Sergueï Axionov : « Ianoukovitch a trahi la population du Sud et de l’Est ukrainien »

Le nouveau Premier ministre de Crimée, Sergueï Axionov, a répondu aux questions de Ksenia Larina de la radio Echo de Moscou le 28 février 2014.

Sergueï Axionov
Sergueï Axionov. Crédits : euromag.ru

Écho de Moscou : Qui constitue ce que vous appelez désormais les « troupes d’autodéfense » de Crimée ? Depuis quand existent-elles ?

Sergueï Axionov : Ces troupes ont commencé de s’organiser il y a déjà trois mois. Depuis la Crimée, les gens observaient ce désordre se dérouler sur la place Maïdan – et voyant qu’on pouvait désormais assassiner des policiers en plein jour et au cœur de la capitale, ils ont compris qu’ils n’avaient d’autre choix que d’assurer leur sécurité eux-mêmes. Ils ont concentré leurs efforts et formé des troupes. J’étais aussi parmi les organisateurs. Nous avons beaucoup de gens simples, des habitants ordinaires qui veulent juste que la situation revienne à la normale. Ils veulent montrer que les habitants de Crimée, ce n’est pas un troupeau – qu’il faut les respecter et ne pas leur marcher dessus. Et que les Russes, en Ukraine, ne sont pas des citoyens de seconde zone.

Écho de Moscou : Faut-il comprendre que vous considérez Viktor Ianoukovitch comme le président ukrainien légitime et que vous vous soumettez à son autorité ?

S.A. : Je ne me soumets pas plus à Ianoukovitch qu’à quiconque. Du point de vue légal, il demeure président, il a le droit de signer les documents officiels. Mais rien de plus. Il ne représente, pour moi, aucune autorité morale ; il a trahi la population du Sud et de l’Est ukrainien. Je ne tiens même pas à parler de lui. Je veux bien me soumettre à quelqu’un – mais ce n’est certainement pas Maïdan qui va me donner des ordres, et encore moins le Secteur droit. Nous voyons aujourd’hui à Kiev les activistes de Maïdan se distribuer l’un l’autre les mandats. Un groupe de gens armés de battes et de boucliers de bois qui débarquent et décrètent : Désormais, le pouvoir – c’est nous ? Vous trouvez que c’est une façon de faire ?! Eh bien, mais peut-être devrions-nous songer à agir de même, nous aussi…

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