Crimée : l’aéroport de Simferopol toujours sous surveillance armée

Environ cinquante individus ont pénétré, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 février, dans l’aéroport de Simferopol en Crimée.

De nombreux témoignages ont rapporté qu’entre 50 et 150 hommes en tenue de camouflage, armés d’armes automatiques, ont débarqué dans la nuit de jeudi à vendredi à l’aéroport de Simferopol.

Quatre camions de transport de troupes, sans plaques ni drapeau, étaient également stationnés à proximité du bâtiment.

Selon l’agence de presse Interfax, les hommes étaient équipés de la même façon que les individus qui se sont emparés du Parlement ukrainien plus tôt, jeudi 27 février au matin. Ils parleraient avec un « accent russe très prononcé », soulignait de son côté le quotidien Ukrainskaïa Pravda, citant une de ses sources. Les hommes n’ont fait part d’aucune revendication pour le moment.

L’attaché de presse de l’aéroport de Simferopol Igor Stratilati a d’ores et déjà démenti le fait que les hommes soient venus armés et a tenté de calmer les foules : « Environ 50 individus, non armés, ont pénétré dans l’aéroport ce matin. Ils ont affirmé qu’un avion transportant des membres des forces spéciales ukrainiennes, les Berkout, devait atterrir dans la matinée. Lorsqu’ils ont constaté que ce n’était pas le cas, ils ont présenté leurs excuses et ont quitté l’aéroport », a-t-il déclaré ce matin à la chaîne de télévision russe Dojd.

M.Stratilati a également affirmé qu’environ 30 hommes patrouillaient toujours autour de l’aéroport, qui fonctionne normalement. « Nous attendons l’aide de la Russie. Si elle refuse de nous aider face à ces groupes armés, nous lui tournerons le dos pour toujours », a-t-il ajouté.

Rappelons qu’une trentaine d’hommes armés en uniforme occupent toujours, depuis jeudi 27 février, les bâtiments du gouvernement régional et du Parlement de Crimée, à Simferopol. Les assaillants, à en croire un informateur de l’agence de presse Interfax, seraient des membres d’un groupe d’autodéfense de la population russophone de Crimée. Réunis en séance extraordinaire, les députés régionaux ont limogé en fin d’après-midi, le Premier ministre Anatoli Moguilev, en poste depuis l’automne 2011, et fixé au 25 mai la tenue d’un référendum sur l’élargissement des pouvoirs de la république autonome de Crimée.

La ville de Simferopol est le théâtre d’une vague de contestation depuis mardi 25 février : pour mémoire, l’abolition du statut de langue régionale protégée pour le russe, votée par le Parlement ukrainien le 23 février, a instantanément provoqué une vague de manifestations dans toute la partie russophone de l’Ukraine.

Région peuplée principalement de russophones, la Crimée a été rattachée à l’Ukraine en 1954 sur ordre de Nikita Khrouchtchev à l’occasion du 300ème anniversaire de la réunification de la Russie et de l’Ukraine. Après la chute de l’URSS en 1991, la Crimée est restée au sein de l’Ukraine, mais a reçu le statut de région autonome.

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