Vladimir Poutine : « Nous ne partirons pas en guerre contre le peuple ukrainien »

Le président Vladimir Poutine a tenu le 4 mars une conférence de presse sur la situation en Ukraine.

Vladimir Poutine. Crédits : kremlin.ru
Vladimir Poutine. Crédits : kremlin.ru

Sur une possible action militaire en Ukraine

Nous ne partirons pas en guerre contre le peuple ukrainien. Nous n’en voyons pas, pour le moment, la nécessité ; même si cette possibilité existe. Les exercices que nous avons conduits récemment ne sont pas liés aux événements en Ukraine. Le recours à l’armée est une situation extrême. Mais le président légitime de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, nous a adressé une demande directe d’aide militaire pour la protection des citoyens ukrainiens.

Nous assistons en ce moment même, dans certaines régions d’Ukraine et notamment à Kiev, au déchaînement des néonazis, des nationalistes, des antisémites.

L’envoi des troupes, c’est une mesure extrême. Nous considérons que l’Ukraine est notre très proche voisin, une république sœur. Nos forces armées respectives, ce sont des camarades d’armes, des amis. Je suis certain que les militaires ukrainiens et les militaires de la Fédération russe seront du même côté des barricades.

C’est à peu près la même chose qui se passe actuellement en Crimée. Il n’y a pas eu un seul combat, pas un seul coup de feu. La seule chose que nous avons faite, c’est renforcer la protection de nos sites militaires.

Sur la réaction de l’Occident

On a qualifié nos agissements en Ukraine d’ « illégitimes ». Je me permettrai donc de rappeler à nos partenaires occidentaux leurs opérations en Libye, en Irak, en Afghanistan… tous ces cas où ils ont sciemment violé les résolutions internationales.

J’ai toujours pris position pour le respect des normes internationales. Même si je décide un jour d’avoir recours à l’armée en Ukraine, ce sera une mesure conforme au droit international : parce qu’elle répondra à la demande du président ukrainien que je reconnais comme légitime à ce jour, Viktor Ianoukovitch. Nous défendrons alors des gens dont nous considérons qu’ils nous sont proches, avec qui nous avons une histoire commune, à qui nous sommes liés culturellement et économiquement. Il en va de nos intérêts de prendre leur défense. Nous n’avons pas l’intention d’annexer qui que ce soit – simplement, nous ne resterons pas sans rien faire si ces gens sont persécutés ou assassinés.

Sur d’éventuelles sanctions économiques occidentales

C’est à ceux qui imposent les sanctions de penser aux conséquences. Dans un monde interdépendant, les dégâts sont mutuels. À Kiev, nos partenaires occidentaux ont soutenu un coup d’État anticonstitutionnel. J’ai d’ailleurs demandé à mon gouvernement de réfléchir à la manière dont nous pourrons poursuivre les négociations avec des gens que la Russie considère comme illégitimes en Ukraine, dans le domaine de l’économie, de l’industrie…

Ces menaces à l’égard de la Russie sont contre-productives. Sur la question du G8, [Sept pays du G8 – les États-Unis, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Canada et le Japon – ont suspendu le 3 mars leurs préparatifs pour le prochain sommet, qui doit avoir lieu en juin 2014 à Sotchi, ndlr] nous préparons le sommet – et ceux qui ne veulent pas venir, qu’ils s’abstiennent.

Sur la situation des marchés

Les marchés ont réagi nerveusement bien avant les événements en Ukraine. C’est lié à la politique financière des États-Unis : ils ont rendu leur marché attrayant pour les investisseurs, et ces derniers ont tourné le dos aux autres marchés. C’est l’Inde qui a le plus souffert parmi les pays des BRICS.

Quant à l’Ukraine, c’est certain, la politique influence toujours les marchés – mais seulement temporairement [l’indice de la bourse russe RTS a chuté le 3 mars de 12 % après l’annonce, le 1er mars, d’une éventuelle intervention militaire en Ukraine. Mais il a regrimpé de 4,4 % dès le lendemain, ndlr].

Sur l’avenir de la Crimée

Nous n’avons pas l’intention de rattacher la Crimée à la Russie. Il n’y a que les habitants de cette région qui pourront décider de leur avenir. Le droit des peuples à l’autodétermination a été accordé aux Albanais du Kosovo, et à d’autres peuples dans d’autres pays… Personne ne l’a abrogé à ce jour. Mais en ce qui nous concerne, nous n’encourageons nulle décision de ce type, nous ne provoquons personne. Nous pensons que seuls les citoyens du territoire concerné ont le droit de statuer sur leur destin.

Sur l’avenir politique de Viktor Ianoukovitch

Ianoukovitch n’a plus d’avenir politique – c’est ce que je lui ai dit. Je l’ai aidé pour des raisons humanistes, car je pense qu’autrement, il aurait été tué. Si on y réfléchit, qui donc est à l’origine de tout ce chaos ? Que Ianoukovitch n’ait pas signé l’accord d’association avec l’UE – aujourd’hui, cela paraît absurde. D’ailleurs, il n’a pas refusé de signer, il a juste fait savoir que l’accord ne correspondait pas aux intérêts nationaux de l’Ukraine, notamment sur la question de l’introduction des standards techniques européens dans l’économie nationale. Il a juste dit : « Discutons-en encore ».

Puis, les troubles ont commencé. Ianoukovitch a agi strictement dans le cadre de ses compétences, et cela a poussé l’Occident à soutenir les forces d’opposition. Mais comment l’Occident a-t-il pu aller jusqu’à faire un coup d’État militaire ?! Tout cela est inadmissible.

Sur qui se cache derrière le coup d’État

Nous avons tous vu à quel point les combattants étaient bien entraînés : les Occidentaux y sont pour quelque chose. Toutefois, si le pouvoir en place avait été stable et fort, aucun nationaliste n’aurait pas pu parvenir à ce résultat. En réalité, aucun des gouvernements de l’Ukraine contemporaine n’a jamais pensé aux gens. Bien sûr, nous avons nous aussi, en Russie, notre lot de problèmes, mais leur gravité est plus relative (…) À Kiev, il aurait fallu lutter contre les clans et la corruption. Les gens le savent, et ça les rend méfiants envers le pouvoir. Ils sont déçus, ils voudraient voir apparaître dans le paysage politique ukrainien de nouveaux visages. Ce changement était nécessaire, mais il aurait dû se faire naturellement.

Sur la violation des accords de Budapest

On dit que ce qui s’est passé en Ukraine est une révolution. Et qu’est-ce qu’une révolution ? C’est un nouvel Etat qui naît sur un même territoire. Comme ce qui s’est passé après l’effondrement de l’empire russe. Et autant que je sache, nous ne sommes liés, avec ce nouvel État, par aucun accord…

6 commentaires

  1. Poutine peut dire ce qu’il veut. L’intervention russe en Crimee a un nom depuis la fin des années 1930 : Anschluss.

  2. Bravo, Poutine. L’Occident a la mémoire courte. Les USA et la Grande Bretagne ont bien menti sur les soi-disant armes chimiques pour agresser l’Irak. Les forces européennes sont bien intervenues militairement à Kosovo pour semer le chaos. Avant de donner des leçons de morale, Barack Obama et les européens devraient balayer devant leur porte.

  3. Raoultabi, j’espère que les gens de Crimée ne vous liront pas car leurs ancêtres ont lutté contre l’Anschluss des nazis pendant la 2ème guerre mondiale.
    D’autre part, vous ne voulez surtout pas admettre que la Crimée a demandé de l’aide aux Russes. Dès qu’il s’agit des Russes, il faut toujours les vilipender.
    Et si vous pensiez par vous-même ?

  4. Vive POUTINE
    La Crimée a fait son choix et si certain gesticule, c’est parce que ca ne leur arrange pas. Ils désirent une marrionnette totalement contrôlable à la tête de l’Ukraine.

  5. l’europe et les etats unis n’arreteront pas tant que ce moujik de poutine sera pas eliminé du jeu politique il faut a tous prix et par tous les moyens sans en exclure aucuns arréter ce tsar d’operette et le mettre au pas,ils n’ont pas été capable d’arreter les talibans sous armés sous équipés alors que vont ils réussir a faire face a un bloc comprenant l’europe et nos freres américains?

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