toutefois, un tel scénario «  ne se produira pas », a-t-il assuré dimanche soir, cité par l’agence de presse Interfax-Ukraine.

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