Crimée : vers un référendum sur le statut de la région

Le présidium du Parlement de Crimée, dont les bâtiments sont occupés par des hommes armés depuis ce matin, propose d’organiser un référendum sur le statut de la région. 

« Seul un référendum régional en Crimée sur la question de l’autonomie de la région et de l’élargissement de son pouvoir permettra aux habitants d’établir, seuls, le futur de la Crimée sans quelconque influence extérieure », stipule la déclaration des députés transmise en début d’après-midi à l’agence locale Kia News par l’attaché de presse de la Rada de Crimée Oksana Korniïtchouk.

Le présidium a également qualifié le récent changement de pouvoir en Ukraine »d’accaparement inconstitutionnel du gouvernement par des nationalistes radicaux avec le soutien de bandes armées ».

« L’Ukraine se dirige droit vers le chaos, l’anarchie et la catastrophe économique, estiment les députés. Donc dans ces conditions, la Rada de Crimée prend sur elle la responsabilité du destin de la république autonome de Crimée. »

Rappelons qu’une trentaine d’hommes armés en uniforme se sont emparés des bâtiments du gouvernement régional et du Parlement de Crimée, jeudi 27 février au matin, à Simferopol.

Les assaillants, à en croire un informateur de l’agence de presse Interfax, seraient des membres d’un groupe d’autodéfense de la population russophone de Crimée. Aucune revendication n’a pour le moment été émise. Les premières négociations ont pour leur part échoué.

Des altercations entre manifestants pro-russes et pro-révolution avaient éclaté, mercredi 26 février, devant ce même Parlement, faisant deux morts et 35 blessés, selon les dernières informations transmises par l’agence de presse de Crimée Kia News. La journée a été déclarée fériée à Simferopol : les magasins du centre-ville sont fermés, les écoles ont interrompu leurs cours jusqu’à lundi, et les transports sont suspendus. Les lignes de bus reliant Simferopol aux autres villes de la région ont également été temporairement arrêtées.

Pour mémoire, l’abolition du statut de langue régionale protégée pour le russe, votée par le Parlement ukrainien le 23 février, a instantanément provoqué une vague de manifestations dans toute la partie russophone de l’Ukraine.

Région peuplée principalement de russophones, la Crimée a été rattachée à l’Ukraine en 1954 sur ordre de Nikita Khrouchtchev à l’occasion du 300ème anniversaire de la réunification de la Russie et de l’Ukraine. Après la chute de l’URSS en 1991, la Crimée est restée au sein de l’Ukraine, mais a reçu le statut de région autonome.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *