Crimée : arrivée d’une délégation de Tatars de Kazan

Une délégation de Tatars de Kazan est arrivée, jeudi 27 février, dans la ville de Simferopol, dans le but d’apaiser leurs cousins criméens.

Les Tatars de Crimée. Crédits : svpressa ru
Les Tatars de Crimée. Crédits : svpressa ru

Mercredi 26 février, plusieurs milliers de Tatars de Crimée ont manifesté à proximité du bâtiment du Parlement à Simferopol, pour exiger des autorités locales le maintien de l’unité du pays. Le rassemblement a rapidement tourné à la bagarre entre pro-russes et pro-ukrainiens, causant la mort de deux personnes et faisant officiellement 35 blessés.

Le président du Tatarstan, Roustam Minnikhanov, a très rapidement réagi et appelé les Tatars de Crimée au calme. « Le Conseil gouvernemental de la république du Tatarstan (…) appelle (…) les Ukrainiens, Russes, Tatars de Crimée et tous les peuples de la république autonome de Crimée au maintien de la paix interculturelle et interconfessionnelle, ainsi qu’à mettre un terme à tout moyen radical de règlement du conflit », stipulait le communiqué publié par le Conseil du Tatarstan, mercredi 26 février.

Le parlement de la république tatare a également pris la décision d’envoyer au Parlement de Crimée une délégation composée de cinq hauts dignitaires, dont le président du Comité du Conseil du Tatarstan chargé de la culture Razil Valeev et l’adjoint au directeur du Comité pour la sécurité publique Rafil Nougoumanov, qui est arrivée à Simferopol jeudi 27 février.

Une visite qui intervient alors qu’une trentaine d’hommes armés en uniforme se sont emparés des bâtiments du gouvernement régional et du Parlement de Crimée, jeudi 27 février au matin, à Simferopol. Les assaillants, à en croire un informateur de l’agence de presse Interfax, seraient des membres d’un groupe d’autodéfense de la population russophone de Crimée. Aucune revendication n’a pour le moment été émise. Les premières négociations ont pour leur part échoué. La journée a été déclarée fériée à Simferopol : les magasins du centre-ville sont fermés, les écoles ont interrompu leurs cours jusqu’à lundi, et les transports sont suspendus. Les lignes de bus reliant Simferopol aux autres villes de la région ont également été temporairement arrêtées.

La ville de Simferopol est le théâtre d’une vague de contestation depuis mardi 25 février : pour mémoire, l’abolition du statut de langue régionale protégée pour le russe, votée par le Parlement ukrainien le 23 février, a instantanément provoqué une vague de manifestations dans toute la partie russophone de l’Ukraine.

Région peuplée principalement de russophones, la Crimée a été rattachée à l’Ukraine en 1954 sur ordre de Nikita Khrouchtchev à l’occasion du 300ème anniversaire de la réunification de la Russie et de l’Ukraine. Après la chute de l’URSS en 1991, la Crimée est restée au sein de l’Ukraine, mais a reçu le statut de région autonome.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *