GPA en Russie : pourquoi l’Eglise est contre ?

Pourquoi l’Église orthodoxe russe s’oppose-t-elle à la pratique de la gestation pour autrui (GPA) ? Le diacre Andreï Kouraev s’explique dans un entretien avec la revue Snob.

Frederic Leighton, Mother and Child
Frederic Leighton, Mother and Child

L’Église orthodoxe russe n’a pas d’arguments religieux contre la pratique des mères porteuses. Notre position sur cette question est motivée par des valeurs humanistes, et non dogmatiques.

Nous considérons que l’enfant, comme l’être humain en général, ne constitue pas un objet pour l’expérimentation.

Le lien de l’enfant et de la mère est le plus important des rapports de la vie, le plus sacré. Freud a dit un jour que les émotions psychologiques de la petite enfance, notamment traumatiques, demeurent avec nous toute la vie, même si on les oublie.

Ensuite, le psychiatre tchèque Stanislav Grof a soulevé la question des émotions intra-utérines. Quand le bébé vit dans le sein de la mère, il entend sa voix, le rythme de son cœur ; et c’est, pour lui, une image du paradis. Grof suppose que les images du paradis dans les religions les plus diverses puisent toutes leurs racines précisément dans la période embryonnaire du développement de l’être. L’accouchement, lui, est toujours un trauma pour l’enfant – physique autant que psychologique… C’est l’expulsion du paradis. Mais nous pouvons minimiser l’ampleur de ce trauma. Quand la mère pose l’enfant sur sa poitrine après l’accouchement, quand elle communique avec lui, c’est pour lui un écho du paradis perdu. Mais dans le cas d’une mère porteuse, ce lien se déchire. Bien sûr, si une mère ne veut pas de son enfant, ce lien est aussi rompu – mais du moins la société ne l’approuve pas. Alors que dans le cas d’une mère porteuse, ce déchirement est programmé dès l’origine, et légalisé. Au final, les gens font subir à l’enfant une expérience de la douleur qui n’était pas inévitable.

Et puis, quelque chose d’autre se dessine à travers la pratique de la mère porteuse. C’est « l’égoïsme parental » – quand les parents, dans l’enfant, aiment en réalité eux-mêmes. Si un couple n’a pas d’enfant, eh bien, il y a les orphelinats : on peut aider, adopter un enfant. Mais ces gens répètent : non, l’enfant doit être une copie génétique de moi…

4 commentaires

  1. On voit bien que vous ne connaissez rien à la GPA pour écrire des bêtises pareilles !!! Les couples infertiles ne tiennent pas à avoir un enfant génétique à tout prix mais au contraire donner naissance à un enfant en bonne santé, auquel ils pourront raconter l’histoire de leur conception et de leur naissance; de plus, des liens sont développés tout au long de la grossesse avec le fœtus, même si ces liens passent pas la femme qui le porte et qui n’est pas et ne sera jamais sa « mère ».

    1. Ericwaldo que de suffisance et quel besion de justifier à tous prix un acte de confort pour gens aisés, domage que d’après vous les enfants à adoptés « ne soient pas en bonne santé ».

  2. J ai toujours été étonné de la place de l enfant en général en Russie au sein de la famille et souvent constate que plus les familles avaient des revenus modestes plus l enfant passait au premier plan pour satisfaire ses besoins.

    Un point également intéressant a noter le rôle de la mère dans la famille en Russie ,qui reste le plus souvent une société matriarcale.

  3. Je suis entièrement d’accord avec cet article; je m’étonne toujours que dans les débats sur la GPA, on aborde éventuellement la souffrance de la mère porteuse qui peut s’être attachée à son enfant malgré elle mais jamais la souffrance de l’enfant séparé de sa mère à la naissance c’est à dire d’une séparation et d’un traumatisme organisé, voulu, ou plutôt nié- on n’en parle pas!
    Cependant je connais un couple homo qui a pris cela en compte, la mère, étant une amie, n’a pas été séparée de son enfant, elle participe à son éducation et entretient un rapport privilégié avec lui, en toute transparence; c’est à mon avis une bonne façon de respecter le désir d’être parent et le besoin de l’enfant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *