Attentats de Volgograd, amnistie, Akademik-Chokalskiy : ce que vous avez raté pendant les vacances

Si les fêtes de fin d’année sont l’occasion de décrocher de l’actualité, rien ne vaut une piqûre de rappel des événements qui ont marqué la Russie fin 2013 pour bien entamer la rentrée.

Année noire pour Volgograd

Attentats Volgograd
Lundi 30 décembre, une explosion dans un trolleybus à Volgograd coûtait la vie à 16 passagers. Crédits : VolgaNet

C’est un Vladimir Poutine endeuillé qui a pris la parole face à la nation lors de ses célèbres vœux du Nouvel an, le mardi 31 décembre, à Khabarovsk en Extrême-Orient, une région durement touchée en 2013 par des inondations sans précédent.

Les 29 et 30 décembre, la ville de Volgograd, dans le sud du pays, était en effet frappée par deux attentats en moins de 24 heures : le premier dans la gare ferroviaire, le second dans un trolleybus. Tous deux commis par des kamikazes, le bilan s’est révélé lourd : 34 morts et plus de 60 personnes toujours hospitalisées. Selon les dernières conclusions de l’enquête, le premier porteur de bombe serait un certain Pavel Petchionkine, membre d’un groupe terroriste originaire de la ville daghestanaise de Bouïnaksk. L’identité du kamikaze du trolleybus n’a toujours pas été établie.

Mais bien que le président russe ait promis de « continuer de lutter contre les terroristes jusqu’à leur élimination complète » – une phrase qui n’est pas sans rappeler son célèbre « buter les terroristes jusque dans les chiottes » pendant les guerres tchétchènes -, les commanditaires de ces attaques, non revendiquées, n’ont pas non plus été identifiés. Il semblerait toutefois, selon plusieurs experts, dont la directrice de la représentation russe de l’International Crisis Group Ekaterina Sokirianskaïa, que la piste remonte à l’Émirat du Caucase, ce groupuscule islamiste extrémiste créé en 2007 et dirigé par Dokou Oumarov. Celui-là même qui promettait, en juillet 2013, des « larmes et du sang » en riposte à la tenue des Jeux olympiques à Sotchi, censés débuter dans 29 jours

Le 21 octobre 2013, une attaque-suicide perpétuée par une jeune Daghestanaise de 30 ans, Naida Asiyalova, avait déjà eu lieu dans un bus de Volgograd, causant six morts et une trentaine de blessés.

Libérations de masse

Volgograd Nadejda Tolokonnikova lors de sa libération d'un camp de travail situé à Krasnoïarsk
Nadejda Tolokonnikova lors de sa libération d’un camp de travail situé à Krasnoïarsk

C’était l’événement le plus attendu de la fin de l’année : l’amnistie à l’occasion des vingt ans de la Constitution russe. Après la libération des trente activistes de Greenpeace début décembre, celle de quatre détenus de l’affaire Bolotnaya le 19 décembre et le coup d’éclat de la grâce de Mikhaïl Khodorkovski le 20, la question « Qui suivra ? » était sur toutes les lèvres. D’autant que les autorités russes ont fait planer jusqu’au dernier moment le suspense sur une éventuelle libération des Pussy Riot.

La première « punkette », Maria Alekhina, a finalement été libérée le lundi 23 décembre, malgré sa demande expresse de ne pas bénéficier d’une quelconque amnistie. Quelques heures plus tard, c’était au tour de Nadejda Tolokonnikova d’être remise en liberté.

Arrêtées en mars 2012, les deux jeunes femmes purgeaient des peines de deux ans de détention en camp pour leur « prière punk » contre le président Vladimir Poutine, et n’auraient dû recouvrer la liberté qu’en mars prochain. L’ensemble de leurs recours avaient jusqu’à présent été rejetés par la justice russe, les prisonnières ayant refusé d’admettre leur culpabilité.

Les deux activistes ont, dès leur sortie, critiqué la décision du pouvoir russe, affirmant qu’il s’agissait « non d’un geste humaniste, mais d’une action de communication » à un peu plus d’un mois des Jeux olympiques de Sotchi, qui débuteront le 7 février. Elles ont d’ailleurs, lors de leur première conférence de presse vendredi 27 décembre, affirmer vouloir « continuer le combat » contre le régime de Vladimir Poutine.

Dernière en date : la libération d’Ilya Farber, cet enseignant d’une école de la région de Tver condamné le 1er août à sept ans de colonie pénitentiaire pour corruption et abus de pouvoir, dont l’histoire avait soulevé une vague d’indignation. Il a été amnistié ce vendredi 10 janvier.

Sauve-moi si tu peux

Crédits : allboatsavenue.com. Attentats de Volgograd, amnistie, Akademik-Chokalskiy : ce que vous avez raté pendant les vacances
Le navire scientifique russe Akademik-Chokalskiy est resté prisonnier des glaces du 24 décembre au 7 janvier. Crédits : allboatsavenue.com

Les 74 passagers du navire scientifique russe Akademik-Chokalskiy s’imaginaient sûrement passer les fêtes de fin d’année autrement. Bloqués dans les glaces en Antarctique dès le 24 décembre, ils ont finalement été secourus le 2 janvier grâce à l’arrivée d’un hélicoptère chinois. Plusieurs tentatives de secours s’étaient d’abord révélées infructueuses : les brise-glaces – le français Astrolabe, l’américain Polar-Star et l’australien Aurora – envoyés à sa rescousse ayant dû faire demi-tour, incapables de fendre l’épaisse banquise. Le navire chinois Xue-Long s’était, quant à lui, également fait piéger par les glaces.

C’est néanmoins le bâtiment australien qui a orchestré les opérations et ramené 54 naufragés à bon port grâce à l’aide de l’engin chinois. Les vingt occupants restés à bord sont finalement parvenus à quitter le navire russe le 7 janvier, peu avant que le Xue-Long se fraye lui aussi un chemin en dehors des glaces.

L’Akademik-Chokalskiy avait quitté la Nouvelle-Zélande le 28 novembre avec des touristes et des scientifiques australiens, britanniques et néo-zélandais à bord. La mission visait à reproduire l’expédition dans l’Antarctique menée il y a un siècle (1911-1914) par l’explorateur australien Sir Douglas Mawson, dans le cadre du centenaire de l’aventure.

L’expédition a été vivement critiquée en Australie pour avoir obligé plusieurs brise-glaces scientifiques à dévier de leur route pour lui venir en aide, retardant ainsi des missions scientifiques en Antarctique et conduisant même à l’annulation de plusieurs projets.

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