Ukraine : trois villes appellent Moscou à la rescousse

La situation se complique en Ukraine russophone depuis dimanche 23 février et le vote au Parlement ukrainien de l’abrogation de la loi « Sur les bases de la politique linguistique de l’État », qui a retiré de fait au russe son statut de langue régionale protégée.

Manifestation place Nakhimov à Sébastopol. Crédits: yuhanson / livejournal
Manifestation place Nakhimov à Sébastopol. Crédits: yuhanson / livejournal

La plus grande manifestation a eu lieu à Sébastopol, ville du sud-ouest de la péninsule de Crimée, rassemblant sur la place Nakhimov, selon diverses sources, entre 20 et 50 000 personnes sous des drapeaux russes. Les participants portaient des banderoles où l’on pouvait lire : « Notre président, c’est Poutine ! », ou « Russie, nous sommes orphelins : adopte-nous ! ».

Le maire de Sébastopol, Vladimir Yatsouba, qui appelait ses concitoyens à garder leur calme et à respecter l’unité ukrainienne, a été hué par la foule. Les manifestants ont exprimé leur méfiance à l’égard de l’administration actuelle et affirmé leur volonté de déterminer eux-mêmes le sort de leur ville en désignant un nouveau maire : l’homme d’affaires Alekseï Tchaly.

Ce dernier, citoyen russe et propriétaire du groupe industriel Tavrida Electric, s’est ensuite adressé aux habitants, promettant de résoudre les problèmes de la ville. Les manifestants se sont également prononcés pour la cessation du paiement de leurs impôts à Kiev et la création de patrouilles du peuple. Les élections municipales avaient été abolies à Sébastopol en 1992 – le maire est depuis désigné par les autorités de Kiev.

Crédits: Kerch.fm
Crédits: Kerch.fm

A Kertch, à l’extrême est de la Crimée, près d’un millier de personnes ont participé à une marche qui a dégénéré à proximité de la mairie. Malgré les tentatives des forces de l’ordre de maintenir le calme, les manifestants ont réussi à retirer le drapeau ukrainien de la place de la mairie et à le remplacer par le drapeau tricolore russe, rapporte le portail local Kerch.fm.

La manifestation de Kertch rassemblait des membres de la communauté russe et du parti communiste. Ils se sont prononcés contre l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et ont appelé à la séparation de la Crimée. Le drapeau ukrainien a été remis en place après la dispersion du cortège.

La ville d’Odessa a également été le théâtre des deux manifestations, ce dimanche 23 février. Près de 5000 personnes ont défilé dans les rues centrales sous des drapeaux tricolores russes, scandant des slogans tels que « Odessa et Moscou : même famille », ou « Le fascisme ne passera pas ».

Parallèlement, près de 600 personnes se sont rassemblées au pied de la statue de Richelieu pour soutenir le mouvement d’opposition et prier pour le repos des âmes des victimes des récents affrontements de Kiev.

Odessa : "On n'est pas la viande de la girafe pour l'EU". Crédits: timer.od.ua
Odessa : « On n’est pas la viande de la girafe pour l’EU ». Crédits: timer.od.ua

La crise politique en Ukraine dure depuis novembre 2013. Initialement, des manifestations ont commencé de se former à travers le pays suite au refus du président Viktor Ianoukovitch de signer l’accord d’association de l’Ukraine à l’Union Européenne. Mais, rapidement, les protestataires ont exigé la démission du président et du gouvernement.

Rappelons que le 22 février, le parlement ukrainien a voté, à 328 voix sur 450, la tenue d’élections présidentielles anticipées, soit la destitution de facto du président Ianoukovitch. Ce dernier, qui a pris la fuite le jour même, demeure introuvable.

Le 23 février, la Rada votait, à une majorité de 232 voix, l’abrogation de la loi « Sur les bases de la politique linguistique de l’Etat ». Jusqu’alors, le russe, langue maternelle de la majorité des habitants du sud-est de l’Ukraine, avait le statut de langue régionale.

La Crimée est une péninsule du sud de l’Ukraine, au statut de république autonome. Autrefois intégrée à la République socialiste soviétique d’Ukraine, elle a été rattachée à l’Ukraine indépendante en 1991, bien qu’étant à une écrasante majorité (98%) russophone.

8 commentaires

  1. Non ils ne ce sont pas trompé de pays ,les russophones de Crimée et de l’est de l’Ukraine sont chez eux et ceux depuis des siècles .

  2. Exact ! L’Ukraine ne doit pas devenir, même seulement partenaire de l’EU. Avec une partie de la population russophone qui y est opposée, ça ne marcherait pas du tout.

  3. « Si votre président c’est Poutine, qu’est ce que vous faites en Ukraine ? vous vous êtes trompé de pays ! »
    Et toi, si ton président est Van Rompuy ? Qu’est ce que tu fais en France ?

  4. imbécile, ils naissent où ils naissent! ils ne le choisissent pas. ce pays, comme tous les pays du reste, est artificiel. Constitué malgré le choix des populations, sur des bases arbitraires et pour assoir le pouvoir d une minorité. ces gens sont chez eux mais l etat leur refuse la reconnaissance de leur culture par ce coup de poignard contre leur langue! ces gens n ont pas soutenu ce qui se produit aujourd hui. ils avaient élu un président, certes, une belle ordure, mais aujourd’hui la chute du monsieur, et les lois anti culturelles qui arrivent sont un coup d’etat dont ils sont les victimes! maintenant je n apprécie pas plus putin que ianu ou son remplaçant…

  5. il ne faut pas nier les antagonismes de l’Ukraine au risque de passer pour un doux rêveur ,il faut revisiter l’histoire pour comprendre l’Ukraine même si pour L’OTAN l’Ukraine n’est qu’une affaire géopolitique pour étouffer la Russie ,en appuyant sur les différends ethnico religieux et linguistiques

    l’ouest ne pourra jamais imposer sa loi à l’est ukrainien,en diplomatie on fait appel au dialogue ,à la convergence des intérêts à la synthèse ,on n’envoit pas des mercenaires proche des nazis encadrer la police à Kiev c’est du grand n’importe quoi
    on n’interdit pas les partis politiques encore une autre erreur tout ça parce qu’ils sont largement représentés à l’est de l’Ukraine si l’union européenne avait accepter l’accord globale sur l’Ukraine avec la Russie ,il n’y aurait pas autant de risque de partition de l’Ukraine ,mais je ne crois pas qu’il visait la paix mais plutot la guerre civile dans l’improvisation la plus totale parce que comme en Syrie qui va pouvoir contenir l’extrême droite???

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