Ukraine : nouvelle manifestation à Kiev, cinq morts à déplorer

La tension et la violence ont brutalement resurgi à Kiev, mardi 18 février, en marge d’une manifestation de l’opposition ukrainienne. Au moins cinq opposants seraient morts lors des affrontements avec la police.

À l’origine de ces débordements, une « offensive pacifique » lancée à l’appel de l’opposition afin de faire pression sur les députés, qui devaient examiner dans la journée une réforme constitutionnelle proposée par les partis contestataires.

« Notre objectif est d’encercler la Rada (parlement ukrainien) et de la bloquer pour ne pas laisser les députés nommer un Premier ministre russe », déclarait, mardi matin, Andriï Paroubiï, responsable du mouvement Maïdan et député du parti Batkivchtchina de l’opposante emprisonnée Ioulia Timochenko.

Les quelque 20 000 manifestants ont cependant été arrêtés à 200 mètres du bâtiment de la Rada par des cordons de police anti-émeute.

La situation a alors dégénéré et plusieurs dizaines de manifestants encagoulés ont incendié des camions postés aux environs du parlement avec des cocktails Molotov, avant de prendre le contrôle du siège du Parti des régions du président Ianoukovitch, situé non loin du parlement.

Le bilan, au terme de plusieurs heures d’affrontements, est lourd. Au moins cinq morts seraient à déplorer du côté des opposants, à en croire un message publié sur le compte Facebook de la députée du parti Batkivchtchina Lesia Orobets. Une information qui a aussi été confirmée par le quotidien Ukraïnskaïa Pravda sur son compte Twitter. La source du quotidien, un médecin du centre de secours de l’opposition, ajoute que des centaines de manifestants auraient également été blessés.

La police fait état, quant à elle, de trois blessés, minimum.

Selon Ria Novosti, l’opposition ukrainienne chercherait à restaurer dans le pays la constitution de 2004, adoptée après la Révolution orange, qui prévoyait un régime parlementaire et un Premier ministre puissant.

La tension était pourtant descendue d’un cran dans la capitale ukrainienne quelques jours auparavant. Les manifestants avaient notamment commencé d’évacuer la mairie et certaines barricades, dimanche 16 février, comme prévu par un accord passé avec le pouvoir dans le cadre de la loi d’amnistie entrée en vigueur le 17 février. Les autorités avaient effectivement relâché tous les opposants dès le 14 février.

Pour mémoire, les manifestations ont débuté à Kiev le 21 novembre, suite à la suspension par le pouvoir du processus de signature de l’accord d’association Ukraine-UE.

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