Kharkiv : deux morts dans les affrontements entre pro-russes et nationalistes

Alors que les affrontements entre manifestants pro-russes et militants du groupe d’extrême droite Secteur droit ont fait deux morts dans la nuit du 14 au 15 mars à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, les manifestations se sont poursuivies dimanche 16 mars.

Kharkiv
Kharkiv. Photo : facebook

Retour sur un week-end mouvementé.

Selon les organisateurs de la manifestation du dimanche 16 mars, à Kharkiv, en soutien au référendum de Crimée, plusieurs habitants ne s’y sont pas rendus par peur de la présence des activistes radicaux du mouvement nationaliste Secteur droit. Ils étaient pourtant plusieurs milliers à participer à ce rassemblement populaire au cours duquel a été simulée l’organisation d’un scrutin proposant aux électeurs de s’exprimer sur trois points : le pouvoir du peuple, la souveraineté linguistique et l’indépendance économique vis-à-vis de Kiev.

Les manifestants ont déployé un drapeau russe de 30 mètres de long et ont défilé avec en direction du consulat général de Russie. Les habitants de Kharkiv ont ainsi demandé au président russe Vladimir Poutine « de les protéger des nazis qui font partie du gouvernement actuel à Kiev et des néo-fascistes du Secteur droit ».

Pour mémoire, des affrontements ont commencé dans la nuit du 14 au 15 mars entre manifestants pro-russes et militants du Secteur droit, sur la place de la Liberté à Kharkiv. Selon le portail Vesti.ru, les militants nationalistes, arrivés en bus, auraient lancé des grenades lacrymogènes sur les manifestants pro-russes.

Ces derniers auraient ensuite poursuivi leurs assaillants, qui se seraient à leur tour barricadés dans un bâtiment de la rue Rymarskaïa, QG du mouvement nationaliste, enlevant trois otages. Selon certaines sources, ils auraient assuré leurs arrières en lançant des cocktails Molotov et en tirant à la kalachnikov. Lorsque les habitants de la ville ont tenté de pénétrer le bâtiment de force, les occupants auraient ouvert le feu, tuant un passant et un militant pro-russe.

Le chef de la ville, Guennadi Kernes, s’est chargé de négocier avec les militants nationalistes, parmi lesquels se trouvait leur leader, Andreï Biletski (ce dernier, qui purgeait une peine de prison pour « banditisme », a été libéré avec l’arrivée du nouveau pouvoir à Kiev, qui l’a qualifié de « prisonnier politique »).

Guennadi Kernes a donc assuré l’intermédiaire avec les 40 militants, qui réclamaient un bus afin de fuir vers la ville de Poltava. « La plupart avaient des fusils de chasse et des pistolets traumatiques. Je leur ai parlé. Je leur ai dit : Mais qu’est-ce que vous faites ? Ce n’est plus un jeu, vous tuez des gens ! », a par la suite témoigné le maire, qui est parvenu à faire libérer un otage.

Au matin du 15 mars, les radicaux ont finalement décidé de se rendre à la police. Le lendemain, le ministère ukrainien de l’intérieur a confirmé l’arrestation de plus de 30 personnes, toutes membres du parti Secteur droit. Le QG des nationalistes a par la suite été saccagé par des manifestants pro-russes, qui y ont hissé le drapeau de Saint Andreï, symbole de la flotte russe.

Rappelons que le 13 mars dernier, des affrontements entre pro-ukrainiens et pro-russes avaient fait un mort et une centaine de blessés à Donetsk, autre ville de l’est de l’Ukraine.

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