Sergueï Narychkine : « On ne peut laisser des nationalistes apporter la démocratie ! »

Sur fond de crise ukrainienne et des tensions internationales qu’elle génère, le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Sergueï Narychkine, était en visite à Paris les 14 et 15 avril pour participer aux célébrations du 60ème anniversaire – le 16 avril – de l’entrée de l’URSS à l’Unesco.

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Sergueï Narychkine. Crédits : duma.gov.ru

M. Narychkine a assisté lundi 14 avril à l’ouverture d’une exposition photographique sur les 60 ans de l’URSS au sein de l’Unesco. Dans son discours, le président de la Douma, et directeur de l’Association d’histoire russe, a insisté sur l’importance de l’Unesco : « une des rares organisations non-politisées à être réellement influente » en Russie. Pour lui, « le rôle de l’Unesco dans le maintien du dialogue international ne fera que se renforcer face aux problèmes actuels ». Il a également déclaré que les dirigeants politiques ne pouvaient refuser le dialogue, peu importe à quel point cela leur est difficile.

Lors de ce déplacement à Paris, les interventions du président de la Douma sont toutes rapidement revenues à la crise ukrainienne. Sergueï Narychkine a notamment souligné que la « démocratie ne pouvait être portée par des nationalistes ». Il considère ainsi que « l’élan démocratique initial de beaucoup de gens en Ukraine a été, en pratique, réduit à néant par les radicaux ».

M. Narychkine identifie les racines de la crise en Ukraine dans « les graves lacunes d’une politique qui a consisté non à rassembler les gens mais à supprimer les codes culturels de populations entières, en leur refusant le droit de parler leur langue maternelle et de vivre selon leurs traditions nationales ».

À propos de la décision de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de priver la Russie de son droit de vote jusqu’à la fin de l’année 2014, M. Narychkine s’est dit « déçu », mais a assuré que la Russie n’envisageait pas de quitter l’organisation.

Quant aux sanctions occidentales contre la Russie, le président de la Douma, d’ailleurs visé personnellement, les a qualifiées de « stupidité sans nom » et de « position lâche des partenaires occidentaux ».

Narychkine dénonce ainsi un « cas sans précédent dans l’histoire des relations internationales », rappelant que de telles mesures n’avaient pas été prises même durant les périodes les plus tendues de l’histoire, comme la crise des missiles de Cuba en 1962. En outre, a-t-il souligné, « l’histoire des sanctions montre une chose : leur inefficacité ».

M. Narychkine, soumis par l’Union européenne au gel de ses avoirs et à une restriction de visas, n’a pu rencontrer aucun responsable politique français pendant son séjour dans la capitale. Il n’était cependant pas sous surveillance, et libre de ses mouvements. Il n’avait pu faire le déplacement que parce que l’Unesco, en tant qu’organisation internationale basée à Paris, a le droit d’exiger que la France délivre des visas dérogatoires à des personnes sous le coup de sanctions mais devant participer à des évènements internationaux.

2 commentaires

  1. de quelle nationalisme, on parle là???
    je considère que la nazisme n a pas été un courant nationaliste mais un courant politique criminel…
    les vrais nationalistes ne partent pas en croisade… pour conquérir d autre territoires…il s organise sur son territoire et ne tuent pas non plus les étrangers…
    ne peut pas être une comparaison avec un nationalisme simple et propre…

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